‹ Végétations adénoides chez le nourrissonChapitre 6 sur 8 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

Nous n'avons envisagé jusqu’ici que les troubles mécaniques des végétations adénoïdes. Leur présence a encore pour conséquence toute une série d’accidents, dont les mauvais effets s’ajoutent à ceux de l'alimentation difficile.

La respiration se faisant par la bouche constamment ouverte est source de complications de l’appareil respiratoire. L’air arrive directement dans les bronches sans s’être échauffé ni purifié dans les fosses nasales; il en résulte des infections pulmonaires faciles et des bronchites à répétition. Plus tard, d’après Lubet-Barbon, l’emphysème pulmonaire ne serait pas rare : il serait favorisé par les efforts violents nécessités par la pénétration difficile de l’air, et par les expirations forcées provoquées par la toux; transitoire, si l’obstacle est levé, l’emphysème deviendrait bientôt

définitif dans le cas contraire.

Les végétations adénoïdes influent encore sur le tube

digestif, autrement que par l’obstacle mécanique qu’elles apportent à l’alimentation. S’opposant au drainage facile des voies aériennes, elles favorisent la stagnation des mucosités dans le cæcum et deviennent ainsi un véritable foyer d’infection. Les divers produits de sécrétion des fosses nasales, accumulés dans un espace rétréci où la pulullation des germes est facile, sont un jour déglutis et infectent l’estomac. De là, l’origine de ces vomissements incoercibles, et surtout de ces gastro-entérites toxiques qui peuvent devenir rapidement très dangereuses. Cette infection est sans doute atténuée, car on n’observe pas de ces gastro-entérites toxiques, rapidement mortelles, comme on en voit survenir après l’ingestion d’un lait altéré ; mais elle est à répétition et crée une entérite chronique qui se révèle souvent par une diarrhée fétide. L’infection gagne parfois du rhino-pharynx les trompes d’Eustache et la caisse du tympan ; des otites moyennes en sont la conséquence.

Les végétations adénoïdes contribuent aussi à augmenter l’irritabilité du système nerveux, et déterminent des accidents réflexes qui tirent leur gravité de leur fréquence ou de leur intensité. Les vomissements incoercibles, rebelles à toute thérapeutique, qu’on observe parfois, et qui paraissent indépendants de tout état gastrique, ne sont qu’un accident réflexe entretenu par une irritation pharyngée permanente. Ils ne s’accompagnent d’aucune réaction fébrile, les selles sont normales, le cæcum n’est pas infecté. La meilleure preuve qu’on puisse donner de leur origine nerveuse

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réside dans leur traitement ; ils cèdent instantanément

dès que les végétations ont été enlevées.

11 en est de même de la toux quinteuse, coqueluchoïde, qui se rencontre parfois, et que tous les auteurs ont signalée. Cette toux sèche et incessante est bien différente de la toux provoquée par raccumulation des mucosités dans l’arrière-pharinx et la gorge, ou de celle qui accompagne le catarrhe bronchique, toux de défense, d’expulsion, intermittente et grasse. L’autre, au contraire, provient de l’irritation des végétations par le passage de l’air, ou de l’irritation nasale entretenue par les végétations; elle n’a aucun rapport avec leur volume, et relève de la même pathogénie que les éternuements à répétition.

Le sommeil est toujours agité chez ces enfants; ils dorment mal, se réveillent en sursaut et sont plus facilement exposés au spasme de la glotte et à la laryngite striduleuse. Telle est, du reste, l’intensité des troubles nerveux provoqués par les végétations adénoïdes d’une façon générale, qu’ils peuvent déterminer de l’asthme chez les enfants plus âgés, et des crises hystériformes chez l’adulte.

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