PA
de Besançon, 1893).
(3) LiGniER 0., Bennettiles Morierei, fruit fossile présentant un nouveau type d’inflorescence gymnosperme (C. R. Acad. des Sc., déc. 1893). :
(4) LiGniER O., Sur l'épiderme des pédoncules séminifères et des graines chez le B. Morierei (Sap. et Mar.) (C. R. Acad. des Sc., janvier 1894).
(5) GaPeLuinI e Sozms-Lausacn, I tronchi di Bennettitee dei Musei Italiani (Mem. d. R. Acad. d.
Sc. d. Istitulo di Bologna, 1892).
om
Le Bennettites Morierei (fig. 55 et 56, pl. V) est constitué par une masse à peu près ovoide, longue de 55 millim. et large de 35 millim.. Une surface de cassure longitudinale permet d'y reconnaître facilement les restes d’un réceptacle, r, faiblement convexe sur lequel s'insère un massif compacte de longs pédoncules, p; ceux-ci portent de nombreuses graines, g, à leur extrémité supérieure. L'ensemble de ces différentes pièces est recouvert en partie par de longues bractées involucrales, b, qui sont intimement appliquées contre la surface du fruit.
Ce qui subsiste du réceptacle atteint à peine 4 millim. dans sa plus grande épaisseur ; son diamètre a un peu plus de 2 centim. 1/2.
La presque totalité de la surface réceptaculaire donne insertion
aux pédoncules ; la région d’attache des bractées involucrales, au moins des plus intérieures, ne forme, à sa périphérie, qu’une zone excessivement restreinte. Là ou les bractées ont été détachées, cette zone d'attache subsiste et forme, autour de la base du fruit, un petit bourrelet circulaire dont la surface ne montre, même à la loupe, aucune particularité superficielle intéressante. L'extrémité inférieure du fruit ne donne aucune indication sur ce qu'était le support; elle ne permet pas de dire si ce fruit était inséré directement sur le tronc support ou sur l'extrémité d’un rameau latéral.
Il ne reste, à la surface, qu’un petit nombre de bractées, encore sont-elles en partie brisées. Leur mode d'insertion, sur le bord du réceptacle, prouve d’une facon péremptoire qu’elles appartenaient bien réellement à l’involuere du fruit et non au tronc sur lequel
était inséré l'axe fructifère ; d’ailleurs, l'existence de bractées analogues à déjà été observée chez le B. Gibsonianus. Les plus larges de ces bractées ont environ 1 cent. 1/2 d’un bord à l’autre. Leur épaisseur dans le plan médian ne dépasse pas 3 millimètres. Intimement appliquées contre la surface du fruit, elles s'étendent de sa base à son sommet, Sans toutefois recouvrir celui-ci, comme chez le B. Gibsorianus. Leur extrémité supérieure, bien que coupée assez brusquement, parait naturelle à première vue, parce que les angles y sont arrondis: l'anatomie nous montrera ce qu’il faut penser de cette apparence. Notons encore que la surface des bractées parait en beaucoup de points être recouverte de fines pellicules qui s'exfolient, Là où les bractées sont superposées de semblables pellicules sont intercalées entre elles.
Les pédoncules séminifères sont serrés les uns contre les autres et forment un faisceau de plus de 2 cent. de diamètre à la base. Au-dessus de son insertion, le faisceau se renfle légèrement jusqu'à ! cent. 1/2 du réceptacle ; puis il se resserre de nouveau, de telle sorte qu'à 3 cent. de hauteur, son diamètre est redevenu sensiblement égal à celui de la base. Un peu plus haut encore, le faisceau, qui est composé de pédoncules très inégalement longs, se termine par une surface presque hémisphérique, l'extrémité de chacun des pédoncules composants étant dirigée à peu près normalement à cette surface. Ainsi, les pédoncules latéraux n’ont que 3 cent. de long et penchent leurs sommets vers les côtés du fruit avec une inclinaison d'environ 50°, tandis que les pédoncules axiaux atteignent 4 cent. 1/2 et sont entièrement dressés.
La surface de brisure du fruit qui montre si nettement la plupart des détails ci-dessus, ne permet cependant pas de constater, même à la loupe, le fait suivant qui nous sera révélé par l'anatomie : entre les pédoncules séminifères, il existe de très fines lamelles qui, insérées sur le réceptacle, s’allongent jusqu’à la surface du fruit. Je donnerai à ces lamelles le nom d'écailles interséminales.
