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nisé pour la passion, et il eût été étrange qu'une âme à la fois si ardente et si tendre y échappât. Et puis, plus d'un fragment de son œuvre, en dehors de sa corres[)ondance, lève les doutes à cet égard; j'indiquerai le morceau qui commence ainsi : « Un jeune homme qui aime pour la première fois de sa vie n'est plus ni libertin, ni dissipé, ni ambitieux; toutes ses passions sont suspendues, une seule remplit tout son cœur ' », etc.
L'amour, on le sent, a passé par là; ce n'est pas l'observation désintéressée, c'est l'expérience intime qui a inspiré ces lignes.
Certains jugements sévères sur les femmes sont plus explicites encore et semblent l'expression mélancolique d'une tendresse dédaignée : « Je hais le jeu comme la fièvre, et le commerce des femmes comme je n'ose pas dire; celles qui pourraient me toucher ne voudraient pas seulement jeter un i-cgard sur moi ^ » ; et ailleurs : « Les femmes ne |)euvent comj)rendrc qu'il y ait des hommes désintéressés à leur égard; elles n'estiment en eux cpie l'effronterie ^ ».
Et quand ses écrits n en porteraient pas le témoignage indirect, il y a bien lieu de croire que l'âme de Vauvenargues, cette âme faite pour les plu»