QUAND L’OISEAU SE SOUVIENT
Si vous m'aimez encor, Tesca, ma chère Amie, Quand donc reviendrez-vous, une rose à la main Dans les sombres sentiers qui fleuriront demain Sur les sillons d'argent de la plaine endormie ?
Errant dans la forêt où rôdait le silence,
Je me suis reposé sur ce vieux banc de pierres,
Où tant de fois vos yeux enlaçaient mes paupières, Quand mes doigts indiscrets semblaient perdre patience !
Il paraît las d’attendre en un semblable lieu,
Que le printemps revienne au fond de la vallée, Pour renaître aux parfums d’une Forme voilée Par un sourire étrange aussi doux qu’un aveu !
Et je l’ai reconnu le morne souvenir
Qu’une larme chassait du fond de la forêt, Il traçait sur la mousse, imitant un portrait, Les mille petits riens qui savaient nous unir !