Les graines sont situées côte à côte dans la région RenIepUe rique qui recouvre le sommet des pédoncules. Elles y ee dirigées radialement et paraissent continuer les pédoncules eux-mêmes. Les fines écailles interséminales pénètrent entre elles, les dépassent et les recouvrent de leurs sommets renflés, de telle sorte que les
graines sont plongées au milieu de tissus qui les enveloppent de toutes parts. a Que
Vue de face, la surface du fruit, là où elle est découverte, se montre formée d'un grand nombre de petits mamelons à base quelquefois polvgonale et à sommet arrondi. Les sommets bien conservés se montrent en outre terminés par un très petit bouton. Le diamètre basilaire des mamelons varie entre 1 millim. et 1 mm. 1/2. Par places, on remarque qu'ils semblent groupés en rosettes de 5 à 6 rayons autour d'un petit espace creux que nous verrons plus tard correspondre au sommet d’une graine. Mais cette disposition n’est pas absolument constante.
Telles sont les grandes lignes de la structure du B. Morierei. Elles seront complétées successivement dans les chapitres suivants, par l'étude microscopique des différents organes.
Nota. Je veux faire remarquer dès maintenant quele 2. Morterei est notablement plus grand que le fruit du B. Gibsonianus ; en effet, d'après les figures de M. Carruthers (pl. LIX, fig. 3), celui-ci n'aurait guère que 3 cent. 1/2 du réceptacle à son sommet. Le réceptacle du B. Gibsonianus est en outre beaucoup plus convexe; mais cette particularité tient peut-être à une contraction que la dessication aurait produite dans le rameau fructifère.
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BRACTÉES INVOLUCRALES
GÉNÉRALITÉS
J'ai indiqué ci-dessus l'aspect des grandes bractées superficielles, je n'y reviens donc pas. Ces bractées sont intimement attachées aux pièces plus intérieures du fruit et même aux graines, mais cela provient assurément de la fossilisation. Quoiqu'il en soit, l’une d’elles s'étant accidentellement détachée, avec quelques tissus voisins (fig. 57, pl. V), j'en profitai pour l'étudier anatomiquement dans toute son étendue. Je me suis, pour cela, servi de la lecture de coupes transversales successives. La bractée était longue de 41 millim.; il y a été fait 19 coupes transversales dont je vais présenter l'étude et dont j'invoquerai le témoignage en les numérotant de la base au sommet. La lecture de ces coupes tranversales a été complétée par celle d'une coupe longitudinale dans une autre bractée (b, fig. 65, pl. VI).
L'ensemble d'une section transversale de la bractée présente (fig. 16, pl. I) la forme d’un triangle isocèle, dont la base, large d'environ 12 millim., correspond à la face intérieure de l'organe et dont la hauteur, de presque 3 millim., représente son épaisseur médiane. Les côtés du triangle et surtout sa base sont légèrement
convexes.
Nota. Les sections transversales des bractées involucrales du B. Morierei sont notablement plus étendues que celles du 2. Gibsonianus. Il est d’ailleurs probable
que les bractées elles-mêmes étaient sensiblement plus grandes ; mais, par contre,
peut-être étaient-elles moins nombreuses.
18 BRACTÉES INVOLUCRALES
ÉTUDE DÉTAILLEE
Epiderme. Stomates. Poils. — Les cellules dont.se compose l’épiderme, Ei(fig. 8, 9, 10, 11, pl. 1; fig. 59, pl. V), sont légèrement aplaties contre la surface de la bractée, surtout sur sa face externe ; elles sont deux à trois fois plus longues que larges. Leurs membranes sont en général assez minces ; cependant, la paroi superficielle est un peu épaissie, et on peut y distinguer, là où elle est bien conservée : 1° une fine cuticule externe; 2° une couche cuticulaire plus épaisse, de couleur rouille, qui pénètre légèrement dans les paroïs latérales et semble se continuer intérieurement dans la membrane primaire des cellules ; 3° une couche interne mince, foncée ou même noire, qui tapisse toute la surface de la cavité cellulaire.
La face interne de la bractée porte d'assez nombreux stomates ; ils sont tous transversaux (fig. 8 et 9, pl. [) et peut-être groupés. Chacun d'eux m'a paru ne comprendre que deux cellules stomatiques, Cst, et deux cellules annexes, Ca. Les cellules stomatiques sont au niveau de l’épiderme dont elles ont l'épaisseur; elles sont très étroites. Les cellules annexes sont plus gonfiées que les cellules épidermiques voisines et font, par suite, une légère saillie superficielle. En arrière de chaque stomate se trouve un très petit massif de tissu lacuneux, Tlac.
