TROISIÈME PREUVE
Absurdité de cette assertion :
s Ce sonl les prêtres qui ont inventé la confessîoHi
S Par là même que nous venons de prouve!
!j que c'est Jésus-Christ qui a institué la confcs-
^ sion 5 il s'ensuit naturellement, mon cher
< Théophile, que ce ne sont pas les prêtres qui
l en sont les auteurs ; mais vous avez entendu
S si souvent répéter cette assertion , qu'elle a
> peut-être produit sur vous de fâcheuses im-
\ pressions. Afin de les détruire entièrement et
l de donner une nouvelle force aux preuves que
^j nous avons déjà mises sous vos yeux, nous
s voulons vous montrer toute l'absurdité de
^ cette objection. Pour cela je ferai quelques
? questions dont la solution vous fera rougir ,
^ qu'un chrétien tant soit peu raisonnable ose
\ encore dire : « Ce sont les prêtres qui ont cta*
s bli la confession. »
^ v^^n^,/ \/\^\ '^'^^ v^»/%y"^\/v>.Ay\/v\/\/\/w~^.
î; BE LA COXTBSSIOn^
s I. rvcinicrc question.
\ Vous proton (lez ç\\\e ce sont les prêtres qui
s 07it établi la confession. Mais (litcs-n)oi , mon s
s fils j quels S07it les prêtres qui ont établi la con- ;.
> fession? Est-ce moi qui vous parle en ce nio- ^
> ment ? Mais j'ai trouvé la confession établie ': l (lès ma plus tendre enfance, et, grâces au^ <^ l soins d'une mère chrétienne, j'ai ressenti de <
bonne heure les salutaires effets de ce sacre- )
ment. Est-ce les prêtres qui vivaient alors qui $
.Vavaient inventée ? Mais dans les siècles passes ^
> on se confessait déjà. ^ Dans le chapitre suivant , nous vous mon- ^
trerons qu'en remontant de siècle en siècle , s
on trouve toujours dos témoignages de doc- i
teurs qui prouvent l'existence de la confession.. Voulez- vous savoir quel est le prêtre qui .'i établi la confession? Ecoutez : c'est celui qui est prêtre pour l'éternité, selon l'ordre do Mclchiscdcch , celui qui a été envoyé par son père pour sauver Icshomm.es, celui qui fut immolé sur la croix pour notre rédemption ; c'est le prêtre des prctrcs , le pontife dos pontifes, Jésus-Christ votre Dieu et le mien.
.y^^yO
s II. Seconde question.
Pour entreprendre quelque chose , il faut supposer des motifs dans ceux qui le veulent; et si Fentreprise est grande , si elle est difficile, il faut leur en supposer de très nombreux et de très puissants. Or, je vous le demande, quels sont les motifs qui ont pu engager les prêtres à établir la confession? Je n'en connais que trois , qui sont les grands mobiles des hommes , l'orgueil , l'avarice , le plaisir. Or , aucun de ces motifs n'a pu déterminer les prêtres à établir la confession.
En effet , direz-vous d'abord qtie c'est par orgueil , par désir de dominer ? Mais (juand
Vous prétendez que ce sont les prêtres qiri < ? ont établi la confession , mais pour cela ri au- 5 rait fallu que tous les prêtres se fussent en- ^ tendus entre eux , qu'ils eussent formé ensem- S ble le complot de tromper les fidèles. Or, une ^ ^ semblable réunion est-elle probable? est-elle ^ ^' même possible? Lisez l'histoire de toutes les < ? religions , lisez l'histoire de l'Eglise en particulier 5 et vous demeurerez convaincu qu'une < semblable coalition est aussi absurde qu'im- s possible.
j\/\i \/ wr^r^v
rti^mc il y aurait eu des i)i*étrcs assez ambitieux pour former un pareil dessein, combien n*a-t-il pas existé dans tous les temjis des prêtres humbles , qui non-seulement n'ont point cherché les honneurs, mais encore les ont fui, et pour s'y soustraire plus eflicacement sont allés s'ensevelir tout vivants dans les cloîtres, dans les solitudes les plus profondes. Or, ces saints prêtres n'auraient-ils pas été les premiers à s'élever contre Tiiûposture de l'ambition?...
