PIMENTEL, COMTE DE BENAVENTE
Madrid.)
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Pulido Pareja, sont cependant signalées dans des collections anglaises : celles de lord Radnor et du duc de Bedford. Mais ni l’une ni l’autre de ces deux copies ne doivent être confondues avec l’original, qui, d’après Palomino, portait, en latin, la signature du maître, suivie de son titre de peintre de la Chambre, avec la date de 1639.
Le portrait appartenant au duc de Bedford a figuré à l’Exposition de Manchester. On y lit l’inscription suivante : Adrian Pulido Pareja , capitan general de la Armada y flota de Nueva Espana , facelliô en la ciudad de Nueva Vera Cru{, 1664. Or, Velâzquez étant mort en 1660, il n’est guère possible, à moins d’échafauder tout un système de présomptions sur la postériorité de cette inscription, d’accepter comme certaine l’attribution dont les catalogues anglais, et Bürger tout le premier, ont cependant, et sans hésiter, fait honneur à l’artiste.
Palomino mentionne encore quelques personnages importants dont Velâzquez reproduisit les traits pendant le laps de temps qui s’écoule entre son premier et son deuxième voyage en Italie (1649). Il cite : le portrait du poète Francisco de Quevedo, aujourd’hui dans la collection du duc de Wellington; celui du cardinal Gaspar de Borja, — le même, peut-être, qui a fait partie de la galerie Salamanca ; — et encore, les portraits du marquis de la Lapilla, membre du Conseil des Indes, de Pereira et de Don Nicolas de Cardona ; ces deux derniers personnages occupaient des charges élevées dans la domesticité du palais.
C’est encore vers cette même époque que l’artiste fut chargé de peindre, sur son lit d’agonie, le confesseur de la reine, Simon de Roxas, mort en odeur de sainteté. Nous ne savons rien touchant le sort de cette intéressante ébauche.
Avec l’année 1640, nous abordons une période particulièrement féconde. A compter de cette date, les créations de l’artiste se présentent nombreuses, variées, les unes singulièrement puissantes, simplement admirables les autres, magistrales et superbes la plupart. Elles se succèdent et s’échelonnent jusqu’au moment où il fera sa deuxième excursion en Italie; presque toutes se retrouvent au musée du Prado.
En première ligne se place le Portrait équestre du comte-duc d’Olivarès , peint autour des années 1640, 1641. La reconnaissance, l’attachement que Velâzquez avait pour son protecteur et dont il ne cessa de donner des preuves, même après sa disgrâce, semblent bien, dans cette noble et hère peinture, être venus en aide au génie de l’artiste pour lui
PORTRAIT ÉQUESTRE DE LA REINE MARGUERITE d’aUTRICHE, FEMME DE PHILIPPE III
( Musée de Madrid.)
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inspirer l’un de ses chefs-d’œuvre. Du médiocre politique, du triste et inhabile ministre de Philippe IV, qui jamais, de sa personne, ne prit part à aucune action de guerre, Velâzquez a fait un héros, enlevant son cheval de bataille en avant de son armée à laquelle, son bâton de commandement à la main, il désigne l’ennemi d’un geste impérieux. Le mouvement, l’intensité d’action, l’irrésistible élan de ce groupe, jeté en rase campagne et peint tout entier en pleine lumière, atteignent à la plus extrême puissance de relief et d’illusion. En nulle autre œuvre — croyons-nous — on ne trouverait un dessin plus serré et aussi expressif, plus formel et aussi juste; et quant à la coloration, à la fois sobre et mâle, si bien observée dans ses valeurs comme dans ses rapports avec les caresses delà lumière, la vérité en est à ce point saisissante, qu’il ne nous semble pas que la nature elle-même puisse nous apparaître autrement. Non, l’art du peintre ne s’est encore jamais posé avec autant d’audace le problème de l’imitation de la vie, et nul ne le résoudra peut-être, et de longtemps, avec autant de perfection et de bonheur que l’a fait ici Velâzquez.