Les bractées portent en outre des poils nombreux sur leurs deux faces, p (fig. 10 213). Ces poils sont lamelleux, relevés contre la surface de l’écaille et s'y recouvrent les uns les autres ; en certains points, j'en ai compté jusqu’à 22 superposés, or je ne crois pas que ce grand nombre de lamelles superposées soit dû à ce que certains poils sont reployés sur eux-mêmes ; jamais, en effet, je n’ai pu constater le reploiement. Leur taille est, cela se comprend, assez variable ; les plus larges que j'aie observés avaient 1 millim.; leur longueur est certainement d'au moins 2 millim., mais peut-être atteint-elle pour certains jusqu'à 4 et 5 millim..
Leur pédicelle est pluricellulaire, bp (fig. 10 et 11); il est constitué par une seule assise de 4 à 5 cellules qui correspondent à la largeur
DEEE ER R REE mens à EE US 76 ee UE Né Ut UN) NPA US de Fi Ge VAN EU qu QU UE SE A AR CT DUETE ne Bo eV NE LS APT
BRACTÉES INVOLUCRALES 19
de 2 à 3 cellules épidermiques. En somme, ‘ces poils devaient avoir, ainsi que l'ont indiqué MM. Carruthers et de Solms-Laubach pour le B. Gibsonianus, une grande ressemblance avec ceux des Fougères. |
La lamelle d’un poil est mince ; elle ne comprend ordinairement qu'une seule assise cellulaire, et lorsqu'elle en renferme deux, c’est seulement dans sa région médiane (fig. 13), et sans qu’il en résulte un épaississement notable du poil. Les cellules de la région médiane sont allongées longitudinalement ; celles des régions marginales sont allongées vers les bords. I] suffit de comparer ma fig. 13 avec le dessin de M. Carruthers (pl. EX, fig. 11), pour se rendre compte immédiatement que les poils du B. Morierei diffèrent notablement de ceux du B. Gibsonianus qui sont plus massifs. J'ai d'ailleurs, dans la description ci-dessus, indiqué en ifaliques ceux des caractères différentiels des deux espèces qui m'ont paru les plus notables.
Les parois cellulaires des poils sont en général assez notablement épaissies, sauf cependant dans le pédicelle et dans certaines parties qui correspondent peut-être au sommet et aux bords des écailles. Là où elles sont le plus épaisses, on y distingue nettement trois couches (fig. 12, pl. I), : 1° une couche mince, superficielle, de couleur rouille, dont l'aspect rappelle les couches cuticulaires de lépiderme et qui se continue comme elles, entre les cellules, dans une mince membrane primaire ; 2° une membrane noire interne, mince et propre à chaque cellule (elle correspond probablement à celle signalée dans les cellules épidermiques); 3° une couche ocracée {c2) qui remplit l'espace compris entre les deux précédentes. Cette dernière couche ressemble d’ailleurs beaucoup à celles que nous retrouverons dans les cellules scléreuses du tissu fondamental de la bractée; aussi, malgré quelques particularités, la considérerai-je comme réprésentant ici aussi une sclérification de la paroi. La première de ces couches se retrouve dans toutes les parois cellulaires du poil; la deuxième ne manque que rarement (et peut-être parce qu'elle a été détruite) : la troisième, au contraire, peut faire défaut, soit totalement, soit partiellement : ainsi, certaines cellules ne la possèdent que dans leur paroi superficielle (fig. 12, B). Les poils ou les régions de poils ms lesquels la couche scléreuse fait défaut, sont fréquemment très
20 BRACTÉES INVOLUCRALES
‘ : CN 2 A à 7 1 FE écrasés; or, c’est là un fait qui ne semble pas s'être produit chez le B. Gibsonianus.
Nota. Les poils lamelleux sont nombreux, chez le B. Morierei, entre la surface du fruit et la face intérieure des bractées involucrales ; chez le B. Gibsonianus,
au contraire, ils sont peu fréquents dans cette région.