Oui , sans doute , les prêtres ont de Vambîtion , mais c'est celle de travailler à la plus grande gloire de Dieu , en travaillant au salut des amcs. Ils veulent dominer sur vos esprits pour les soumettre à la foi , sur vos cœurS pour y établir l'empire de la vertu ; ils veulent dominer sur les enAmts pour leur apprendre à respecter les auteurs de leurs jours, sur les parents pour les porter à donner une éducation chrétienne à leurs enfants , sur les époux et les épouses pour leur faire pratiquer l'amour mutuel et une fidélité inviolable à leurs promesses ; ils voudraient dominer sur les l'ois pour les engager à se sacrifier pour le bonheur de leurs peuples , sur les sujets pour leur inspirer l'obéissance à leurs souv^j^ains^ ils
46 bïvmiTÉ
voudraient dominer sur toutes les notions pôUP ^
y établir le règne de Dieu à qui seul appar* ,^
tient ïhonneur et la gloire. Eu serait-on moins \
heureux si cette ambition des prêtres de Je- c
sus-Christ était mise en pratique? '^ )
Ajouterez-vous , mon fils . que c'est par ava- ^
rke , pour amasser des trésors ? Mais encore >
ici 5 quand même il se serait rencontré des $-
prêtres assez intéressés pour concevoir un <
semblable projet , que d'autres prêtres gêné- ^
reux n'a-t-on pas vu qui ont quitté leurs biens ^ et se sont réduits à la plus grande indigence
> par amour pour Jésus-Christ ? Combien , dont c^ ^ tout le bonheur était de répandre dans le sein 5
e des indigents les richesses dont ils pouvaient
l disposer. Or , ces bons prêtres n'auraient-ils <
> pas fortement réclamé contre une pareille b l innovation ? <
> D'ailleurs , depuis bien longtemps le sacre- ^
> ment de pénitence est adîE!nistré graluite- ^ ment. Bien loin d'y trouver un moyen de s'en- ^ richir , les prêtres y découvrent souvent mille S misères à secourir. Dès-lors, s'ils l'avaient établi par avarice , ils devraient en abandonner < l'exercice. Néanmoins ils continuent toujours < avec le même zèle à administrer ce sacrement, s ils préfèrent souvent là confession des pauvres >
^^ r\ /^ /\ /-v ^ /'~\/^^.y^\/ KJ-KJ"
*r^/V vy^y^^\•x/\/^./^/^/^^^/v■-^»/'^a^•*-^v/^y•-/v/^/^y^/^y'-/^>'vy \j^ y\/\.'
à celle des riclies^. C'est que leur but n'est cas d'y IrouvcT des trésors vils et méprisables que la niorl doit culcvcr , ninis des trésors de luérilcs pour le ciel qiYj personne ne pourra jamais leur ravir...
Enfin , direz-vous que c'est par pJmsir que les prêtres ont clabli la confession? Par plaisir? Vous qui avez do semblables pensées, vous ne connaissez pas tout ce qu'il y a de pénible , de rebutant dans rexcrcicc de ecUc fonction. Eh ! (luel plaisir peut-il y avoir pour un homme de passer une partie de sa vie , renfermé entre quatre planches, comme dans une cs- ^pèce de tombeau , d'y entendre le récit dégoûtant de toutes les misères humaines.
Quel plaisir peut-il y avoir pour le ministre de la religion , d'aller porter le secours de son ministère à des pestiférés, s'exposant à chaque instant à la mort? Et n'est-ce pas là ce qu'on a toujours vu lorsqu'un fléau dévastateur est venu ravager les villes ou les provinces? A l'aspect du fléau tout s'enfuit, tout tremble , le prêtre seul reste à son poste, seul il est tranquille , il s'arrache d'entre les bras d'une mcre chérie , il sacrifie son repos ,, sa fortune, sa santé, sa vie même, et il meurl;
/\ /\ruy,r^y\r^r\/^.r\j~\é'\r>y\.r</\y^y\y\r<j\/^y^
iOiVlNlTÊ
Icmpli de joie de s'ctrc ainsi dévoué au salut
de ses frères.
