M AUS
l'oublier, ni trop leur en témoigner aujourd’hui notre reconnaissance. ;
M. le professeur Vallin nous a accordé dans son laboratoire une généreuse hospitalité, il nous a toujours aidé de ses conseils, il a mis plus d’une fois à notre profit son expérience personnelle des injections ; une gratitude très particulière de notre part lui est acquise.
Nous n’aurions garde d’oublier nos excellents amis et collègues d’internat, Pérignon et Mahieu , qui ont mis leur talent à notre disposition, pour figurer les dispositions que le scalpel nous avait fait découvrir. ;
Que M. le professeur Straus veuille bien agréer nos remerciements respectueux, pour l'honneur qu'il nous fait en acceptant de présider notre thèse.
Avant d'entrer directement en matière, nous allons indiquer d’après quels procédés ont été injectées les pièces qui ont servi à établir nos descriptions.
Pour les veines profondes, nous nous sommes contenté de l’ancien procédé, du procédé classique de l’irection des veines par les veines, en choisissant soit la céphalique du pouce soit une des veines du dos de la main. Nous avions soin, au préalable, comme le recommandent les auteurs, de faire séjourner la pièce dans l’eau chaude pendant trois ou quatre heures : cette simple précaution rend l'injection beaucoup plus pénétrante. De cette façon les veines profondes se trouvaient très complètement injectées ; bien entendu les réseaux superficiels l’étaient aussi et même bien avant les veines profondes ; mais chez eux le liquide injecté ne tardait pas à rencontrer des barrières infranchissables ; la plupart du temps l'arrêt se produisait sur le trajet des veines interosseuses dorsales superficielles de la main ; dans quelques cas heureux le liquide a été arrêté
sur le dos des doigts, au-dessous de l'articulation phalangophalanginienne par des valvules dont l'existence nous a été ainsi révélée. Mais enfin les veines superficielles des doigts et les réseaux veineux d’origine ne pouvaient pas, par le procédé classique, être mis en évidence.
Dès longtemps, dans les injections artérielles faites sur des sujets plongés dans l’eau chaude depuis quelques heures, on avait noté que la matière à injection pénétrait souvent, à travers les capillaires, dans les réseaux veineux (1). M. Lejars, dans une communication à l’Académie de médecine (2), a noté ce fait de nouveau et montré tout le parti qu'on pouvait en tirer pour l'étude des réseaux veineux d'origine. Le principe de la méthode est le suivant : À
1° Pousser par les artères un liquide bien fluide, coloré par des {eintures, comme, par exemple, le rouge d'orcanette.
2° Pousser derrière cette première injection une seconde injection, colorée, elle, par des poudres qui. venant faire embolie dans les réseaux capillaires, s'opposent au passage de ce second liquide dans les veines.
Veines et artères se trouvent alors colorées chacune de façon différente. s
Telle est la méthode d'injection des veines par les artères. C’est grâce à elle que nous pouvons présenter aujourd’hui une description complète et détaillée des veines superficielles des
(1) Dans une injection artérielle ordinaire exécutée dans ces conditions, mais sans aucune intention de la faire pénétrer également dans les veines, celles-ci se sont trouvées injectées jusque vers le milieu de l’avant-bras ; elles le furent si complètement que nous avons pu disséquer non seulement les veines dorsales de la main qui ont un certain volume , mais aussi les veines des doigts jusque dans leurs origines et les réseaux sous-cutanés si délicats de la paume de la main. L'injection dans les veines était très pâle, les particules colorantes ayant sans doute été retenues en grande quantité par les capillaires.
(2) 25 septembre 1888.
CRE Le es
doigts et de la main : cette catégorie de veines présentant, à la main surtout, une remarquable prépondérance, on saisira de suite l'intérêt qui s'attache à leur étude.
Nous adresserons toutefois un léger reproche à ce procédé. Le rouge d'orcanette, qui colore très bien les vaisseaux, diffuse un peu à travers leur paroi et infiltre les tissus environnants ; de sorte que, la pièce étant desséchée pour la conservation, les veines ne se détachent pas assez nettement sur le fond. En colorant notre injection par un vert extrêmement fin, nous avons obtenu également la pénétration à travers les capillaires ; mais de plus les tissus voisins ne sont pas colorés, de sorte que, après dessiccation, les veines se détachent avec une très grande netteté sur le milieu ambiant.
Ajoutons que, pour l’avant-bras, nous ne nous sommes pas servi du procédé dont il vient d’être question. La raison en est simple : excellent pour les extrémités et pour les veines d’origine, ce procédé devient assez inférieur pour les segments plus élevés du membre; et ceci trouve son explication dans ce fait que le liquide injecté, après avoir rempli les veines des extrémités, n’a plus assez de pression pour remplir complètement les veines plus élevées. Le procédé ancien n’a pas cet inconvénient.
Enfin, comme dernier moyen d'investigation , nous avons utilisé /a simple observation. Pour les veines du dos de la main en particulier, dont les dispositions présentent les plus curieuses variétés, nous nous sommes livré à une véritable enquête sur le vivant ; et c’est d’après cette enquête, minutieusement poursuivie, que nous avons pu établir les deux ou trois types principaux que l’on verra plus loin.