Bouguer, profond géomètre et membre de
l'Académie royale des sciences , à la mort duquel ^
d'Âlembert ne put s'empêcher de dire : IVou» ve- <
nous de perdre la meilleure tête de t Académie^ Bon- ) guer avait eu le malheur de laisser éteindre dans . >
son cœur le flambeau de la foi. Vers la fin de sa ^
vie, la curiosité l'ayant amené aux discours que le c'
père Laberthonie , dominicain , prêchait avec le plus ^
grand éclat contre les incrédules . dans les princi- ^
pales chaires de la capitale, il y trouva le terme et ^^
> le remède de ses erreurs. Il se confessa, et avant <^ J de commencer sa confession, il dévoila en présence ^ ■p de plusieurs personnes, le secret motif qui l'avait î>
> entraîné dans le parti de riuerédulité : « Je n'ai ^ ^ été incrédule, que parce que j'ai été corrompu, s'é- 5 ? cria-t-il dans l'amertume de son ame ; a/ions au plus ^
> pressé , mon père , cest mon cœur encore plus que "> mon esprit qui a besoin d'être guéri,» Sa conversion S fut aussi sincère que solide , et une mort chré- 5 ticune et édifiante, arrivée au mois d'août 1758f, ^ couronna cet heureux changement (2). ^
{\) Thihaalt, Mes souvenirs de vingt ans,
0 Relation de la conversion et de la mort de M, Bouguer»
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.#E LA CONFESSIOIf . 4 19
1 J . Bu/Ion, que ses systèmes avaient fait classer dans lùîiste des philosophes, montra dans ses derniers moments les sonlimenls les plus rch'gicux. Il se confessa au père Ignace BougauU, capucin, curé de Buflfon et son ami , qui était venu à Paris sur la nouvelle de sa maladie, et il reçut les sacrements en présence de plusieurs personnes (en 17ft8).
12. Le comte de Trcssan, ami de Voltaire et atrtcur do plusieurs ouvrages dans lesquels il émet des sentiments tout-à-fait anti-chrclicns, reçut les sacrements huit jours avant sa mort, en 1783, avec toute rédification possible. D'Alembcrt ayant appris qu'il avait vu plusieurs fois un ecclésiastique, vint l'avertir qu'on répandait dans le monde des bruits qui dcshonornicntson caractère. M. deTressan reçut cet avertissement avec l'indignation la plus énergique. D'Alembert se retira confas 9 et laissa en paix le vieillard mourant (1).
13. DeLaiigîe^ auteur de plusieurs ouvrages impies, et entre autres d'un Voyage en Espagne^ où presque à chaque page , il insulte à la religion , et n'en parle qu'avec le ton de l'emportement ou avec raccent d'un mépris affecté, — étant tombé malade dans l'automne de 1807 , commença à sentir les alarmes d'une conscience inquiète sur le passé et tremblante sur l'avenir. Il témoigna le désir devoir un ministre de la religion, et il accueillit avec joie un ecclésiastique pieux et éclairé qui se chargea
(t) Suite des Souvenirs de Fsïi'c^e, par ini3ime de Cenlis»
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^ de rentrctônîr et de le conso'er. Ses entretiens firent une vive impression sur l'esprit de 31. de Lan* gic ; il travailla sérieusement à mettre sa conscience en repos, et mourut dans les dispositions les plus chrétiennes, au mois d'octobre 1807, réconcilie
< avec Dieu et avec lui-même, purge et fortifié par ^ la réception de5 sacrements, et donnant toutes les < (] marques d'un sincère repentir (1 J <
< 14. Robinet y auteur deTouvrafffk mlitulé : Do la < c; Nature^ dans lequel il émet Jqo opinions les plus ? <J singulières, les plus hardies c% le plus paradoxales c îj sur Dieu et ses attributs, sur Tame, sur la matière, ^ cj etc., eut le bonheur d'être ramené à la religion, ^ c! et publia plusieurs mois avant sa mort la déclara- < c tion suivante : « Près de rendre compte à Dieu de < ij mes pensées, paroles et actions, je rétracte sincc- < c^ ?ement et publiquement ce qu'il y a d'hétérodoxe c r et de répréhensible dans quelques livres que j'ai ^ ^ faits par ignorance, déraison, inadvertance ou au-
(^ trcment, soit dans ma jeunesse, soit dans le temps <
î! do la révolution, et j*en demande humblement par- ^
c^ don à Dieu et aux hommes. Je déclare vivre et mou- S^
rir dans le sein de l'Eglise catholique, apostolique
^ et romaine, en communion avec le souverain pon- (^
? tife et les évêqves légitimement institués par lui.» î^
^ Non content de cette déclaration , Robinet rcnou- J;
^ vcir sa profession de foi lorsqu'il reçut les derniers ^
'vn^VVN^
».^^/*^ a^^tn/s; #
J Sftpromcnls. 11 mourut à Rennes, le 24 mars 1820, ^
S dans les senliiucnls les plus chrclicns et les plus S
^ cilifianls (1). ?