Quel plaisir peut-ii y avoir pour le pasteur
des âmes , de se lever au mili(3U de la nuit
pour assister un pauvre malheureux qui se
^ meurt? Il faut braver la pluie, la neige, il
^' faut gravir une montagne escarpée , s'exposer
i à s'égarer dans une forêt; n'importe, rien
t; n'arrête ce prêtre , il vole au secours de son
*^ frère et il ne l'abandonne qu'après l'avoir pré-
;> paré au grand voyage de l'éternité !
> Quel plaisir pour cet aumônier des prîson-
\ niers , de descendre dans de sombres cachots
\ et d'exhorter à la confession un de ces hom-
<^ mes condamnés par la justice à porter sa tête
^ sur l'échafaud? C'est un monstre couvert de
i crimes ; il blasphème contre Dieu , il maudit
J> les hommes , il ferme l'oreille aux discours de
^ la religion. N'importe , le prêtre le console , il
s le presse, il le conjure de penser à son âme,
^ lui représentant que s'il n'y a plus pour lui
j> de pardon sur la terre , il est un Dieu dont le i
^ propre est de pardonner toujours et qui lui ^
<5 ouvre le sein de sa miséricorde. Enfin le pé- ïj
? cheur touché se rend , et le prêtre l'accompa- e
s gne au dernier supplice , le traite comme un s
ftmi et lui donne en gage de sa réconciliation >
Dr 1A coNrnssioif. 40
avec son Dieu, le baiser de ramil'c et de la paix.
Ah ! mon fils ! qu'est-ce qui peut inspirer cet héroïsme de charité, si ce n'est la convielion de la divinité de la confession. Aussi on a toujours vu les prêtres liérétiqucs abandonner leur poste dans de semblables circonslances, tandis que les prêtres catholiques tressaillaient de joie de pouvoir donner leur vie pour le salut de leurs frères. Aucun motif humain n'a donc pu porter les prêtres à inventer la confession.
S m. Troisième questitm.
Maïs eussent-ils voulu établir la confession , dites-moi , mon fils , quels moyens ils auraient pu employer? Trois se présentent à mon esprit : les richesses^ la force, la persuasion. Or , aucun n'a pu ctre employé , et l'eût-il été? n'aurait réussi à établir le dogme de la confession. Dira-t-oh ^ d'abord, que les prêtres ont employé l'argent pour faire adopter leur innovation? Et ne voyez-vous qu'avec de l'argent , on peut bien faire des émeutes, acheter l'approbation de quelques-uns et le sile-ncede
■^yv^J^A/vv^A/^J^/v^/^A/v^A/^A•^^^A/^/v^^
50 DïvmiTÈ
quelques atitrcs •, mais avec de l'argent on n'c< îablira jamais des convictions dans les esprits et des croyances dans les cœurs ; et pût-on îPcussir un instant, aussitôt que l'argent aurait été dissipé, les gens reviendraient naturellement à leurs anciennes opinions,
Prétendra-t-on que les prêtres ont employé la force ^ la violence pour faire adopter aux fidèles le dogme de la confession , qu'ils ont dit comme Mahomet : « Crois à ce que je te « dis , ou je te tue? » Mais s'il en était ainsi , nous aurions l'histoire des persécutions suscitées aux iidèles , et nous ne lisons rien de pareil dans l'histoire de l'Eglise. D'ailleurs la force et la violence n'établissent rien de stable, et cependant la confession subsiste depuis ] 800 ans , et elle subsiste malgré la force et la violence de ceux qui l'ont combattue et qui auraient voulu l'anéantir.
Enfin, dira-t-on que c'est par (a persuasion que les prêtres ont élabii îa coniession? Mais quel est l'homme assez éloquent pour persuader à tous les catholiques la divinité de la confession , si réellement elle n'était pas divine. Un semblable prodige est au-dessus de l'éloquence humaine , et s'il avait élc opéré , il faudrait tomber aux genoux de cet homme,
i.yv/\>^> /v.-'vy^^/vN/V^'
i^VAiA.A-ru^t
et le rcconnaîlrc pour Tcnvoyc du Seigneur. Ainsi, on ne peut pas raisonnablement soutenir que les prêtres aient employé des moyens humains pour propager le dogme de la concession.
