ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les végétations adénoïdes se présentent à l’œil nu comme des languettes hypertrophiques, comparables à des crêtes de coq dentelées, rosées. Elles sont souvent réunies au nombre de deux ou trois par un court pédicuie commun, aplaties ou globuleuses, présentant quelquefois les formes les plus diverses. Lœwemberg cite un cas où la tonsille hypertrophiée possédait la configuration et la grosseur d’une forte cerise, avec sa surface tout à fait lisse, chez une jeune fille de quatorze ans.
Cette espèce d’étranglement au niveau du pédicule résulte de la « disposition des follicules à la périphérie des mamelons normaux. (Tédenat.) » Elles peuvent prendre toutes les dispositions avec un pédicule assez long ou sans pédicule, mamelonnées ou aplaties, réunies en groupes ou indépendantes les unes des autres.
Tantôt la tonsille pharyngienne seule est hypertrophiée ; elle prend alors l’aspect d’une grosse amygdale; tantôt, et le plus souvent, l’hyperplasie existe sur les follicules voisins, dans la fossette de Rosenmuller, sur l'embouchure des trompes, quelquefois même, mais rarement, à la partie supérieure du voile du palais, cas cité par M. Tédenat.
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À la surface, l’on trouve d’abord la couche épithéliale, avec ses cellules cylindriques à cils vibratiles, caractéristique de la muqueuse aérienne. Les cellules sont, les unes tout à fait normales, les autres ont perdu leurs cils vibratiles; quelques-unes sont caliciformes et remplies de mucus granuleux et de globules de pus, ainsi que leurs interstices. « Les cellules cylindriques, dit Cornil, sont souvent : caliciformes, et elles sont alors remplies par du mucus granuleux ; des cellules rondes migatrices peuvent se montrer dans les cavités des cellules caliciformes. On rencontre aussi par places des accumulations de cellules cylindriques superposées en plusieurs couches à la surface de la muqueuse. Les cellules superficielles sont alors seules munies de cils vibratiles. Dans ces accumulations de cellules, il n’est pas rare de voir de petits foyers contenant deux, trois ou quatre cellules rondes, cellules lymphatiques réunies dans une loge sphérique, entourée par les cellules cylindriques. » |
Tout cela nous donnera la composition de l’exsudat dont nous parlerons plus loin.
Arrivons à l’étude de la granulation elle-même. Située immédiatement au-dessous de la couche épithéliale, elle est exclusivement formée par du tissu adénoïde, avec ses lacunes et son réticulum de fibres conjonciives, gorgés de cellules Iymphatiques.
« Les parois du réticulum, dit M. Tédenat, sont médiocrement épaissies, mais les mailles, agrandies, sont remplies d'éléments embryonnaires. Les follicules sont hypertrophiés. » Ces éléments embryonnaires sont parcourus d’un nombre infini de petits vaisseaux de nouvelle formaüon, d'une grande fragilité, gorgés de sang et de globules rouges, ce qui donne raison de la fréquence des épistaxis auxquelles sont sujets les malades. Quelques-unes des granulations, les plus grosses, sont isolées ; elles sont formées tout autour par une couche de cellules cylindriques, et, au centre, un seul follicule, considérablement augmenté de volume ; un grand nombre de vaisseau lymphatiques en émergent et contribuent à former un réseau considérable qui augmente encore la vascularité de ce tissu.