CHAPITRE IV
Philippe IV, de même que la plupart des monarques d'une conduite peu édifiante, avait pour l'Église une obéissance profonde. S'il n'eût pas hérité du titre de catholique, il se fût montré digne de l'obtenir : ainsi s'exprime Lope de Vega1. Il envisageait donc avec admiration le parti qu'avait pris son père d'expulser les Mores, et l'approbation que le Vatican avait donnée à cette œuvre était sans doute pour lui un motif d'envie. Les vieux chrétiens de la Gastille partageaient d'ailleurs ces sentiments, et Lope de Vega se fait l'écho des sentiments de la nation, lorsque, célébrant les louanges de Philippe, il exalte le troisième monarque de ce nom, pour avoir chassé de ses plus belles provinces la fleur de leur population.
Por el tercero santo, el mar prof un do Al Africa pasô (senteneia justa), Despreciando sus bârbaros tesoros Las ûltimas reliquias de los Moros.
Faute d'avoir sous la main des infidèles ou des hérétiques à persécuter, Philippe IV ne pouvait rivali-
1 Corona tragica : Vida y muer le de la Serenissima Reyna de Escocia, Maria Estuarda, Madrid, 1627, in-4°, fol. 20; voir la Vie de Lope de Vega, par lord Holland, t. 1, p. 110.
ser1 avec son père, mais il voulut du moins conserver le souvenir d'un acte proclame comme pieux et bon2 par de dévots écrivains et par les historiographes officiels. En 1627, il ordonna à Garducho, à Gaxes, à Nardi et à Velazquez, de peindre, chacun de son côté, un tableau destiné à retracer cet événement. La baguette d'huissier de la chambre royale devait récompenser l'artiste qui réussirait le mieux ; Mayno et Crescenzi furent chargés de décider à qui reviendrait la palme.
Vincencio Garducho était d'origine florentine ; son frère aîné, Bartolomeo, l'amena à Madrid, à un âge si tendre, qu'il ne conservait presque aucun souvenir de l'Italie, et qu'il parlait et écrivait l'espagnol comme sa langue maternelle. « Mon pays natif, dit-il, est la noble cité de Florence, mais, ayant été élevé dès mes premières années en Espagne, et surtout à la cour de nos monarques catholiques, qui m'honorent de leur faveur, je puis à bon droit me regarder comme un enfant de
1 Don Pedro de Salazar y Mendoza, chanoine de Tolède, se livre, dans ses Origines de las dignidades scgulares de Caslilla y Lcon, Madrid, 1057, in-fol.3 p. 18i, à des calculs sur le nombre des Mores expulsés ; il le porte à 310,000; il plaisante d'une façon cruelle sur la froide réception qu'ils trouvèrent clans le Maroc. 11 a d'ailleurs soin d'indiquer de nouvelles victimes à l'esprit de persécution : « Pour que l'Espagne soit tout à fait purifiée, il faut également expulser les Bohémiens, race perverse, corrompue et pestilentielle. »
L'ouvrage du moine Jaime de Bleda : Corônica de los Moros de Espaîia, Valence, 1618, in-fol., mérite d'être consulté.
* Pio y bueno sont les épithètes usuellement employées à propos de ces persécutions. Voir G. Gespcdcs y Meneses : Histoire de Philippe IV, p. 34.
