‹ VelpeauChapitre 9 sur 14 · MARY RS · texte numérisé non relu

MARY RS

est un aliment qui engraisse vite quand on sait s’en nourrir, et Jules ne l’ignore pas ».

Velpeau était sans pitié pour les faiseurs : écoutez cette diatribe contre les accouchieurs de pacotille :

« Le titre de médecin accoucheur qu'il prend me suffit et me met en fureur, parce que ces gens-là peuvent avoir d2 l'esprit dans le monde, mais presque tous sont ce qu'il y a de plus ignare en médecin. Îls se mettent accoucheurs parce que tout le monde peut l'être dans quarante-neuf cas sur cinquante. Jeudi, je fus appelé près d’üne dame d’une bonne famille : un accoucheur des plus répandus et fort instruit, car il est très complaisant, était là depuis deux jours; trois fois il avait tenté l'application du forceps, mais sans succès, parce que, disait-il, la tête était renversée. En effet, j'introduis mon doigt et je trouve le siège de l'enfant au lieu de la tête; je n'eus besoin que d’un très léger effort pour abaisser une hanche trop élevée et l'accouchement se termina tout seul un quart d'heure après ! C’est ainsi, mon cher maître, qu on

fait la médecine à Paris ».

-Au début de 1828, Velpeau qui espérait se &« livrer à la

ratique le plus possible » et comptait sur Bretonneau pour

lui trouver « le moyen d'avoir beaucouo et de bons clients ». est à nouveau absorbé par les concours :

« fs suis encore empêtré dans un infernal concours.

RE

C'est pour lé bureau central des hôpitaux. Cette place déciderait de mon sort; je donnerais bien dix mille francs pour être sûr de l'avoir, quoiqu elle ne rapporte que six cents francs, et je sais d'avance que je ne l’aurai pas ».

Le concours eut lieu au mois de mai. La lutte s'annon-

çait comme sérieuse. Velpeau avait pour principaux concur-

rents : Bérard, Maréchal, Bourgery, Guersant fils, Hatin et Ricord qui avait abandonné sa clientèle naissante de Crouy pour venir affronter à Paris la chance des concours.

Velpeau, comme de coutume, eut recours à l'appui de Bretonneau et voici en quels termes il lui narre la façon dont il s est tiré de l’épreuve :

« Les propositions ont passé; mes huit compétiteurs les ont attaquées avec acharnement, mais il fallait vaincre ou mourir; je me suis défendu en déterminé; j'en ai collé plusieurs et j ai eu raison surtout sans faire la plus petite concession Bérard st Bourgery ont été les premiers à me dire que la place m appartenait; les juges m'ont paru ne plus résister, et je crois, à présent, que sans recommandations et malgré tout ce qu'on pourra dire et faire, il faudra bien que je Sois nommé ». ;

En réalité, le concours de Velpeau avait été très briilant et le public, la presse le désignèrent ouvertement comme le futur élu. Et il fut nommé, tandis que Bérard, Hatinet, Ricord étaient présentés par le jury pour les premières places

vaçantes.

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