S IV. Autres tpiesllons.
A ces trois questions, mon fils , ajoutons-en quelques autres qui feront encore mieux sen- Hir labsurdité de ceux qui prétendent que ce sont les prctrcs qui ont établi la confession. Je demande premièrement : Mais si ce sont les prêtres qui ont inventé la confession , pourquoi ne s'en sont-ils pas dispensés eux-mêmes? Ils auraient pu trouver mille raisons spécieuses pour autoriser cette exception. Il semble naturel que celui qui est juge des autres ne devienne pas accuse ; que celui qui donne aux autres l'absolution , puisse se la donner à soimême.
Et, cependant, il n'en est pas ainsi, les prêtres sont soumis , comme les simples fidc* les, à la loi de la confession. Apres avoir siégé sur le tribunal de la pénitence pour y porter des sentences 3 i^ sont ob) gés d** se pro^ter-
•'>-'^-Ay\rvA7\/',
'vy\/N A-y^..y^/> j-v/v^. A>*^^'»v^./^-y^ />,.A,/«..^r\ /N>»\y-v /^ '\ ^ .». i^.rv /-vy%>
5f2, DÏIVÎNÎTÉ
ner a leur iour aux pieds du mînistne de ié* sus-Clii ist , et de lui demander l'absolution. Non-seulement les prêtres se confessent, mais encore les évêques; ces premiers pasteurs ont une juridiction absolue dans leurs diocèses. Us donnent à leurs prêtres les pouvoirs les plus étendus ou les leur enlèvent à leur grc. Mais au milieu de leur grande puissance , ils ne sont pas dispensés de la confession , ils sont aussi obligés de se prosterner aux pieds du prêtre qu'ils ont approuvé pour y faire l'aveu de leurs fautes et en recevoir l'absolution.
Que dis-je, mon fils, les évêques? Le pape lui-même, dont la puissance spirituelle ne connaît d'autres bornes que celles de l'univers ; le pape , chef de l'Eglise , successeur de saint Pierre , le représentant de Jésus-Christ , celui qui tient» entre ses mains les clefs du royaume des cieux , lui aussi est obligé de descendre du haut de son trône pontifical , de déposer sa tiare et de faire l'aveu des fautes qui échappent à la fragilité humaine. Or, si les prêtres , les évêques , le souverain pontife se soumettent ainsi à la confession , n'est-ce pas une preuve évidcirte qu'ils sont convaincus de sa divinité?
,*^«!vvv^?vyv\ ^rv^
S Mais encore, mon lils, si les prêtres ont
s invente la confession , « pourquoi , dans un
> « grand nombre de prêtres , et parmi les s « plus instruils et les plus vertueux , une si !j c< grande crainte pour administrer le sacrc-
« ment de pénitence? » Les voyez-vous? Ils redoutent de se charger du soin des amcs , < ils s'excusent sur leur ignorance et leur incapacité ; ils prennent mille précautions pour disposer leurs pénitents à recevoir l'absolution. Souvent ils la refusent au péril de leur réputation , de leur repos, de leur vie même.
> Doii viennent tous ces sentiments? C'est qu'ils savent bien qu'au dessus d'eux est un juge suprême qui pèsera dans la balance de la justice les jugements qu'ils auront portés, un juge qui leur demandera compte de son sang , qui leur avait été confié dans l'administration de ce sacrement établi pour le salut du monde.
S V. Dernière question.
Enfin , si ce sont les prêtres qui ont inventé la confession , « pourquoi aucun d'eux « ne s'est rétracté à l'heure de la mort d'ace voir enseigné la divinité de la confession?»
