ANNEXE A L'APPENDICE
quez, et divers souvenirs de ses relations avec le Castillan se rencontrent dans le livre de l'Aragonais. Lorsque Velazquez, durant son séjour à Saragosse, avait un tableau à peindre ou à finir, il paraît qu'il allait travailler dans l'atelier de Martinez. Une fois entre autres, il fit le portrait d'une jeune lady, « peinture, dit son ami, d'une qualité exquise, comme les autres productions de sa main. » Mais son talent ne le garantit pas contre les vexations auxquelles sont exposés les peintres de portraits, et auxquelles n'ont échappé ni Titien, ni van Dyck. Le tableau emporté, le père en était satisfait, mais la fille en fut si mécontente, qu'elle refusa de permettre qu'on le gardât dans la maison. Le père, embarrassé, demande la raison de ce mécontentement. La jeune lady répondit que son attente était absolument trompée, et spécialement à cause de « la grande injustice faite à son col, » qui, disait-elle, était de la plus fine guipure des Flandres.
Il est probable que la plupart des renseignements et anecdotes concernant les peintres de Madrid, de Tolède et des écoles du sud de l'Espagne qui se rencontrent dans le livre de Martinez lui furent communiqués par Velazquez, dont l'autorité est expressément citée à propos de cette allégation que « Delgado de Séville était un statuaire supérieur à son maître Gaspar Becerra1. »
Parmi les œuvres les plus remarquables, existant aujourd'hui, de Martinez, est une série de quinze ou seize tableaux de la Vie de la Vierge, décorant encore la chapelle de Nuestra Senora de la Blanca^ dans la cathédrale de la Seu,
1 Discursos praclicables, p. 176.
2 Cean Bermudez s'est trompé en attribuant à Martinez, au lieu de ces peintures, une série peinte par un artiste très-inférieur dans la chapelle de Nuestra Senora de las Nieves. Je dois cette rectification à M. Valentin Carderera, le peintre, qui lui-même est de Saragosse.
à Saragosse. La composition et la couleur en sont excellentes et ils contiennent des têtes qui prouvent que Martinez, durant ses voyages en Italie, avait été vivement impressionné par le style du Parmegiano. Le portrait de l'archevêque Apaolara, agenouillé devant la Vierge, dans un de ces tableaux, rend probable que la série avait été donnée à la chapelle par ce prélat. Ce tableau est un des meilleurs de la collection, et la tête de l'archevêque est peinte avec une force qui approche de Velazquez.
Sur la recommandation de Velazquez, Philippe IV fit à Martinez l'honneur de le nommer un de ses peintres ordinaires. A la mort du roi, Martinez exécuta deux grandes peintures pour le catafalque érigé dans la cathédrale par la corporation de la cité à l'occasion des funérailles. L'une était un portrait équestre de Philippe IV ; l'autre représentait les magistrats, en costume de deuil, contemplant quelques figures allégoriques qui apparaissent sur des nuages. Ces deux tableaux ont été conservés, ou du moins ils existaient encore il y a peu d'années, quoique en mauvais état, dans la noble salle, un peu délabrée, de la Bourse. Martinez fut en faveur auprès de don Juan d'Autriche, le fils naturel du roi, mais cependant l'espoir du patronage de ce prince et d'un succès à la cour ne le décida point à quitter sa ville natale pour la capitale. Il mourut à Saragosse en 1682, âgé de soixante-dix ans.
Les notes de M. Stirling indiquent aussi qu'à la page 41, ligne 1, après le prénom Federigo, il faut ajouter Zuccaro.