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Archives Nationales. F

apres de longs pourparlers, les gardes nationaux conduisirent les trois religieux aux Carmes et ramenèrent les élèves à Vaugirard où ils étaient bientôt remis en liberté

Les pères Hourier, Psalmon et Rousseau devaient périr massacrés aux Carmes, le 2 septembre suivant, ils iigurent sur la liste funèbre publiée par Maton de La Varenne1 2.

Voici encore un inventaire dressé en 1792, dont nous croyons intéressant de publier les parties essentielles :

Ce jourd’huy douze septembre 1792 l’an 4e de la Liberté et le icrde l’Égalité, Le mercredy 9 heures du matin, conformément au décret de l’Assemblée Nationale et se réquerant, M. le procureur de la Commune, nous nous sommes transportés au collège de Laon et sommes allés à la chapelle dont nous avons fait l’ouverture après avoir reconnu nos scellés sains et entiers et en procédant nous avons trouvé dans une petite armoire de la dite chapelle, un calice d'argent dont la coupe de vermeille, et l’avons séquestré au proffit de la nation pour être porté à l’hôtel des monnayes et en attendant l’avons déposé entre les mains de M. le Maire qui s’en est chargé après quoy nous avons estably nos scellés et avons renvoyé la vacation pour être continuée au premier jour.

On relève, dans les vacations, les objets suivants :

Dans la chapelle : six chandeliers et une croix de cuivre en couleur, un bas d’armoire avec petit corps de quatre tiroirs, une niche contenant deux petits ornements: un violet etun vert, trois purificatoires, deux lavabos, un essuie-main et une garniture de nappe, un calice de cuivre, un corporal, un pied de croix avec ses ornements en cuivre argenté, une croix de bois noir garnie de son christ en couleur, sur l’autel deux nappes dont une garnie, un tapis vert, deux bras de cuivre en couleur, une cuvette, une fontaine en faïence, un ancien missel.

Dans la nef : dix chaises à rouleaux et gorge doré, un ta-

1. Un Souvenir de la Terreur , par M. Joseph de Mabgal, 1869, p. 37.

2. Histoire particulière des Evénements, 1806, pp. 440, 452, 455.

bleau au-dessus de la porte, un banc et une petite armoire dans laquelle se sont trouvés cinq volumes de sainteté.

Billard : Dans une salle en face de la chapelle, un billard de dix pieds, un ciel garni de toile, un banc, une mauvaise armoire.

Tribune : Dans la tribune, deux tables de bois de noyer, trois bancs de chêne, un trictrac, des dames, et cinq billes d’ivoire.

Les autres pièces inventoriées étaient : chambre du sieur Hourier , chambre à côté, Infirmerie , grenier , chambre du supérieur , et un certain nombre de chambres dans lesquelles on ne relève que des meubles ordinaires et des lits de sangles.

Une pièce est intitulée: Hôtel du Seigneur , elle contient un lit de sangle, un matelas, un mauvais bois de lit, une « vache », (c’était une valise en peau de vache), une baignoire en sabot et son réchaud, deux tables, un fauteuil et une chaise.

Une autre pièce est aussi intitulée : le Donjon; elle contient : deux lits de sangle, quatre matelas, deux traversins, quatre couvertures, deux tables, deux fauteuils, deux chaises, un vieux missel et quelques planches.

11 y a encore : une salle au rez-de-chaussée , la lingerie , le réfectoire, V infirmerie, la cave, avec trente bouteilles de vin de Mâcon.

L’inventaire fut clos en présence de dame Elisabeth Lacroix, veuve Pêcheur, qui déclara ne savoir signer, et aussi de: Boucherat, Jourdain, Hamel, officiers municipaux, Burnel, procureur de la commune, Bellavoine, secrétaire-greffier '.

i. Archives Nationales. T. 1 4g3 *-i. * 3.

Nota : Le même carton contient aussi un procès-verbai de récolement fait au dit col-

lège le 26 janvier 1793.

