‹ Venez à moi et je vous soulagerai, ou, Traité de la divinité de la confessionChapitre 13 sur 25 · Chapitre · texte numérisé non relu

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SEPTIÈHE PREUVE.

le témoignage Jes plilîsosoplics.

Les idées de protestantisme et de mépris pour la confession étaient tellement liées dans votre esprit , mon cher Thcopliile , que vous n'avez pas été médiocrement surpris eu voyant de quelle manière s'étaient expliqués, au sujet de la confession , les protestants les plus célèbres; votre étonnement, j'en suis sûr, sera plus grand encore , quand vous saurez que les philosophes eux-mcnes n'ont pu s'empcchcr de rendre hommage à la vérité, et

< loi iDinNITÉ l

? ont proclame rétablissement de la confession ,

comme une des plus belles institutions qu'il

soit possible d'imaginer ici-bas.

'^ S I. Marmontel et Rousseau.

Voîcî d'abord comment s'exprime Marmontel : « Quel préservatif pour les mœurs de Tadolescence 5 que Tusage et l'obligation d'aï- 1er tous les mois à confesse ! La pudeur de cet humble aveu de ses fautes les plus cachées en épargnerait peut-être un plus grand nombre que les motifs les plus saints (1) ? »

« Le secret de la confession , dit le même écrivain, n'est impénétrable que d'un côté... Si le pénitent s'aperçoit que celui qui l'entend abuse de son ministère , il a le droit de le dénoncer. Or, comment est-il arrivé qu'il ne se soit pas présenté un seul dénonciateur de ce genre de séduction (2). »

« Nos gouvernements modernes , dit J.-J.

§ ' (1) Mcmùh'cs de Marmontel , 1. 1 , 1. L

(2) Oplifion de Marmontel sur Ir, libre cxerciee des cultes. Mêin,^ t. 2^

ftE LA C0NFnS5T0!f. 105

Rousseau, doivent incontostablcniont nu rlirï'^ linnisinc leur plus solide autorité et leurs révolutions moins fré(iueulcs; il les a rendus eux-inéuies moins sjuiî^uinaires. Cela se prouve par le fait , en les eoniparant aux i^ouvcrnemenls anciens. La religion, mieux connue, écartant le I\mastime , a donné plus de douceur aux mœurs chrétiennes. Ce changemcn* n'est point Touvrage des lettres , car partout où elles ont brillé , Fliumanité n'en a pas été plus respectée; les cruautés des Athéniens, des Egyptiens, des empereurs de Rome , des Chinois , en font foi. Que d'oeuvres de miséricorde sont l'ouvrage de l'Evangile , « que de « restitutions, de réparations, la confession (( ne fait elle point faire chez les catholi- « ques(i). ? »

S II. Voltaire et Cérutti.

« n n'y a peut-être point d'établissement plus utile , dit Voltaire en parlant de la confession ; la plupart des hommes, quand ils sont tombés dans de grands crimes, en ont naturellement des remords ; s'il y a quelque

(1) Emile , t. 3 , 1. 4j. pe 4? , cdit. de Lecomte»

'■<rv^/^vrv^v^v'^,n.''SA/V^,^VVV%J^'V%-""^

<A/Wvx, i^t, ^-^l'^J-,

ÎÛ6 sbiviNiTi!

sliose qui les console sur la ferre; c'est de pouvoir être réconcilies avec Dieu et avec cux-mcnies (1). »

<c Les ennemis de l'Eglise romaine qui se sont élevés contre une institution si nécessaire (la confession) 5 semblent avoir uté aux hommes le plus grand frein qu'on puisse mettre à leurs crimes secrets (2). »

« La confession est une chose ec^îlente , un frein au crime, invente par l'antiquité la plus reculée. On se confessait dans la célébraiion de tous les anciens mystères. Nous avons imité et sanctifié cette sainte pratique : elle est très bonne pour engager les cœurs ulcérés de haine à pardonner, et pour faire rendre ce qui peut avoir été dérobé au prochain (o). »

Les paroles de Cérutti , mon fils , ce fou* gueux révolutionnaire 5 cet ardent ami de Mirabeau , ne sont pas moins remarquables ? « Inspirer l'horreur ou le repentir du crime , donner un frein à la scélératesse , un ûppui à l'innocence j réparer les déprédations du lar-

(1) Voltaire , Remarques sur Olympie^

(2) Voltaire , Annales sur l'Empire.

