VAUVE\AR(;UES ECRIVAIN
expéditions d'Allemagne; mais la reprise des hostilités l'avait empêché d'y donner suite. Il avait fait choix de cette carrière, d'abord parce qu'elle était à ses yeux une forme de l'action noble, brillante et telle qu'il la souhaitait, ensuite parce qu'il se reconnaissait une secrète disposition à la bien parcourir. Le renom d'un d'Ossat, d'un Richelieu, d'un William Temple lui paraissait digne de son ambition, et il s'attribuait plus d'un titre à y prétendra, entre autres la connaissance de l'âme humaine et cet « esprit de manège » dont il a parlé si ingénieusement et qui consiste à pénétrer les consciences, à s'insinuer dans le cœur des hommes, à leur arracher leur secret pour les gouverner*. Enfin, il pensait que « les grandes j)laces instruisent pronj[)tcmentles grands esprits», et comme il se sentait l'âme haute, il se croyait propre aux plus hauts emplois. A cet égard, Vauvenargues se faisait quelque illusion. Ses écrits ne dénotent nullement l'aptitude qu'il se croyait à la gestion des intérêts publics. Les considérations politiques que lui ont suggérées ses lectures ne portent pas le caractère précis et [)0sitif qui est la qualité essentielle de ces sortes de réflexions ; l'idée morale y tient trop de |)lace; et, si l'on y reconnaît presque toujours la pensée élevée du philosophe ou l'imagination cliar-