Madrid. » Il reçut les premiers rudiments de la peinture à l'Escurial, sous la direction de son frère, qui y travaillait pour Philippe II. Après avoir donné à Madrid et à Valladolid des preuves de son talent, il succéda, en 1609, à son frère comme peintre du roi, et il acheva quelques fresques que Bartolomeo laissait imparfaites, mais qui subirent cette modification : entreprises pour représenter les victoires de Charles-Quint, elles célébrèrent les exploits d'Achille. Philippe IV conserva à Garducho le titre qu'il avait reçu et il lui permit d'exécuter d'importants travaux à la cathédrale de Tolède , au couvent des Hiéronymites à Guadalupe, et à la Chartreuse d'el Paular. Les tableaux que Carducho exécuta dans cette Chartreuse, et qui représentent, pour la plupart, des épisodes de la vie de saint Bruno, appartiennent aux meilleures productions de son pinceau habile et soigneux. Ils ont passé en partie au Musée national de Madrid. On y constate de la vigueur dans l'imagination, de la puissance dans le faire et de la richesse dans le coloris; on trouve rarement, même dans les études monastiques de Zurbaran , des draperies plus grandement traitées que celles de Carducho, et peu d'artistes castillans se sont élevés à la beauté délicate et pensive de ses Vierges. Ses Dialogues sur la peinture lui assignent un rang honorable parmi les Espagnols qui ont écrit sur l'art, et Cean Bermudez les proclame ce qu'il y a de mieux en ce genre. C'est surtout au point de vue des détails sur les musées royaux, sur les galeries particulières, sur les artistes et sur les amateurs, pendant l'âge d'or de la peinture espagnole, que ce livre offre aujourd'hui de l'intérêt. Le volume est fortement
grossi par un appendice contenant des écrits de Lope de Vega, de Jauregui et d'autres auteurs en renom, contre un impôt établi sur les tableaux, impôt que Carducho combattit non-seulement avec sa plume, mais encore devant les tribunaux. Il eut le bonheur d'obtenir d'abord que cet impôt fût modifié en faveur des artistes qui vendaient leurs productions, et ensuite qu'il fût définitivement aboli. Il mourut en 1638, dans sa soixantième année.
Eugenio Gaxes (1577-1642), fils et élève de Patricio Gaxes ou Gaxesi1, Italien au service de Philippe II, fut un des meilleurs peintres de la cour de Philippe III et de Philippe IV. Il peignit beaucoup à l'Alcazar, dans divers couvents de Madrid , à la cathédrale de Tolède , et il acquit une grande réputation. Son chef-d'œuvre est peutêtre le tableau représentant les Anglais, commandés par Leicester, repoussés de Cadix en 1625 2 ; cette toile, aujourd'hui dans le Musée royal , montre dans Gaxes un imitateur de son jeune rival Velazquez. Je possède un bon échantillon de son pinceau : Saint Julien, évêque de Cuença, occupé à fabriqua1 des paniers; il était autrefois au Louvre. Le style de cet artiste a de la ressemblance avec celui de Garducho, mais il ne l'égale pas en énergie.
1 On Ta appelé également Caxete. Le traitement annuel que Philippe 111 lui assigna en 1612 était de 50,000 maravedis (environ 400 francs). Voir Viardot : Notices sur les peintres de l'Espagne, p. 254. — G. B.
2 Ce Débarquement des Anglais à Cadix, en 1625, est une grande toile d'environ 12 pieds de large sur 11 pieds de haut. — W. B.
Angelo Nardi était un Florentin qui, vers la fin du règne de Philippe III, et déjà maître dans son art, était venu en Espagne. Les écrivains italiens ne se sont point occupés de lui, et les Espagnols ne l'ont mentionné qu'avec une brièveté fort peu digne de son mérite. Quelques tableaux qu'il exécuta pour l'archevêque de Tolède, Sandoval, mort en 1618, attirèrent sur lui les regards; en 1625, il obtint le titre de peintre de la cour et il le garda jusqu'à sa mort, survenue en 1660. Le Musée royal de Madrid ne possède point d'oeuvres qui fassent connaître son talent, qu'on peut surtout apprécier à Alcala de Henarès, où plusieurs de ses beaux ouvrages sont encore aux mêmes endroits où dès leur origine ils furent placés, dans la vaste église ovale des Bernardines. Le Martyre de saint Laurent, vaste composition à droite du grand autel, porte en lettres blanches tracées sur le gril : Angelo Nardi f an. 1620. Peut-être le meilleur de ses tableaux est -il celui qui représente Notre-Dame s'élevant audessus d'une tombe autour de laquelle sont les apôtres dans des postures d'adoration. Les têtes sont nobles; la composition est gracieuse ; le coloris offre une richesse et une splendeur dignes de l'école vénitienne.