(3) Voltaire , Dictionnaire philosophique»

^./^j-\y\ r^.rvn^^^

l>r \X CONFESSION. 107

c!n , renouer les nœuds de la charité , cnlre- Icnir Taniour de la concorde , de la subordination , de la justice , de toutes les vertus ; déraciner des cœurs Thabiludc des désordres, de la désunion, de la révolte, de tous les vices \ être ainsi à la place de Dieu , et pour

§IIÏ. RaynaL

^ Vous n'ignorez pas, mon cher Théophile,

e jusqu*à quel point Raynal a porté la haine

^ contre le christianisme ; eh bien ! Raynal luî-

> même n'a pu s'empêcher de dire , dans son

:^ « Histoire philosophique des établissements et

^ (( du commerce des Européens dans les deux

^ « Indes :

s « A Fexemple des incas (seigneurs du Pé-

s rou) , les jésuites avaient établi ( au Paraguay)

l (1) V. Nonoltc, Dietiannaîre anti'phiUaophîque^

<5 art. confession»

î; le bien des hommes , le juge des consciences,

s le censeur des passions; c'est ce qui fait de ^

S l'emploi d'un confesseur un des emplois les

s plus propres à maintenir les mœurs, et par la

i un des plus conformes à l'intérêt public {]). »

le gouvernement tlicocratique , maïs avec un avantage particulier à la religion chrétienne 5 c'était la confession. Dans le Paraguay , elle conduisait le coupable aux pieds du magistrat. C'est là que , loin de pallier son crime , le repentir le lui faisait aggraver. Au lieu d'éluder sa peine , il venait la demander à genoux. Plus elle était sévère et publique , plus elle rendait le calme à sa conscience. Ainsi le châtiment qui 5 partout ailleurs , effraie les coupables, faisait ici leur consolation , en étouffant les remords par l'expiation (1). »

« Le meilleur des gouvernements, dit le même philosophe , serait une théocratie où Von établirait le tribunal de la confession , s'il était toujours dirigé par des hommes vertueux (2). »

§ IV. Les SamtS'Smomens*

n n'est pas jusqu'aux Saints-Simoniens qui ne se soient déclarés en faveur de la confession ! Voici, mon fds, ce qu'on a lu dans le journal dépositaire de leurs pensées (5). l

(1) Histoîî^e philosophique , t. 2 1 édition de Ge- ^ nève. ^

(2) Ibid., t. 2. ^ C3) Le Globe, 6 février 1833. |

A LA CONFESSION. i09

« Oh! ce devait otic une grande consolation pour le coupable, une grande joie pour rinnoccnt , (pie de savjair à cpii ouvrir son cœur, de venir montrer ses plaies ou couler ses maux , et d être sur de trouver toujours un médecin , un consolateur, un ami ! Qui n a pas quelquefois dans sa vie éprouvé le charme d'une douce indiscrétion , le besoin impérieux de pencher son ame vers celle d'un autre pour y verser un secret? Qui n'a point désiré d'être mollement sollicité sur ce point , et n'a remercié de sa tendre curiosité , comme il'un service , Fami qui , lui prenant h ^\:?i\ , est venu lui dire : « Qu'as-tu donc ? »

(( Et quelle différence , quand ce besoin satisfait avait tout Thonneur d'un devoir rempli , quand c'était l'Eglise qui venait dire , au nom de Dieu , ces mots d'intérêt et de sympa tliie au pécneyr, quand la confidence prenait le caractèrfc religieux^ et se changeait en confession I Or, si du pécheur nous passons au criminel , de la faute au forfait , du regret îui remords , voyez-vous s'accroître , en pro- -t^ortion de l'horreur du mal , le prix du remède , et le sacrement rédempteur briller

lie flamme vramient céleste vis à vis du feu

enfer ? Quels termes pour peindre ce aue

410 • r ©ivraiit

devait sentir un homme en proie à sa conscience , et dont le supplice cessait tout d'un coup 5 à qui l'écho cessait de jeter des bruits sinistres, à qui les murs cessaient démontrer des mots accusateurs , et qui se retrouvait encore pur comme au jour de son baptême , plein d'espérance et sans pénible souvenir ! tout cela 5 pourvu qu'il eût pleuré ! »

1 Quelle chose c'était que le baptême de larmes , comme l'Eglise Fa nommé ! Quel encouragement aux bons ! quel frein aux méchants, qui, autrement, pour étouffer leurs remords, n'auraient eu d'autre ressouice que de nouveaux attentats ! Comment se résoudre à penser que c'en est fait à jamais de cette douce croyance à la rémission des fautes pour le coupable qui les avoue et qui s'en repcnt ? Non j non : cette idée n'est pas morte dans les cœurs , il ne faut que l'y réchauffer. »

Non 5 sans doute , elle n'est pas morte , cette douce croyance 5 elle vit avec le catholicisme, invariable et consolante comme tous ses dogmes.

i»wv%A/vyvy^ikft

S VL lord Syron,

Aces témoignages Tiens pouvons en njontct un autre qui ne sein pas suspect , celui de lord Byron , ce poète si célèbre par son scepticisme décourageant. Byroo , entraîné par son génie, rend au catholicisme un hommage d'autant plus éclatant , qu'il était entouré d'hommes plus impies encore peut-être.