S S4 tmmi
^ Je ne saîs , mon fils , si vous sentez la force de cette preuve ; à mes yeux elle est capable de convaincre tout esprit raisonnable. Si la confession n'est pas d'institution divine, il faut en conclure que tous les prêtres , cvcqucs, docteurs qui ont enseigné la divinité de la confession, sont ou des ignorants qui n'ont pas connu leur religion, ou des imposteurs qui, la connaissant, ont voulu en imposer aux fidèles.
Or, osercz-vous, mon cher ami , accuser d'ignorance ou d'imposture les Augustin , les Ambroisc, les François de Sales, les.Vincentde-Paul , les Fcnélon , les Bossuet , les Frayssinous , les Carron , et tant d'autres prêtres aussi distingués par leurs vertus que par leur science? Mais encore, si vous les supposez tous des imposteurs, comment se fait-il qu'aucun d'eux n'ait jamais rétracté ses erreurs à l'heure de ja mort? Car , à ce dernier moment, les illusions se dissipent, la conscience parle , et l'on a vu des milliers d'hérétiques, d'incrédules,, rétracter alors les impiétés, les erreurs qu'ils avaient enseignées. On les a vus fondre en larmes et demander pardon à grands cris du scandale qu'ils avaient donné. Les temps modernes
nous en ont fourni les exemples les plus frappants.
Or, avez-vous jamais vu un prêtre , 5 sa dernière heure , se repentir d'avoir enseigne le dogme de la eonfession ? Non , jo vous en délie, et pourquoi eela? C'est qu'en enseignant ee dogme il n'a enseigne que la vérité , et que sur le point de paraître devant Dieu on ne saurait être fiché de l'avoir cn^ soignée. Les prêtres ne sont done pas des imposteurs quand ils prêchent la nécessité de la eonfession ; elle a donc été établie de Dieu, elle est donc divine. Telle est la conclusion que vous devez tirer de tout ce que nous venions de dire.
KxenipICft
CONVERSION d'un JEUNE ^OMlll*
(Suite.)
A partir de cet instant , nous n'allons plus reconnaître Désiré; le vil homme , Thommc impie , l'homme des passions est anéanti en lui : il a fait place à l'homme nouveau , au doux et docile chrétien. Il était triste tout à l'heure, et il est joyeux, et ne sait comment exprimer sa joie : il était abattu, épuisé et mourant, il se sent animé d'une force ex-
ti aordînaîrcî. Il ne ferme pas FœU de la nuit ; il parle continuellement de sa joie, de son bonheur; il exige qu'on lui fasse réciter des prières.
On l'engage au silewce, au repos. — « Oh! cela •c va bien mieux, dit-il sans cesse; je ne suis pas •e fatigué; je suis trop heureux, je suis le plus « heureux des hommes, » — Le 20 juin, il se confesse de nouveau avec un profond sentiment de repentir. Dans le cours de la journée il témoigne plusieurs fois un ardent désir de la sainte communion : « Quand donc , disait-il, recevrai-je le bon « Dieu. » Le 21 au malin son confesseur lui annonce qu'il va lui donner le saint Viatique et Textréme-onction. Il demande ce que c*est que Textrême-onclion. Quand on le lui a expliqué, il est tout surpris que Dieu daigne le combler de tant de grâces ; il se fait répéler les articles de la foi , demande des explications et dit souvent : — « Ah! •c mon Dieu , que j'étais donc égaré; que j'étais ce malheureux de ne pas croire ce qui aujourd'hui m me paraît si facile à croire.»
Apres son action de grâce de la communion, il ne sait comment exprimer son bonheur; son cœur était si plein.— « Oh! que je suis riche,»— disaitil. Il s'arrêtait. — « Comment faire pour remercier « Dieu? Jamais je ne trouverai d'expression pour.. » — Il s'arrêtait, levait les yeux au ciel , et achevait en disant ; « pour lui témoigner ma reconnais» sance. » — Il eut le bonheur de recevoir le sacrement de confirmation. Monseigneur l'archevêque
^<WVI Afy^/vvvv^»«vVVVVH^»Mril«/vvwv^*v^•^^
ilf Pnri?; fut ndministrrr ce sncrcmcnt urtns In romnmnaulc de Stuulc-Cloliklc le 23 juin , et il daigna se transporter chez lui et le confirma.