Les juges choisis pour apprécier le mérite des rivaux n'étaient pas au-dessous de leur mission. Giovanni Battista Grescenzi était un peintre et un architecte italien, qui s'est immortalisé en élevant le Panthéon de l'Escurial; il s'en occupait alors. Juan Bautista Mayno (1369-1649), moine de l'ordre de Saint-Dominique, avait été un des élèves favoris du Greco, à Tolède. Philippe III le choisit pour donner des leçons de dessin à son fils, et Philippe IV
lui confia le même emploi auprès de son héritier présomptif, Balthasar Carlos. Il peignit pour les palais royaux de nombreux tableaux; quelques-uns figurent aujourd'hui dans le Musée royal. Le meilleur est la composition allégorique qu'on appelle la Réduction d'une province en Flandre. Philippe IV est au premier plan; Minerve lui remet une couronne de lauriers ; Olivares est à ses côtés ; la Révolte et l'Hérésie, écrasées, mordent la terre à leurs pieds (fiction hardie !) ; dans le lointain, une foule de loyaux sujets admire avec une respectueuse satisfaction un portrait du roi, que présente un officier général. Les têtes sont bien peintes, et il y a quelque vigueur dans le coloris, en général assez sobre; mais l'œuvre ne mérite pas les épithètes « d'admirable et de chef-d'œuvre surprenant » que lui décerne le bon Palomino.
Velazquez remporta une victoire complète sur ses concurrents plus expérimentés. Il reçut le prix, et son tableau de Y Expulsion des Mores fut suspendu dans la grande salle de l'Alcazar. Au centre de cette composition (triste résultat du funeste esprit de l'époque, qui condamnait un grand artiste à faire le panégyrique de la cruauté et de l'injustice), paraît Philippe III, dont la figure manque tout à fait de dignité, dont le visage accuse le défaut d'intelligence; il indique la mer, sur laquelle sont des navires ; quelques soldats amènent, sur le rivage, des Mores que leurs femmes et leurs enfants accompagnent en pleurant ; à droite, l'Espagne, sous les traits d'une robuste matrone en costume romain, assise au pied d'un temple, envisage la scène avec satisfaction. Sur un piédestal est tracée une inscription qui explique le sujet du
tableau et qui fait connaître quelles étaient les notions qui prévalaient alors au sujet de la piété, de la justice et de l'amour du prochain :
PHILIPPO III, HISPAN. REGI CATHOL. REGVM SCIENTISSIJVIO , BELGICO, GERMAN., AFRIC.*, PACIS ET JVSTITLE CVLTORI ; PVBLIC^ QVIETIS ASSERTORI J OB ELIMINATOS FELICITER MAVROS, PH1LIPPVS IV, ROBORE AC VIRTVTE MAGNVS, IN MAGNIS MAXIMVS, AD MAIORA NATVS , PROPTER ANT1Q . TANTI PARENTIS ET PIETATIS , OBSERVANT12EQVE ERGO TROPHŒVM HOC ER1GIT ANNO M. DC XXVII.
Au-dessous, la signature du peintre :
DIDACVS VELAZQVEZ H1SPALENS1S, PHILIP. IV. REGIS HISPAN. PICTOR. IPSIVSQVE JVSSV FECIT AN NO M. DC XXVII.
Il est probable que cette composition périt dans l'incendie qui, en 1735, détruisit l'Alcazar i, Malgré l'intérêt qu'elle offrait et malgré son mérite traditionnel, c'est
1 11 n'est fait aucune mention de ce tableau célèbre ni dans l'ouvrage de Ponz, qui décrit minutieusement (t. 11, p. 2-79) le nouveau palais de Madrid, ni dans le Viage de Esparîa de Nicolas de laCruz, comte de Maule (Cadiz, 1812, 14 vol. in-8°, 1. 11, p. 1-27). Cumberland n'en parle point dans le catalogue qu'il donne des tableaux du palais, et la description qu'il insère dans ses Anecdotes (t. 11, p. 18) est, comme la mienne, empruntée à Palomino, t. 111, p. 486. Cean Bermudez n'en dit rien, lorsqu'il énumère les ouvrages de Velazquez qui existaient encore de son temps, et il n'explique point sa disparition; le directeur du Musée royal 3 don José de Madrazo, auquel j'ai écrit à cet égard, n'a jamais vu ce tableau et ne possède aucun renseignement sur son sort.
de toutes les œuvres de Velazquez celle dont il faut le moins regretter la perte, lorsqu'on déteste avec raison la dernière et la plus blâmable des croisades.
