‹ Velazquez et ses œuvresChapitre 4 sur 76 · ANNEXE A L'APPENDICE · texte numérisé non relu

ANNEXE A L'APPENDICE

Ce volume était fini, l'appendice, la table, et tout, lorsque M. William Stirling a eu la complaisance de nous envoyer deux fragments qu'il se proposait d'ajouter à une nouvelle édition de son livre anglais. Nous remercions vivement M. Stirling du concours obligeant qu'il a bien voulu prêter à cette traduction française.

Voici le premier fragment, à intercaler p. 83, à la suite du portrait équestre de Philippe IV, n° 299 du musée de Madrid :

Dans le palais de Gripsholm, le Versailles de la Suède, riche en portraits historiques, il y a un très-beau portrait équestre de Philippe IV par Velazquez. Le roi est jeune et sans barbe, si jeune, qu'il est possible que cette peinture soit une petite répétition de celle qui lit la fortune de l'artiste. Il est vêtu de noir, avec de hautes bottes, et il tient son chapeau dans sa main droite, contre la hanche. Le palefroi, d'un blanc de neige, avec une selle de velours pourpre, richement brodée d'or, sa longue crinière liée par trois nœuds de ruban rouge, n'est point cabré et il marche le pas. Pour fond, simplement un mur et une colonne. Le cavalier et le cheval sont peints, l'un et l'autre, avec un esprit et une vivacité extrêmes. La dimension est à peu près le tiers de la grandeur naturelle, la toile ayant 6 pieds 3 pouces de haut sur 5 pieds 6 pouces de large. Ce tableau fut donné à la reine Christine par Pimentai, ambassadeur d'Espagne en Suède1.

1 Gripsholm, etc. Stockholm, 1862, in -8°, p. 170.

Second fragment, à intercaler p. 125, après la ligne 21 :

Nous avons quelques renseignements sur le séjour de Velazquez à Saragosse.

La capitale de l' Aragon n'avait guère tenu ses anciennes promesses de supériorité artistique. Au quinzième siècle, elle avait fourni à Ferdinand le Catholique plusieurs portraitistes habiles, Pedro Aponte, à qui est attribuée la supercherie (the trick, le truc) qui trompa les Mores de Grenade et préserva le camp de Santa Fé avec des murs en toile peinte. Une génération plus tard, Damian Forment éleva dans les cathédrales de Saragosse et de Huerca deux autels en marbre, des plus beaux qu'il. y ait au monde. Quelquesunes des demeures de la noblesse à Saragosse comptaient parmi les plus élégantes de l'Espagne ; on admirait la grandeur architecturale de leurs cours entourées de galeries, les sculptures des escaliers, des grandes salles et des chambres d'apparat. Quant à la peinture, les Castilles, Valence, l'Andalousie, avaient devancé la métropole de l'Aragon. Mais cependant, à cette époque, il y avait à Saragosse un peintre d'une habileté très-notable, Jusepe Martinez, à qui ses Discours pratiques sur la peinture^ méritent une place importante parmi les anciens écrivains sur l'art espagnol. Il avait passé quelques années, notamment l'année 1625 2, en Italie, à étudier sa profession, dans laquelle il était devenu un des plus savants de sa ville natale. Il se lia tout de suite avec Yelaz-

1 Dhcursos practicables del nobilisimo arie de la Pintura, sus rudimentos, medios y fines. Zaragoza, 1853, in-4°. Le manuscrit, connu et consulté par Ferez et par Cean Bermudez, ne fut imprimé pour la première fois qu'en 1855, dans le feuilleton du Diario Zaragozano, et ensuite en un volume in 4°, tiré seulement à 40 exemplaires.

2 Suivant Cean Bermudez, Jusepe Martinez serait né en 1G12. Il n'aurait donc eu que treize ans en 1G25. — W. B.

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