Tissu fondamental. — Le tissu fondamental des bractées est entièrement formé de cellules cylindriques, allongées longitudinalement et cloisonnées transversalement. C'est vers le milieu de la section transversale que se trouvent les éléments les pluslarges et les plus courts; leur diamètre est d'environ 80 &, et leur longueur 2 à 3 fois plus grande. À partir de cette région, le diamètre des cellules décroit de tous côtés : vers la face postérieure, vers les bords et surtout vers la face antérieure. Mais c’est contre la face antérieure que se trouvent les éléments les plus gréles et les plus allongés ; certains ont à peine 15 « de diamètre et peuvent atteindre, en longueur, jusqu'à 0,5.
Toutes les cellules du tissu fondamental, à part cependant celles qui sont situées au voisinage immédiat des stomates, sont plus où moins scléreuses ; mais c’est dans les tubes longs et grêles de la face antérieure, que cette sclérification est de beaucoup la plus accentuée (fig. 8, pl. Iet 59, pl. V). Sur une coupe transversale, ces épaisses parois, vues à un fort grossissement, se montrent à peu près partout formées de trois couches (fig. 15, pl. I) : 1° une mince membrane primaire, couleur de rouille ou brune ; 2 une couche épaisse ocracée; 3° une membrane interne mince et noire.
La deuxième couche représente évidemment l’épaississement scléreux dé la paroi et une section longitudinale de la bractée montre, bien mieux qu’une coupe transversale, que des ornementations nombreuses et très profondes y sont gravées, #2 (fig.17, pl. I et 60, pie). Tantot, ce sont de fins canalicules, comme sur les longs tubes de la face antérieure de la bractée, tantôt, des ponctuations tranversales variées, comme dans tout le reste du tissu fondamental. Ces dernières donnent aux cellules un aspect rayé transversalement, scalariforme ou même quelquefois spiralé qui avait déjà été signalé par M. Carruthers chez le B. Gibsonianus et qui est certainement très
BRACTÉES INVOLUCRALES el
remarquable. Cette couche scléreuse est en outre fréquemment contractée de telle sorte qu’elle se trouve alors décollée de la membrane primaire, surtout dans les cellules larges. On peut se demander ce que signifie la membrane intérieure, cette pellicule mince ct noire dont j'ai déjà signalé la présence dans les poils et dans l’épiderme. Ne serait-elle pas due à la fossilisation du contenu cellulaire aplati contre les parois — je démontrerai en effet, à propos de la graine, que le protoplasme et les maüères incluses peuvent, dans certains cas, avoir été épargnés par la fossilisation ? Ou bien faut-il plutôt y voir le résultat d’un commencement d’altération qui aurait frappé, avant la fossilisation, les couches internes de la paroi? Je ne puis me prononcer catégoriquement sur ce sujet; cependant la netteté de la disposition en membrane que prend cette couche, surtout dans l'épiderme et les poils lamelleux, me fait pencher pour la dernière explication.
Tissu libéro-ligneux. — a. Le tissu vasculaire est représenté par des cordons libéro-ligneux gréles, isolés au milieu du tissu fondamental, fol (fig. 16, pl. I). Sur une section transversale, chacun d'eux atteint à peine 0"",2 de diamètre, et cependant on y reconnaît facilement (fig. 18, pl. I et fig.61, pl. V) une région libérienne et une région ligneuse, séparées l’une de l’autre par une zone cambiale nette, quoique peu active. L'orientation de ces faisceaux est tantôt normale, tantôt renversée.
a région libérienne y est parenchymateuse et bordée extérieurement par un paquet de fibres primitives, fi (fig. 18, 19 et 61) (1). Celles-ci se distinguent assez facilement des cellules du tissu fondamental, Tfs, grâce à leur faible diamètre, à leur grande longueur et surtout à l'absence d’ornementations pariétales. Le liber proprement dit est représenté par des ilots, Zlg, de cellules très grèles, très ponRees et à parois très minces; il m'a été impossible, il est vrai, d'y reconnaître les ornementations pariétales ordinaires du liber, mais cela est vraisemblablement dû à la conservation insuffisante des échan-
(1) Avec M. C.-Eg. Bertrand (Théorie du faisceau, 1880), je désigne sous le nom de fibres pri-
; $ ; - is ve à ériphérie milives les fibres formées aux dépens de cette partie du tissu procambial DA Re ALpERR
du faisceau et ne s’est différenciée ni en bois, ni en liber.
one
22 BRACTÉES INVOLUCRALES
tillons. Ces ilots sont groupés en lames radiales séparées par des rayons de faisceaux, rf, dont les cellules sont larges et fréquemment brunes. Ceux des îlots libériens qui sont les plus éloignés de la zone cambiale, et qui correspondent au liber imitial sont presque toujours plus ou moins écrasés, ou du moins transformés en un tissu légèrement gommeux.