Les grands et vastes locaux de la Communauté de Laon devaient, aussitôt leur évacuation, tenter la municipalité de Vaugirard, dont les services étaient fort mal installés en divers endroits de la localité. Dans la séance du 3ojanvier 1793,1e Conseil général de la commune envisagea la question de réunir en un point central, c’est-à-dire dans cette maison, le siège de la municipalité, le greffe, le corps de garde, chambre d’arrêt, chambre d’audience du juge de paix, logement des instituteurs et institutrices, gendarmerie, etc. L’idée fut même agitée de créer un cimetière nouveau dans les dépendances ; « les anciens étant remplis et ne pouvant plus servir ».

Comme sanction, le citoyen Etienne-Gabriel Tronc, ingénieur et architecte, fut chargé de préparer un mémoire à soumettre à la Convention, soit pour louer, soit pour échanger les dits immeubles '.

Le projet de la municipalité de Vaugirard n’aboutit pas et la Communauté de Laon fut mise en vente, comme bien national, au mois de mai i/g3.

La Bibliothèque Nationale possède l’affiche de cette opération, sur laquelle nous relevons les désignations suivantes :

Un bâtiment, tenant au petit Séminaire de Saint-Sulpice, composé au rez-dechaussée d’un cellier dans lequel il y a un puits, salle, bûcher, et cuisine, deux chambres en mansardes au-dessus.

Dans la basse-cour, un corps de logis composé d’une cuisine au rez-de-chaussée.

En retour, un appenti sous lequel sont une arcade et un escalier montant à une terrasse, quatre petites chambres, un corridor, ensuite un autre corps de logis, composé au rez-de-chaussée d’un réfectoire, cinq chambres au-dessus.

De suite en retour trois remises, une lingerie, sept petites chambres, grenier perdu au-dessus.

Dans la cour attenant les dits bâtimens, un autre corps de logis composé au rez-de-chaussée d’une salle d’exercice, un magasin, un corridor, six chambres.

Le premier étage composé de l’appartement du Supérieur, une chambre à cheminée, huit autres chambres.

Le deuxième composé de sept petits cabinets.

Un donjon, cour, basse-cour, chapelle, autre corps de bâtiment à côté.

Jardin planté d’arbres fruitiers, ceps de vignes, avenues et quinconce.

Le tout contenant en superficie, six arpens ou environ provenant du ci-devant séminaire de Laon.

L’estimation est de 26.598 livres ; il y a offre de pareille somme.

La vente devait avoir lieu le vendredi 3 mai 1793, à 9 heures du matin, au lieu ordinaire des séances du Directoire du Districtdu Bourg de l’Égalité '.

MM. du Séminaire de la Sainte-Famille, dite des Trente-Trois, ont leur maison de campagne au-dessus de l’Hospice de Santé. Dans le fond de leur jardin, qui est fort grand, et forme amphithéâtre, est un pavillon, solidement construit, et où la vue domine sur l’horizon.

Ainsi s’exprime le guide de Thiery sur cette maison 1 2.

En réalité, le domaine des champs dont il s’agit était situé dans la grande rue de Vaugirard, à gauche en sortant de Paris, sur laquelle s’ouvrait, en demi-lune, sa porte monumentale, à peu près vis-à-vis de la place de l’ancienne église. Ses jardinset dépendances s’étendaient jusqu’aux rues des Vignes et des Tournelles, devenues aujourd’hui les rues Dombasle et Olivier de Serres.

Un manuscrit de la Bibliothèque Nationale contient l’indication suivante sur cette installation, au dix-huitième siècle :

Les Messieurs du Séminaire de la Sainte-Famille ditte les Trente-Trois ont une campagne à Vaugirard située vis-à-vis l’église où ils vont à la promenade tous les mercredy de chaque semaine quant il n’y a pas de festes, lors qu’il ce

1. Bibliothèque Nationale. Lb 41. n° 4663. Paris, lmp. de Guillaume 'junior, imprimeur du District du Bourg de l’Egalité, rue Mazarine, n° 1602.

