‹ VelpeauChapitre 8 sur 14 · ME TRE · texte numérisé non relu

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toujours temps de me rejeter sur les autres, si cette porte m'était fermée. En outre, en chirurgie, il y a quatre places à donner et j y trouve Jules Lisfranc, Paul Dubois, Baudelocque, Demmas, etc... qui me paraissent redoutables, soit sous le rapport des connaissances, soit à cause des appuis

qu'ils ont. La dernière section ne me paraît pas plus chan-

ceuse : il est vrai qu'en médecine nous sommes vingt-six pour

cinq places et que j'ai à combattre Cruveilhier, Rochoux, Du-

| gès, Dapan, Miquel, Andral, Gérardin, qui est passé hier

et qui a semblé très fort, Bouillaud, le neveu de Bayle, etc... ; mais enfin ils me font moins peur que les autres. Après cela, le jury de ma section n'est pas trop bien composé pour moi; je ne sais si vous pourriez quelque chose auprès de quelques-uns de mes juges. Ce sont : MM. Esquirol, président ; Landré-Beauvais, doyen; Royer-Collard, Récamier, Cayol, Bertin, Fizeau, Jadioux, Alère.

Nous n'avons pas la lettre où Velpeau annonçait le résultat du concours et nous ne CA que deviner la joie de l’ancien apprenti maréchal- ferrant.”

Après les épreuves brillantes, Vslpeau qui, pendant tren-

te-quatre ans, occupera la chaire de Clinique chirurgicale de

la Charité, avait été nommé agrégé de médecine avec Andrai,

Rochaux, Dugès, ]. Cruveilhier.

Velpeau qui, à 21 ans ne savait que lire et écrire, est capable à 20 ans de composer une thèse en latin et de la sou-

tenir publiquement. Le sujet qui lui échut était ainsi libellé :

An tuberculorum crudorum certa diagnosis ?

In pulmonibus :

possibilis curatio ?

METPSIS Quam, Deo favente, in saluberrima Facultate medica parisiensi, proesculibus competitionis judicibus, publicis competitorum disputationibus subjiciet et dilucidare conabitur die.

anno 1824.

À. Velpeau.

Il arrive aux conclusions suivantes :

1° Ergo certa diagnosis tuberculorum crudorum in puimonibus potest haberi.

2° Ergo possibilis crudorum in pumonibus tuberculo-

rum curatio.

Cette thèse était dédiée à Bougon et à Bretonneau. Mais,

à vrai dire ce nest pas une des œuvres importantes de

Velpeau.

Quatre mois après avoir été nommé agrégé, Velpeau songe déjà à un nouveau concours:

« Eh bien, mon cher maître, encore un concours; ils ne nous laissent pas prendre haleine. Jules a fini son temps pour le prosectorat, et sa place est à disputer entre quatre. Vous allez dire peut-être que ce n'est là qu une miniature

de concours pour l'agrégation. Eh bien ! vous vous trompe-

rièz fort, car je tombe de fièvre en chaud mal, par la raison que les combattants sont les plus vigoureux champions de tous les agrégés ; l’un d'eux a déjà concouru dix fois au moins et n’a encore jamais été vaincu. Pour les places d'aides, nous concourümes ensemble ; je le suivis de près, maïs je fus mis après lui; les autres ne sont moins redoutables, de sorte que je ne dois pas trop compter sur le succès. Cependant, il me faudrait cette place avant d’aller vous voir ».

Pour se faire connaître de ses juges, il lit « trois mémoires à l’Académie ». Il n’en implore pas moins le secours de Bretonneau :

« Le temps presse, il ne faut pas que je laisse mes compétiteurs s'emparer tout à fait de l'esprit de mes juges. Il faut absolument que vous écriviez à MM. Béclard et Duméril, d'autant mieux que le protégé de M. Béclard a dit ou fait une composition au-dessous des nôtres, et que ses préparations ne vont pas bien. Tout de suite S’i] vous plaît. Je viens de saigner M. Orfila, qui est très mal, il a un violent érysipèle à la face ».

La place échappe au jeune agrégé; mais par une chance inespérée, le concours est annulé par le conseil de la Faculté et aux deuxième concours, Velpeau est nommé avec Bouvier, Blandin et Aussat.

L'esprit un peu plus libre, Velpeau se retourne vers la

chirurgie et publie un Traité d'Anatomie chirurgicale en deux

volumes. Et surtout, il peut songer aux travaux de son maitre. Il presse Bretonneau :

« J'ai dit nombre de fois en public et à nos connaissances ce que la science pouvait attendre de votre ouvrage. J'ai menacé les broussistes exagérés, je me suis retranché cerrière votre mémoire, et je me suis servi de vos arguments, etc... ? En vérité, finissez-en; vous aurez beau dire, vous n'êtes pas excusables ».

Trousseau craint que la diphtérite ne se vende pas; Velpeau croit qu'il se trompe :

(HeeCGet intrépide (Trousseau) s’effraie, pleure et craint que nous ne trouvions pas de marchand; il a tort sans doute ; mais il est de fait que MM. jes libraires ne veulent plus que des manuels ou des traités généraux, et notez que ce n'est pas de leur faute, que cela tient à l'esprit du siècle. Actuellement, en effet, les médecins ne veulent plus de la science, à moins qu'elle ne soit toute digérée dans un article du dictionnaire ou dans un livre élémentaire ».

Velpeau multiplie les démarches pour son maître tout en continuant ses publications personnelles. Mais parmi l’immense quantité de mémoires, de notes, d’articles de revues qui sont de cette époque, il en est encore plusieurs qui furent rédigé sous l'influence ou d’après les idées de Btretonneau. Tels sont un mémoire sur la meilleure manière de conserver le vaccin, où il préconise les tubes capillaires inventés par

son maitre; une note sur la contusion des organes, une autre

sur l’azotate d'argent dans le {raitement de la variole et d'au-

tres éruptions cutanées; une série d'articles sur la compres-

. sion dans les inflammations, sur le traitement de l’érysipèle,

sur la variole, sur le choléra, sur la dothienentérie, sur Île rhumatisme, etc...

[f n'accept: cependant point comme vérité d'évangile tout ce qui vient de Tours. Ainsi, l'acupuncture y avait trouvé de zélés partisans et Jules Cloquet avait pris sous son patro-

nage la nouvelle méthode. Il faut voir néanmoins avec quelle

verve mordante Velpeau traite la nouvelle médication à la

mode et celui qui s’en est fait le propagateur : « Jules s est emparé de l’acupuncture; avec elle, il gué-

rit tout et, qui plus «est, il explique : les maladies ne sont pas

des inflammations, c’est un fluide. Dame ! un fluide galva-

nique, magnétique, électrique, nerveux, comme vous voudrez. enfin un fluide... qui s’accumule dans les organes. Eh bien ! ce fluide, l'aiguille l’enlève. Est-il en plus, on fait une saignée nerveuse ; est-il en moins, on en prend dans une autre personne, etc... Vous ‘riez, mon Maître ‘? \Gest exact, cependant, et le petit Jules va piquant, déchirant tous ceux

qu'il rencontre avec son aiguille; rien ne lui résiste, toutes

les névralgies, pleurésies, péritonites, oneumonies, etc..., se

sauvent devant l: piqueur. Dans tout cela il v a un fait : c'est que Jules va promptement faire sa fortune ; car déjà les comtesses, les duchesses, les princes, accourent se faire piquer,

et bientôt il n'y pourra plus suffire. La crédulité publique

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