De méme que le liber, le bois est séparé du tissu fondamental par un groupe d'éléments allongés, Ba, dont les plus rapprochés des trachées initiales peuvent être groupés en rosette autour d'elles. A première vue, on serait tenté de considérer ce groupe comme constituant un paquet fibreux antérieur, analogue au paquet fibreux postérieur qui recouvre le liber. Cependant, peut-être faut-il plutôt y voir un bois centripète analogue à celui des Cycadées ? Les sections longitudinales nous renseignent peu sur ce sujet, soit parce que Îles ornementations pariétales sont détruites, soit parce que, ressemblant à celles du tissu fondamental, elles ne permettent pas de discerner d’une facon certaine la limite entre ce tissu et le faisceau. Cependant, quelques indices légers me déterminent à admettre de préférence l'hypothèse d’un bois centripète très faiblement développé. Cette hypothèse est d’ailleurs en concordance avec ce qu'on observe dans les coussinets foliaires du B. Gibsonianus, où les faisceaux sont nettement diploxylés.
Le bois proprement dit comprend, suivant la largeur du faisceau, un ou plusieurs groupes de trachées initiales, #, à partir desquelles se sont différenciées des lames ligneuses parallèles ou divergentes, vb, qui aboutissent à la zone cambiale dans le prolongement des lames libériennes, Les trachées initiales sont d'ordinaire en assez mauvais état, elles sont écrasées ou en partie détruites. Les autres éléments du bois, de plus en plus gros vers le liber, sont des vaisseaux spiralés, vb (fig. 19), annelés ou rayés transversalement. Ces lames ligneuses sont, comme celles du liber, séparées les unes des. autres, par des rayons parenchymateux qui comprennent une ou deux files de cellules sensiblement isodiamétriques.
La structure que je viens de décrire est celle de tous les faisceaux libéro-ligneux de la bractée, à quel niveau qu’on les observe, qu’ils . soient normalement ou inversement orientés. Cependant les différents tissus composants peuvent y être plus où moins réduits. C’est
BRACTÉES INVOLUCRALES 28
ainsi que si le faisceau est petit (fig. 20), la zone cambiale et par suite les tissus libéro-ligneux secondaires font défaut. S'il est très grêle, le bois centripète et les fibres primitives libériennes peuvent manquer. Par contre, certains faisceaux, sur le point de se diviser, peuvent devenir très larges et se courber en croissant.
b. J'ai pu, grâce à ma série de 19 coupes, établir le parcours des cordons libéro-ligneux dans une bractée involucrale. Les sections de la base (1) rencontrent .10 Fig. 1.—Parcoursdes faisceaux normalement orientés et 3 faisceaux faisceaux libéro-ligneux à orientation renversée. Ces derniers, que dans une bractée invo- j'appelle faisceaux antérieurs, sont petits et lucrale, situés contre le bord antérieur de la bractée. Les premiers que je dénomme faisceaux principaux, sont plus gros, tous sensiblement de même taille, et distribués de la facon suivante sur un arc faiblement convexe qui s'étend d’un bord de la feuille à l’autre. Au milieu de l’axe, trois d'entre eux forment un groupe triangulaire dans lequel le médian, situé au sommet, est postérieur et dans le plan de symétrie de la bractée, tandis que les deux latéraux sont sur les angles de base; ce sont 1,,M,1a. De chaque côté du groupe précédent on observe un groupe de 3 faisceaux semblables, mais plus rapprochés les uns des autres; ce sont, à gauche, 24, 34,4% et, à droite, a, 3a,4a. Plus latéralement que le groupe de droite et à 43 %n dd quelque distance existe le faisceau marginal 54. s 3e, 28 lg, M, la, 24, Peut-être la bractée renfermait-elle en outre 94, 4a,5a, faisceaux prin- ans son bord gauche, un faisceau 5, symé- CIPaUX ; Gyg, Am Cid trique du précédent, mais cette partie de Re l'écaille étant détruite, je n’ai pu en retrouver
la trace.
