RE SE PR TE
ÉCAILLES INTERSÉMINALES 61
a d’ailleurs la même structure que l'unique cordon des écailles interséminales.
Entre les écailles superficielles les plus modifiées et les écailles interséminales typiques on trouve tous les termes de transition , et fréquemment des écailles périphériques renferment deux et trois faisceaux libéro-ligneux. Il est vrai que par exception les écailles de la région centrale peuvent également en posséder deux.
Nota. La disposition des écailles interséminales est la même chez le B. Gibsonianus que chez le B. Morierei. Cependant la région des pédoncules atrophiés semble manquer, tandis que celle des écailles superficielles paraît notablement plus épaisse. Mais cette particularité apparente peut parfaitement provenir de la destruction du tissu fondamental et de l’écrasement consécutif des pièces composantes. J'ai en effet montré qu'entre les pédoncules atrophiés et les écailles interséminales du B. Morierei il n'existait que des différences très faibles et que leurs épidermes en particulier se ressemblaient beaucoup. Or les seuls tissus subsistants de ces régions, chez le B. Gibsonianus, sont les épidermes ; d’où cette conséquence très probable que, chez ce dernier, il nous est impossible de discerner les pédoncules atrophiés des écailles interséminales voisines. Dès lors la différence que je signalais ci-dessus entre les deux fossiles, n'est très proba-
blement qu'apparente.
RÉSUMÉ
Les écailles interséminales se montrent, à tous les niveaux, indépendantes des graines et des pédoncules ; elle sont intercalées entre eux et ne sont jamais insérées sur eux. Leur sommet est renflé et sclérifié pour la protection des graines.
Les écailles interséminales remplissent toute la région que M. Carruthers attribuait au « fleshy pericarp ». Le tissu homogène périphérique est, lui aussi, formé par des écailles analogues, ainsi que l'avait soupconné M. de Solms-Laubach ; son aspect particulier est dù à ce fait que la face extérieure des écailles superficielles est modifiée pour la protection du fruit de la même façon que le sommet des écailles interséminales proprement dites. les ne renferme ordinairement qu'un seul
Chacune des écail “he toutefois celles de la périphérie du fruit,
cordon libéro-ligneux,
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qui sont plus larges, peuvent en posséder plusieurs, quelquefois même jusqu'à 5 et 6. Ces cordons ont la structure centrique, au moins en ce qui concerne le bois, le liber y étant ordinairement localisé, soit de chaque côté du bois et un peu extérieurement, soit plus rarement contre sa face extérieure.
Chacun de ces cordons libéro-ligneux représente certainement un seul faisceau unipolaire. La disposition centrique du bois y est due soit peut être à la réduction du faisceau, soit plus probablement à sa nature diploxylée.
Toutes les écailles se montrent donc comme des feuilles réduites et spécialisées, qui très probablement ont toutes même orientation.
Leur épiderme est caractérisé par un épaississement pariétal localisé sur la face interne et les faces latérales des cellules. Leur mésophylle est dépourvu de canaux gommeux. Il est habituellement sclérifié dans sa région sous-épidermique. Toutefois la sclérification n'y présente pas toujours les particularités d’ornementation transversale que j'ai signalées chez les bractées involucrales.
RÉGEPTACLIE
La partie du réceptacle que renfermait mon échantillon était tellement réduite qu'elle ne m'a fourni que des données bien incomplètes.
Je n'ai aucune indication sur la facon dont s’inséraient latéralement les tissus des bractées involucrales. A moins qu’il ne faille rapporter à leur système libéro-ligneux un fragment de faisceau qu’a rencontré l’une de mes coupes transversales (fig. 53, pl. IV). Ce faisceau rappelle en effet beaucoup ceux des bractées involucrales, bien qu'il soit notablement plus gros et plus large, et que tous les tissus fibreux y aient des parois plus minces. De même que ceux des bractées, ce faisceau possède un groupe d'éléments antéricurs, Ba, que je serais disposé à rapporter au bois centripète, si, d'ordinaire, les faisceaux foliaires des Bennettitées ne perdaient ce bois avant de rentrer dans la tige.
J'ai déjà dit que les pédoncules séminifères et les écailles interséminales restent indépendants les uns des autres jusqu’au réceptacle. Leurs bases se fondent en effet isolément dans la surface de ce dernier sans qu'il soit possible d'observer entre elles un groupement quelconque. La partie subsistante du réceptacle était d'ailleurs trop réduite pour que j'aie pu approfondir davantage mes recherches dans cette direction.
Entre la base des écailles et celle des pédoncules se trouvent des poils lamelleux semblables à ceux que portent les bractées involucrales, et qui probablement s’insèrent directement sur le réceptacle.