Depuis ce moment sa ferveur parut s'augmenter; il ne parla plus que de Dieu et de la religion ; mais il en parlait d'une manière admirable et capable de faire croire que son esprit ne s'était occupe toulo sa vie que de ces sublimes objets. Il disait souvent: — « Je ne demande à Diçu que quelques jours de « ma vie , pour avoir des .souffrances à lui offrir « pour l'expiation de mes péchés , car je ne puis « presque pas le prier. » — 11 aurait prié sans cesse , si on ne l'en avait empêché. On avait été oblige d'exiger de lui qu'il demandât la permission quand il voulait prier , et il s'y soumettait avec la docilité d'un enfant.
Son amour pour Dieu lui fil de'sîrer ardemment de se consacrer à son service dans* u'i ordre religieux. 11 demanda et obtint la permission d'en faire le vœu dans le cas où Dieu le rappellerait à la vie. Il répétait souvent : — « Si Dieu veut m'ap- « pèlera lui, je suis résigné; mais s'il me rend « à la vie, je convertirai tous ceux que j'aime; je « convertirai mes amis. Si je suis curé de cam- « pagne il faudra que je convertisse ma paroisse , K si elle est impie. J'irai visiter les pauvres.»
S'il lui échappait une plainte, il regardait son crucifix et disait: — « Oh! comme mon Sauveur a
souffert, et c'est pourtant moi qui l'ai crucifié. « Ah! je ne me plaindrais plus ; il peut me faire
*t souffrir tout ce qu'il voudra; je ne me plaindrai < «. plus.» — Et cil joignant les mains: « — Par- c « donnez-moi , mon Dieu, j'ai encore péché , par- C t< donnez-moi. « — Et il fallait le rassurer bien \ vite. — « Que je serais heureux, disait-il un jour, c •c si Dieu m'accordait la grâce d'assister une fois à ^ « la messe, moi qui ai nié les sacrements, la divi- ^ « nité de Jésus-Christ, la religion tout entière; •t cela ferait voir que je suis dans d'autres scntit« ments; ce serait une réparation» Mais enfin, s'il « ne le veut pas, il lit dans mon cœur, et voit •c bien que je suis soumis à sa volonté.»
Il eut le bonheur de communier plusieurs fois depuis sa conversion» Il passa trois semaines jouiS' sant d'une grande liberté d'esprit, dans Texercice continuel de ses précieux sentiments. La quatrième semaine , qui fut la dernière de sa vie, il fut en proie au délire pendant plusieurs jours , et même pendant ces moments d'aberration, on voyait qu'il ëtaitoccupé d'idées religieuses. On l'entendait dire: c< Mes amis, mes amis, ils me disent tous qu'ils ont •c une religion.... le matérialisme.... le matéria- •c lisme,... Oh! il viendra un temps où les bom- « mes apprendront qu'ils ne sont pas seulement v sur la terre pour semer des épis.... Quels sont «< ceux qui ne croient pas à l'enfer?».. Oh! les ? « malheureux qui ne se convertiront pas.» • ^
Il recouvra sa raison îes deux derniers jours de ^ sa vie , et il les passa dans une union continuelle ^ avecDicu. Enfin, le 16 juillet, fcte de Notre-Dame- 5
^/v^yv^/^/^/W'^/v y-«^ •wv^A^'w^wV?
.y-\/\ A^. r\ /' r\ /v/>y v/\y*^/\/v/\y\y\-/VAV .A.rv/'va
du-Mont-Carmcl, il prononçait encore celle pricrcj '^
Ji'sus, Marie y Josrpfif je vous offre mon cœur., mon {■
esprit et ma vie, quand il pcrdil la connaissance, et J>
il rendit h son crcnleup cette amc qu'il avait corn- S
blcc de tant de grâces, pendant (|n'on offrait pour 'p
lui le divin sacrifice en l'honneur de Marie, refuge ,>
des pécheurs , pour la supplier de garder , jusqu'à j! sa dernioro heure, cet enfant de sa miséricorde. ( lIJanuel du Saint Cœur do Marie)
Cliapftro 4. <