2. Guide des amateurs et étrangers voyageurs à Paris, par Thiêry, 1787, t. II, p. 640.

rencontre des testes dans la semaine le congé est indiqué un autre jour, ce jour est à la volonté du Supérieur mais quand il n’y a pas de testes régulièrement c’est le mercredy.Ce 2 décembre 1764 *.

Claude Bernard, dit le Pauvre Prêtre, est reconnu comme le fondateur du séminaire des Trente-Trois. Exercer la charité envers de pauvres écoliersqui se destinaient à la prêtrise : tel était son but. En i633, il en groupe cinq, en l'honneur des cinq plaies de Jésus-Christ. Il en réunit ensuite douze , pour commémorer les douze apôtres. De douze, le chiffre est enfin porté à trente-trois , nombre des années de Jésus.

Ils sont tout d’abord installés au collège des Dix-huit, puis au collège de Monaigu, et ensuite à l’hotel de Marli. La reine Anne d’Autriche est alors la protectrice de rétablissement, qu’elle dote de trente-trois livres de pain par jour, plus tard transformées en une rente de 900 livres. Par contrat du 7 mai i65q, l'hotel d’Albiac, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, est acquis par de charitables personnes pour l’installation définitive du séminaire. Le fondateur était mort depuis le 23 mai 1641. L’établissement devait être reconnu comme séminaire ecclésiastique, le i3juin 1657, avec lettres-patentes du Roi, du mois d’avril i658. A la fin du dix-huitième siècle, l’institution avait à sa tète trois directeurs des études, trois directeurs pour l’administration, tous sous les ordres d’un Préfet1 2.

Dans la déclaration que donnent, aux députés et syndics de la Chambre ecclésiastique du diocèse de Paris, les supérieurs du séminaire, pour satisfaire à la délibération de la Chambre du 12 août iyôô, apparaît pour la première fois l’indication de la maison des champs :

1. Bibliothèque Nationale. Manuscrits. Collection Anisson. Reg. 3-.— 22097, n' 18.

2. Recherches sur Paris, par Jaillot, 1775, t. IV, q. Place Maubert. p. 57.

Les bâtimens du séminaire consistent en deux corps de logis avec une cour, il y a aussi une maison de campagne située au village de Vaugirard pour les promenades et vacances des séminaristes. Il n’a aucun revenu en fonds de terre ni en maisons, soit à la ville, soit à la campagne, ne loue aucune partie de ses bâtimens et ne retire de la maison de campagne pas même les moindres légumes. Tout son modique revenu consiste en rentes sur le Roy et sur quelques particuliers L

La maison de Vaugirard avait été acquise .par Messire Antoine de Sutières Sarcey, prêtre, docteur de Sorbonne, grand-vicaire du diocèse de Beauvais, supérieur du séminaire des Trente-Trois, en vertu d’actes des 9 septembre 1747, devant Patu, et du 10 juillet 1748, devant Plastrier, notaires à Paris. L’immeuble appartenait à Messire Pierre de Prohengues, marquis de Varat, et consorts, héritiers de M. de La Reynie.

Le bâtiment est ainsi qualilîé dans un procès verbal de réparations, daté de 1748 :

Le principal corps de logis est situé entre une grande cour pavée et le jardin ; il mesure dix-sept toises environ de longueur, sur quatre toises de large, élevé d’un étage carré et un lambrissé au-dessus de celui du rez-de-chaussée, et 'comprend plusieurs salles dans le bas et plusieurs chambres au premier et à l’étage lambrissé, le tout couvert de tuiles.

L’immeuble avait été acquis au prix de 10.000 livres ; on y construisit, pour le mettre en état d’être habité par le séminaire, un corps de logis neuf, à deux étages, et on exhaussa l’ancien corps de logis d’un étage.

Nous pouvons donner de ce domaine, qui fut primitivement divisé en deux parties, les origines suivantes: Mme de Heres avait acquis de M. de Marandé, le 9 juillet 1669, par contrat devant Saint-Vaast, notaire à Paris, une première maison, qui passa, par échange du i3 septembre 1 663, devant Lemoine, notaire, à M. le président de Garibal. Une seconde

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