Indépendamment de l'emploi d'huissier de la cour, le roi donna à Velazquez la place de gentilhomme de la chambre, poste dont les émoluments étaient de 12 réaux par jour 1 ; il lui accorda aussi 90 ducats par an, pour frais de costume. Sa générosité ne s'en tint pas à l'artiste lui-même : le père de Velazquez, don Juan Rodriguez de Silva, fut pourvu de trois charges dans la magistrature ; chacune d'elles rapportait par an 1,000 ducats.
Dans l'été de 1628, Rubens vint à Madrid, comme envoyé de l'infante-archiduchesse Isabelle, gouvernante des Pays-Bas. Velazquez et lui avaient échangé des lettres avant de se voir; ils se rencontrèrent tout disposés à devenir amis. Le franc et généreux Flamand, dans la maturité de son génie et de sa réputation, ne pouvait voir qu'avec intérêt le jeune Espagnol, si semblable à lui sous tant de rapports et également destiné à guider le goût dans sa patrie, à étendre les limites et la renommée de l'art. L'Espagnol ne pouvait que rechercher avec empressement la société et l'affection d'un des peintres les plus célèbres et d'un des hommes les plus distingués de l'époque. Il devint le compagnon de l'artiste diplomate, à ses heures de loisir ; il le conduisit dans les galeries et les églises, et il lui montra les gloires de l'Escurial. C'est dans le grand réfectoire de cet incomparable monastère,
1 Palomino indique ce chiffre , que confirme également Y Inventaire général des plus curieuses recherches du royaume d'Espagne. Paris, 1615, in-4°, p. 163.
ou dans l'appartement du prieur, que, arrêtés devant la Cène du Titien et la Perle de Raphaël , les deux maîtres de l'école flamande et de l'école castillane rendirent hommage au génie italien.
La mission de Rubens le retint neuf mois à Madrid. Il entama habilement ses négociations, en offrant huit de ses tableaux à un roi amateur de peinture, et ce prince, ne se pressant pas beaucoup de faire marcher la question diplomatique, se hâta de demander à Rubens un portrait équestre, qui a provoqué de la part de Lope de Vega des vers adulateurs. L'artiste peignit quatre autres tableaux destinés au roi, et il exécuta, pour les rapporter à l'archiduchesse, des portraits de tous les membres delà famille royale. Il exécuta plusieurs répétitions de celui de l'archiduchesse Marguerite , fille de l'empereur Maximilien et petite-fille de Charles-Quint, qui avait pris le voile dans une des plus austères communautés de Madrid. Il peignit Philippe II à cheval , les traces de la vieillesse empreintes sur un visage décharné , tandis que la Victoire, sortant d'un nuage, lui dépose sur la tête une couronne de laurier ; ce tableau, disgracieux et roide, est d'ailleurs une des plus mauvaises productions de Rubens.
Pas une journée ne se passait sans que l'artiste reçût la visite du roi, qui aimait à s'entretenir avec des peintres, tandis qu'ils étaient à l'œuvre; Philippe sut inspirer une opinion favorable à l'intelligent Flamand, et nous savons qu'il ne réussit pas moins auprès de lord Glarendon *. Rubens, dans une de ses lettres 2, représente ce
1 Histoire de la Rébellion, t. VI, p. 385.
2 Lettres de Rubens, publiées par Gachet, Bruxelles, 4846, in-8°,
prince comme « réunissant les qualités du corps à celles de l'esprit, et capable de gouverner dans la bonne ou dans la mauvaise fortune, s'il s'en rapportait davantage à lui-même ou s'il se fiait moins à ses ministres ; mais aujourd'hui il paye les folies des autres, et il est la victime d'une haine qui lui est étrangère,» — la haine de Buckingham et d'Olivares.
