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PORTRAIT DE SÉBASTIEN DE MORRA, NAIN DE PHILIPPE IV

(Musée de Madrid.)

LES ARTISTES CELEBRES

gner le roi en Aragon. Débarrassé de la tutelle d'Olivarès, Philippe avait enfin pris le commandement de ses troupes : il assiégeait Lerida. Le 7 août 1644, il réussit à s’emparer de cette place, où il fit son entrée triomphale, couvert de la demi-armure d’acier bruni, damasquiné d’or, et portant le riche et élégant costume que Velâzquez a fidèlement reproduit dans le portrait équestre n° 1066 qui est un des joyaux du musée du Prado. Ce portrait date exactement de l’année 1644. Pour son exécution, Velâzquez utilisa l’esquisse qu’il avait peinte en trois séances à Fraga, où le roi lui avait fait tout exprès disposer un atelier L

Les trois autres portraits équestres que possède le musée de Madrid et qui représentent la reine Isabelle de Bourbon, femme de Philippe IV, Philippe III et sa femme, Marguerite d’ Autriche , furent peints à la meme époque. Pour les ressemblances de ces deux derniers personnages Velâzquez dut nécessairement consulter les peintures de Pantoja de la Cruz et de Bartolome Gonzalez. Ses élèves, Martinez del Mazo, Villacis, ou peut-être Carreno, l’aidèrent dans cet énorme travail. Dans les portraits des deux reines, exécutés de grandeur naturelle, la plus grande partie des vêtements, les harnais, les riches housses des chevaux et quelques autres détails sont d’une autre main que la sienne. L’achèvement du beau portrait de la reine Isabelle dut précéder de bien peu la mort de la fille de Henri IV : elle s’éteignit, en effet, le 6 octobre 1644.

Deux ans après mourait, à Saragosse, l’infant don Baltazar Carlos, l’héritier du trône1 2. Velâzquez l’avait peint pour la dernière fois en 1643 ou 1644, dans ce portrait en pied d’une si belle tournure, où le jeune prince est représenté la Toison d’or au cou et entièrement vêtu de noir, et qui est décrit sous le n° io83 au catalogue du musée de Madrid.

L’infant don Baltazar Carlos avait attaché à sa maison l’élève et le gendre de Velâzquez, Martinez del Mazo; ce jeune peintre l’accompagna en Aragon. Sur les indications de l’infant, Mazo commença alors l’étude

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