Montesquieu^ qui , dans plusieurs de ses ou
(I) M-JIanç^cj de philGio^Uie ^ par MM, Picot et de Boulogne, t. 4.
^ vrages , porte fort loin la liberté de penser en ma- ïj
S lière de religion, montra, à la mort , les disposi- ^.
s lions les plus édifiantes. Son confesseur, le P. <
^ Roullï, a donné une relation de ses derniersmo» c;
^ ments; on ne saurait la lire sans être édifié et at- <
l Icndri. Montesquieu mourut à Paris, en 1755. ^
^ 4. Du Marsais^ ( mort le 11 juin 1756), après ^
? avoir publié plusieurs ouvrages, où il ne chercha ^
^ pas même à déguiser sa haine contre la religion, ^
^ voulut recevoir les derniers sacrements, et tint au ^
? prêtre qui les lui administra un disco&rs qui an- *>
\ nonçait et la vivacité de sa foi et l'amertume de son repentir.
5. Maupertuîs , savant astronome et membre de l'Académie des sciences, a émis dans ses ouvrages des opinions qui favorisent le matérialisme. Se voyant près de sa fm , il rentra en lui-même , se
H6 ôiVîNîTÊ :;
confessa, et mourut à Bâlc , en 1759, entre deux <
religieux qu'il avait appelés près de lui dans ses <
derniers moments. <
G. Fontenelle , un des fondalçurs de recelé phi- j
losophiquc , mourut à Paris, le 11 janvier 1757, $
danslcs dispositions les plus religieuses, Iclcr jan- ^
vier, sans se trouver plus mai qu'à l'ordinaire , il S
avait de lui-même demande les sacrements et les S
avait reçus avec une parfaite connaissance. ^
1, Boulanger^ auteur de V Antiquité dcvoilêc^wn '?
des ouvrages les plus dangereux et les plus impies \
qui aient clé publiés dans le dernier siècle, tcmoi- \ gna au lit de la mort, les remords les plus vifs. Il eut plusieurs entretiens avec M. Lambert, chanoine de Saint-Honorc , et déposa entre les mains de ce vertueux ecclésiastiaue les témoignages de sa douleur et de son repentir* îl moui*ut le 16 septembre 1759.
8, Le marquis cZ'/^/rp'çns (mort en 1771.) Cet écrivain si connu par son incrédulité déclarée, étant ^ tombé malade chez une de ses sœurs, en Provence, <^
> commença en cet état à se défier des sentiments c.
> qu'il avait montrés jusqu'alors. Il se convainquit, < b dans des conversations sérieuses , de la religion, et <\ y le président d'Eguillcs, son frère, aimait à racon- r ^ ter comment cet impie si présomptueux, s'humilia <
enfin. Il montra beaucoup de repentir, se confessa, c
et en mourant, n priait ïe prêtre qui l'assistait de ?
\m suggérer les sentiments et les prières qui de- <
DE LA CONFESSIOÎ^. il
valent rocciipor dans ce terrible passogc du Icmpfl u rctcrnilc (1).
9. Toifs^nint) antourdu livre dos Mœio-.'i , le premier ouvrage , dit la Harpe, où l'on se soit propose un plan de morale naturelle, indépendant de toute croyance relii;ieusc et de tout eultc extérieur. Toussaint manifesta le plus grand repentir dans la maladie dont il mourut, en 1788, condamna hautement le scandale de sa conduite et de ses écrits, cl reçut les derniers sacrements avec toutes les marques d'une grande piété. Le jour même de sa mort, il fit venir ses amis, et, en leur présence, il adressa le discours suivant à son fils, alors âgé de quinze à seize ans : « Mon fils, écoutez et retenez ce que je vais vous dire : Je vais paraître devant Dieu, et lui rendre compte de toute ma vie ; je l'ai beaucoup offensé, et j'ai grand besoin d'en obtenir miséricorde... Je vous ai scandalisé par une conduite trop peu religieuse,et par des maximes beaucoup trop mondaines : me le pardonnez-vous ? ferez-vous ce qu'il faut pour que Dieu me le pardonne ; arrivercz-vous de vous-même à d'autres principes que ceux que je vous ai donnés? Ecoutez bien, mon fils, les leçons tardives que je vous donne en ce moment : J'atteste le Dieu que je vais recevoir et devant qui je vais paraître, que si j'ai paru peu chrétien dans mes actions, dans mes discours, dans mes écrits, ce n'a jamais été par conviction 5 ce n'a
[\) Mclangct philosoj^hiaiieif i. 4?
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s il8 DIVINITÉ
étc que par Mspcct humain , pur vanité , et pour !?
plaire h telles et telles personnes. Mettez-vous à ^
genoux, mon fils, joignez vos prières à celles des ^
personnes qui m'entendent et qui vous voient ; pro- c:
mettez à Dieu que vous profiterez de mes dernières ^
leçons, et conjurez-le de me pardonner (1).' ^ \