« C'est , dit-il , mon désir que ma fille Al- « légra soit catholique romaine , c'est là la (( religion que je tiens pour la meilleure, a comme elle est sans contredit la plus ance cienne des diverses branches du christia- « nisme(l).

« Je ne suis pas ennemi de la religion , ditce il encore , en revenant sur le même sujet : c( au contraire , la preuve en est , que j'élève c( ma fille en bonne catholique dans un couce vent de la Romagne, car je crois que l'on ce ne peut avoir assez de religion, ... Je penche c< beaucoup en faveur des doctrines catluv

(1) Mémoires sur la vîc de lord Byron , par Thomas Moore. Lettre 417 à Hoppner.

412 DTVÎNITÉ

Uqncs [i], » Donc il penchait beaucoup en fa- "veur de la confession , qui est une des pratiques les plus nécessaires et les plus universelles du calliolicisine.

§ VIL Opinion de Châtêmbriand.

Pour donner une nouvelle force aux aveux de tous ces philosophes , nous citerons ici le sentiment de l'illustre auteur du Génie du Christianisme.

a La confession suit le baptême, et l'Eglise, avec une prudence qu'elle seule possède , a fixé répoquc de la confession à l'agc où l'idée du crime peut être conçue : il est certain qu'à sept ans l'enfant a les notions du bien et du maL Tous les hommes , les philosophes mêmes , quelles qu'aient été d'ailleurs leurs opinions , ont regardé le sacrement de pénitence comme ce une des plus fortes barrières « contre le vice , et comme le chef-d'œuvre « de la sagesse. » — « Que de restitutions , de réparations , dit Rousseau , la confession ne fait-elle point faire chez les catholiques ! » Selon Voltaire , « la cop^ession est une chose

(1) Tbid,^ 471 Lettre à Thomas Moorc.

DE LA CONFES^^tOlf.' 115

\rcû excellente, un frein au erimc , inventé dans Vimiiqaiié la plus reculée ; on se confessait dans la céléhnuion de tous les anciens mystères. Nous avons imité et sanctifié cette sage coutume : elle est très bonne pour engager les cœurs ulcérés de haine à pardonner. »

Sans cette institution salutaire , le coupable tomberait dans le désespoir; dans quel sein décliargerait-il le poids de son cœur ? seraitce dans celui d'un ami ? Eh ! qui peut compter sur Tamitié des hommes ? Prcndra-t-il les déserts pour confidents ? Les déserts retentissent toujours pour le crime du bruit de ces trompettes que le parricide Néron croyait ouïr autour du tombeau de sa mère. Quand la nature et les hommes son! impitoyables , il est bien touchant de trouver un Dieu prêt à pardonner : il n'appartenait qu'à la religion chrétienne d'avoir fait deux sœurs de l'innocence et du repentir {i).

Et n'allez pas croire , mo« cher Théophile , que les philosophes , en parlant de la confession , se soient bornés à une admiration stérile et purement spéculative : presque tous se sont confessés , au moins à la mort , ce qui

(1) Génie du Chn9tianismM^

\y\/\j\rif^^\. ik/vrv

prouve que , tout en vomissant mille blasphèmes contre la religion de Jésus-Christ , ils n'avaient fait que s'ctourdir, et n'étaient point parvenus jusqu'à arracher de leur cœur la foi catholique.

Ainsi nous allons vous montrer par les exemples suivants que , parmi les philosophes, un grand nomhrc , après avoir attaqué le dogme de la confession pendant la vie , se sont confessés à la mort. Quel préjugé en faveur de la confession , quand bien même sa nécessité et sa divinité ne seraient pas démontrées par les preuves les plus fortes et les plus nombreuses!...

ExeM^pleSi

1* taMettriCf médecîn et littérateur trop fameus par ses égarements et ses désolantes doctrines, se voyant à rextrémité, s*oecupa à détester Tabsurde philosophie qui l'avait jeté dans les plus monstrueux excès. 11 désavoua publiquement toutes ses erreurs, fit venir un prêtre , se confessa, et voulut constater son repentir par des preuves non équivoques. L'approche de sa dernière heure lui fit comprendre que le triste honneur de mourir dans Fimpicté ne valait pas le sacrifice des espérances

»VVVrv^./%<r\/vVV-v/

\ DE tA CONn-SSÎON,' il 5

*> fini lui restnicnl df*. flt'diir la colère de Dieu. Il S mourut à Berlin, en 1751 (1).

> 2. Le comte de BoulainvUUerê^ nutcur de plii-

> sicurî^ ouvrages remplis do sarcasmes contre la rc- <| ligion et do m;\ximcs anti-chrctienncs , mourut le ^ 23 janvier 1722, après avoir reçu les sacrements c de pénitence et d'cncliaristie avec beaucoup de con- <. naissance et de pieté , et son confesseur assura <^ qu'il avait peu vu, dans l'exercice de son ministère, ^ de personnes mieux disposées. <î

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