De nombreuses études pour cette belle œuvre et des répliques de dimensions variées figurent dans plusieurs musées et collections particulières. On y rencontre aussi d’autres portraits d’Olivarès tantôt en pied, tantôt en buste, car Velâzquez le peignit souvent. Il le représenta maintes fois dans l’exercice de sa charge de grand-écuyer, prenant part aux chasses royales, ou surveillant, dans le manège du palais, en présence du roi et de la reine; les leçons d’équitation du jeune prince don Baltazar Carlos. Velâzquez grava même à l’eau-forte un portrait en buste du comte-duc; le musée de Berlin en possède une épreuve provenant de la collection de Cean Bermudez. Nous croyons encore pouvoir attribuer a Velâzquez un autre petit portrait en buste, gravé au burin, dont l’unique épreuve connue a appartenu à don Valentin Carderera, avant de faire partie de la collection d’estampes de la Bibliothèque nationale, à Madrid. Nous reviendrons plus à loisir, à la fin de cette étude, sur ces deux rares et curieux essais.
Bien que le Portrait de don Antonio Piment el, comte de Benavente et gentilhomme de la chambre de Philippe /F, — catalogué au musée du Prado sous le n° 1090, — et peint, d’après le catalogue, entre les deux voyages d’Italie, soit lui-même une œuvre merveilleuse de vérité et de vie, nous nous bornerons à le mentionner, en remarquant toutefois que
PORTRAIT DEL PRIMO, NAIN DE PHILIPPE IV Musée de Madrid.)
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son exécution on ne peut plus franche et délibérée, particulièrement dans les accessoires : l’armure damasquinée, le casque, les gantelets et l’écharpe d’un si beau ton rose passé, paraît se rattacher déjà à la manière large, aisée, sommaire — marnera abreviada , disent les Espagnols — qu’adopta Velâzquez dans ses derniers ouvrages.
Le soulèvement du Portugal, la révolte de la Catalogne et le succès des armes françaises dans le Roussillon vinrent tirer Philippe IV de son apathie habituelle. Il résolut d’aller prendre lui-même le commandement de ses troupes réunies en Aragon et, au printemps de 1642, la maison royale y compris Velâzquez, les nains, les bouffons et les comédiens de la cour, reçurent l’ordre d’accompagner le roi à Saragosse. Mais il n’entrait sans doute pas dans les projets du comte-duc que ce voyage s’effectuât avec rapidité, car avant même d’atteindre Cuenca où il resta encore près d’un mois, s’amusant à chasser et à faire représenter la comédie, Philippe IV passa la plus grande partie du printemps dans la délicieuse possession royale d’Aranjuez. Ce séjour fournit à Velâzquez l’occasion de peindre les deux grands paysages portant les nos 1 109 et 1 1 10 au catalogue du musée du Prado. Le premier offre la vue des Jardins de l’ile et de la fontaine des Tritons , l’autre représente Y Allée de la Reine : l’un et l’autre sont peuplés d’élégantes et spirituelles petites figures.
L’année suivante est marquée par la disgrâce et l’exil du comte-duc d’Olivarès. Velâzquez perdait en lui plus qu’un protecteur ; aussi, son affliction fut-elle profonde. Mauvais courtisan, l’artiste ne sut point refuser au ministre tombé du pouvoir les témoignages de la sincérité de sa douleur; un moment même ses amis parurent craindre de le voir enveloppé dans la disgrâce du favori. Il n’en fut rien : Philippe IV avait besoin de lui pour seconder ou plutôt pour diriger l’inhabile marquis de Malpica qui occupait alors la charge de surintendant des travaux. Un ordre du roi, daté du 9 juin 1643 et conservé aux archives du palais, assigne à l’artiste des fonctions qui momentanément le placent dans la dépendance du surintendant. La morgue, l’orgueilleuse incapacité de Malcipa ne purent s’accommoder longtemps des conseils de celui qu’il daignait tout au plus considérer à l’égal d’un artisan : des conflits s’élevèrent entre le patricien et l’artiste; le roi donna tort à son peintre L
Pendant l’année 1643 et la suivante, Velâzquez dut encore accompa-