Son pinceau rapide fut interrompu durant son séjour à Madrid, non-seulement par les affaires de sa mission, mais encore par des attaques de fièvre et de goutte. Néanmoins il trouva le temps d'exécuter, — indépendamment des portraits royaux, — des copies soignées de quelques tableaux du Titien, copies que Mengs a plus tard malignement appelées des traductions de l'italien en hollandais; il acheva quelques ouvrages destinés à de riches amateurs et à des établissements publics, et, agrandissant le cadre de la vaste Adoration des mages qui figure dans le Musée Royal, il y ajouta plusieurs figures, entre autres son propre portrait, se représentant à cheval avec un rare bonheur. Ce Musée possède encore soixantedeux 1 productions de Rubens, et il fut un temps où,
p . 226 ; notre citation est d'après une traduction de l'original flamand.
1 Sur ces soixante-deux Rubens du Musée de Madrid , il y a, en effet, une douzaine de chefs d'œuvre, égaux aux Rubens d'Anvers, de Munich, de Vienne et des autres principaux musées de l'Europe. Dans plusieurs de ces tableaux., le paysage ou les accessoires sont peints par Brvegel de Velours, Snyders et Wildens. De quelques-uns, le Jardin d'amour, le Jugement de Paris, le Serpent d'airain, il y a des répétitions ailleurs. Les plus étonnants et les plus instructifs sont
sous ce rapport, l'Espagne était plus riche que la Flandre elle-même. Le Jardin d'amour, Rodolphe de Hapsbourg donnant son cheval au prêtre qui porte l'hostie, et bien d'autres compositions qui figurent dans la collection royale, ne le cèdent pas aux œuvres dont Anvers s'enorgueillit ajuste titre. Le Musée de Valladolid possède les trois grands tableaux d'autel offerts par le comte de Fuensaldana au couvent des religieuses de l'ordre de Saint-François ; Ponz en a exagéré le mérite lorsqu'il les a signalés comme ce que Rubens avait laissé de plus beau dans la Péninsule. Les chefs-d'œuvre en ce genre, que l'Angleterre possède, y sont venus à la suite de la guerre: les uns ont été les dépouilles des vainqueurs, d'autres ont passé par les mains des marchands qui suivaient les armées. La Chasse au lion, qui décore maintenant l'hôtel de lord Ashburton à Londres, a jadis orné les galeries Leganes et Altamira. La composition gigantesque placée dans la collection de l'hôtel Grosvenor et où s'étalent les fils robustes et les grosses filles d'Anak, fut peinte d'après l'ordre d'Olivares, et il la fit sus-
les grandes copies d'après les chefs-d'œuvre du Titien, par exemple Y Enlèvement d'Europe, et surtout Adam et Ève dans le paradis terrestre. On oserait presque dire que c'est plus beau que l'original. Cette grande Ève voluptueuse et la plupart des tableaux « à femmes nues » de Rubens sont encore relégués dans les salles inférieures du Musée, espèces de caves à peu près interdites au public. 11 faut espérer que le magnifique Musée de Madr id sera bientôt réorganisé sur un autre plan, et que MM. de Madrazo, qui sont tout dévoués aux arts, publieront enfin un nouveau catalogue digne de cette galerie incomparable. — W. B.
pendre dans la belle église du couvent des religieuses de Loeches. Lord Radnor possède, dans son château de Longford, un paysage fort intéressant, dont Rubens a peut-être tracé le croquis pendant une des excursions qu'il faisait en compagnie de Velazquez. C'est une vue de l'Escurial, prise de la colline qui s'élève derrière l'édifice. La figure solitaire du moine, la croix de bois, le daim qui passe avec rapidité, les collines escarpées, les nuages gris et froids, tout conserve une harmonie admirable avec l'aspect solennel et imposant du gigantesque monastère.