îj 15. NafioUon^ qui, dans les jours de sa gloire, ^
î> faisait consister toute 52 religion à assister à une S
S messe en musique les jours de dimanclics et de fc- .•
S les, Napoléon, captif à Sainte-lïclène, commença à ;
\ penser aux devoirs religieux. Son amc sortant cn-
S fin d'un trop long assoupissement, cessa d'être Ler-
S ode des réves d'une gloire et d'une grandeur cva-
S nouies à jamais. Il lut avec intérêt plusieurs ou-
^ vragcs sur la religion, et cntr'autres, l'Essai sur la
S dîviîie autorité du lYouvoau Testament, par David
^ Bogue. Il fit venir d'Italie un prêtre catholique ,
cj Tabbé Bonaviso ; et le savant docteur Antomarclii,
cj alors à Sainle-IIclcnc , actuellement à Paris, tient
\ pour certain que rcx-empereur, dans ses derniers
^ moments, réclama et reçut les secours spirituels
^ de la part de son aumônier (2),
^ C'est ce qu'atteste également le générel Mon-
^ tholon dans une de ses lettres : « je sois heureux ,
^ me dit Napoléon, après avoir reçu rExtrême-Onc-
? tion, JE SUIS iiEunEux d'avoir rempli mes devoirs, je
^ vous souhaite, général, à votre mort, le même
> bonheur. J'en avais besoin... Je n'ai point pratique
? sur le trône, parce que la puissance étourdit les
^ hommes , mais fai toujours eu la foi : le son des
(I) VÀmîâe la Religion, t. 24, p. 5G7. ,2) Histoire des Confesseurs d:s /îc't, p. 409.
i22 DIVINITÉ
cloches me fait plaisir, et la vue du prêtre m'émeut. Je voulais faire un mystère de tout ceci , mais c'est de la faiblesse. Je veux rendre gloire à Dieu ; général , donnez des ordres pour qu*on dresse un autel dans la chambre voisine , on y exposera le Saint-Sacrement. Je doute qu'il plaise à Dieu de me rendre la santé , mais je veux l'implorer. Vous ferez dire des prières des quarante» heures. Puis se ravisant, Tempcreur dit : Noît pourquoi vous charger de cette responsabilité ? ol. dirait que c'est vous , noble gentilhomme , qui avez tout commandé de votre chef. Je veux donner les ordres moi-même. »
( Mort d*un enfant impie , eî mort chrétienne de JVapoléon, par le chevalier de Beauternc.)
16. Le général Bertrand. Nous avons eu la consolation d'apprendre que riliustre général Bertrand , fidèle au grand exemple qu'il avait reçu à Sainte-Hélène , n'a pas voulu mourir sans recevoir les secours de la religion. Il a noblement couronné sa loyale vie , en donnant à ses contemporains celte noble leçon de plus. Il n'avait point rougi du malheur^ il rCa pas rougi de Dieu , et les derniers moments , pendant lesquels il pouvait jouir de la gloire humaine, lui ont servi, nous avons tout lieu de l'espérer, à enquérir une gloire qui ne finira jamais.
(Journal de VUniverêj*
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DEUXIÈrilE PARTIE.
EFFETS DIVINS DE Ik CONFESSION-
Ccstpar leurs fruits, dit Jésus-CIirisi en parlant des faux docteurs, que vous hSy connaîtrez. Cette maxime pleine de sagesse est fondée sur la nature même des choses. Car, ajoute le Sauveur, un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits , et un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits. Or, cette règle doit s'appliquer non seulement aux hommes et aux autres êtres physiques, mais encore aux