Des descriptions anatomiques ci-dessus il résulte indubitablement que le fossile désigné par MM. de Saporta et Marion sous le nom de Williamsonia Morierei, ressemble beaucoup au fruit du Bennettites Gibsonianus Carr., et quil est au contraire nettement différent des organes décrits par M. Williamson et désignés par M. Carruthers sous le nom Wäilliamsonia Gigas. Peut-être, ainsi que le pensent MM. de Saporta et Marion, représente-t-il l’appareil femelle d’une plante, dont un Wäilliamsonia serait l'appareil mâle ? Mais cette supposition ne me paraît pas avoir encore été suffisamment appuyée par des faits probants pour qu'il soit possible de conserver le même nom générique à ces deux sortes d'organes Si différents l'un de l’autre à divers points de vue. Je crois donc qu'il y a lieu d'employer, jusqu'à nouvel ordre et indépendamment l'un de l’autre, les deux noms créés par M. Carruthers : Wüilliamsonia et Bennettites. Or, ainsi que je viens de le dire, l'échantillon de Villers se rapproche autant du fruit du B. Gibsonianus qu'il diffère de l'organe mâle (?) du Williamsonia Gigas.:
Peut-être le Podocarya Bucklandi Ung. (1) appartient-il au même genre que les B. Gibsonianus et B. Morierei. Il serait alors l’échantillon typique le plus anciennement décrit et par suite le nom générique de toutes ces sortes de fossiles devrait être Podocarya. Mais la structure anatomique du P. Bucklandi n'étant pas connue, l’assimilation reste douteuse, sinon quant à la famille, au moins quant au genre. Dans ces conditions il ma paru préférable d'adopter, comme M. de Solms-Laubach, le nom générique de Bennettites, qui
(1) Unger, Gen. et spec. pl. foss., p. 321.
est celui sous lequel à été décrit l'échantillon le plus ancien {B. Gibsonianus) dont la structure soit bien connue dans le tronc en même temps que dans le fruit. Mais peut-être le nom familial de Podocaryées serait-il plus régulier que celui de Bennettitées.
Le B. Morierei termimait probablement un rameau latéral de même que les fruits du B. Gibsonianus. Mais était-il, comme chez ce dernier, intérieur à la cuirasse formée autour du tronc par les coussinets foliaires ? N'était-il pas plutôt extérieur à cette cuirasse comme chez les Mantellia et les Raumeria? On ne peut que bien difficilement se prononcer sur ce point; l'isolement dans lequel le fruit a été trouvé semblerait, il est vrai, plaider en faveur de la seconde hypothèse et, à ce tre, j'eusse peut-être dû rapporter mon échantillon à l’un des deux derniers genres. Cependant cette indication est trop vague pour que j'aie songé longtemps à éloigner le fossile de Villers du genre Bennettites. En effet les différences structurales et anatoniques qui le distinguent du fruit du B. Gibsonianus qui sert de type, me paraissent trop faibles pour être génériques ; elles sont simplement spécifiques.
Le B. Morierei comprend, sans aucun doute, un réceptacle à peine convexe, qui donne insertion à deux sortes d'organes : des pédoncules séminifères et des écailles interséminales intercalées entre les pédoncules. Le tout était recouvert par de larges bractées involucrales qui s'inséraient, les unes, sur le bord même du réceptacle, les autres, plus inférieurement peut-être.
J'ai montré que les bractées involucrales devaient être, contrairement à celles du 2. Gibsonianus, terminées par une pelite expansion, en forme de limbe entier ou composé, et qu'en outre la nervation de ce limbe devait être soit pennée, comme chez les Cycadées, soit plutôt en éventail, comme chez les Salisburiées. C'est là un fait qui, malgré le vague de son indication, est intéressant, puisque la forme des feuilles des Bennettitées est encore actuellement entièrement inconnue.
D'autre part la nervation parallèle de ces bractées involucrales
se distingue de celle du Wäliamsonia Gigas par l'absence ii ÿ
nervures transversales que M. de Saporta signale et figure chez ce dernier.
Les pédoncules séminifères se détachent directement du réceptacle et chacun d'eux montre, dans le jeune âge au moins, la même structure que les écailles interséminales. Plus tard en effet il devient très différent de celles-ci non seulement par sa croissance diamétrale et sa forme qui est alors grossièrement cylindrique, mais aussi et surtout par la bizarre transformation de son épiderme en enveloppe tubuleuse.
Chacun des pédoncules porte une graine qui est terminale, dressée et située dans son prolongement; par anomalie, certains d'entre eux peuvent être bifides et biséminifères. Les graines sont petites, orthotropes, unitégumentées et pourvues d'une large chambre pollmique. Exalbuminées, elles renferment un gros embryon charnu, dicotylédoné et dont chaque cotylédon est parcouru par 6 ou 7? faisceaux probablement parallèles. Le tégument est mince et presque sec; il semble en outre peu résistant, malgré la transformation si originale de son épiderme en une assise composée de longs tubes rayonnants.
Les écailles interséminales sont toutes insérées sur le réceptacle entre les pédoncules. Elles sont lamelleuses sauf à leurs sommets. Ceux-ci sont en effet renflés en massue à la facon de ceux des écailles séminales dans les cônes de Coniféres et, comme chez ces derniers, ils recouvrent et protègent les graines. |
Il existe en général 5 à 6 écailles pour un pédoncule. Mais quelle est exactement la position des unes par rapport aux autres ? Sont-elles , ainsi qu'on l'a cru tout d’abord par l’examen de la surface du fruit, distribuées en rosettes autour des pédoncules ? où bien leur distribution est-elle indépendante de ces derniers ? C'était là un point très important à connaître mais sur lequel l'étude du réceptacle ne m'a rien donné parcé qu'il était trop insuffisamment conservé. J'ai donc dû, pour chercher à résoudre cette importante question, m'adresser à des faits d’un autre ordre et d'une étude plus délicate.
Trois hypothèses me semblaient possibles : ou bien toutes les