; ; ace” ne Cor as à celle de lécaille (1) J'entends ici la base de l'écaille détachée ; cette base ne correspond pas à ce i
: , s élevé celle-ci.
intacte et en place : il est certain qu’elle est un peu plus élevée que
24 BRACTÉES INVOLUCRALES
Les 3 faisceaux antérieurs sont situés Sur les mêmes rayons que
les faisceaux 1%, M, da; je les appellerai @,g; Am» dia:
En suivant tous ces faisceaux de la base au sommet de la bractée on remarque tout d'abord que les 3 faisceaux médians s’écartent un peu les uns des autres. Les groupes latéraux s’écartent davantage à droite et à gauche; en outre, chacun d'eux se modifie profondément. : :
Dans celui de droite, le faisceau Ra est le seul qui ne subisse aucune modification; le faisceau 34 émet (coupe 7) un petit lobe droit qui tourne sur lui-même en se rapprochant de la face antérieure de la bractée et y devient faisceau antérieur à orientation renversée : de même le faisceau 4a se divise, vers la coupe 14, en trois lobes dont les deux latéraux montrent (coupe 19) une tendance marquée à devenir antérieurs et à orientation renversée. Dans le groupe latéral de gauche, chacun des faisceaux 24, 35 4g Se divise, vers les coupes 12 et 13, en deux branches qui, même sur la coupe 19. sont encore rangées sur le même arc de cercle et normalement orientées. De plus, il se produit un écartement général de tous ces faisceaux vers le bord de l'écaille , en même temps que s’opèrent les modifications ci-dessus. Le faisceau marginal 54 reste semblable à lui-même sur toute la longueur de la bractée, mais il s’'écarte notablement vers la droite.
Les trois faisceaux antérieurs &,a, Am dg Se retrouvent jusqu'au sommet de l'écaille sans modification apparente, sauf une petite dichotomie du faisceau 4,g.
La réalité des faits m'oblige à signaler encore dans ce parcours des faisceaux un cordon libéro-ligneux très grêle qui, apparu au milieu du tissu fondamental vers la coupe 4, s’y rencontre jusqu'à la coupe 14. Ce cordon se termine en pointe libre à ses deux extrémités : il est situé à droite de 14 et représente probablement un lobe de ce faisceau. |
La taille des faisceaux s'accroît en général lentement de la base au sommet de la bractée. Elle est donc plus grande sur la coupe 19 que sur la coupe 1. Leur structure ne subit que des modifications en rapport avec leur changement de taille, et il reste évident, par la lecture de la coupe 19, que ces faisceaux y sont loin de leur terminaison supérieure.
BRACTÉES INVOLUCRALES tes)
Le parcours des faisceaux, tel que je viens de l’esquisser, outre les données qu'il. peut offrir au classificateur, fournit encore des renseignements intéressants pour la connaissance de la bractée elle-même. Il montre, d'une façon évidente, que cette bractée n'est pas complète ; elle ne représente que la base d'un organe de plus grande taille. Non seulement cet organe a été brisé sur l’un de ses bords, mais encore il à été mutilé dans sa partie supérieure. Il y a plus, l'écartement rapide des faisceaux à partir des coupes 12 et 13 montre que cet organe devait comprendre une sorte de limbe atténué à la base, peu étendu peut-être, mais plus large cependant que la bractée subsistante ; celle-ci ne représente en somme qu'une sorte de pétiole aplati (1). Quelle était la taille de ce limbe? Il m'est impossible de le dire; toutefois, la gracilité des faisceaux fait prévoir qu'elle ne devait pas être très grande : le double au plus de la partie conservée. Quelle était sa forme? Était-il entier ou lobé? Je ne’sais, mais ce qui est certain, c'est que ses nervures devaient être divergentes à la base, soit peut-être suivant la disposition pennée, soit plutôt en éventail.
Je crois, d'autre part, pouvoir présumer, soit en me servant des données fournies par le parcours des faisceaux, tel que je viens de le décrire, soit d’après les données déjà connues chez les Bennellites (2), que le système libéro-ligneux subissait les transformations suivantes en descendant vers la région d'attache des bractées involucrales.
Les 3 faisceaux antérieurs venaient probablement s’accoler, en descendant, aux bords des faisceaux principaux du groupe médian. En méme temps, tous les faisceaux de l'arc principal se rapprochaient les uns des autres jusqu’à se fusionner d’abord en 3 faisceaux (correspondant aux 3 groupes de la coupe 1); puis plus bas, ils se réunissaient tous en un seul croissant libéro-ligneux. Ce dernier pénétrait dans l'écorce de la tige et venait ensuite s’Intercaler directement dans l'angle inférieur d’une maille de la couronne
libéro-ligneuse.
(1) La fig. 65, pl. VI montre en v que le contre le fruit, mais qu'il s'en écartait, probablement pour porter le limbe.