LA PURGATION ANNUELLE
Un hoaime faisant voyage passa par une ville où demeurait un de ses anciens amis. Il alla le voir. Il se flattait de passer agréablement avec lui le reste du jour, mais il le trouva dans un triste clat. Cet homme , qui n'était pas fort âge , miné par des soulTrances habituelles, avait singulièrement vieilli depuis quelques années, en sorte que son ami eut peine à le reconnaître.
Je ne m'attendais pas , lui dit ceîui-ei , à u'fi pareil spectacle. Je vois avec un sensible déplaisir que votre santé est fort altérée. Mais il ne faut pas désespérer de la guérison. Si les médecins de votre pairie ne sont pas assez habiles à votre gré, il faut en consulter d'autres. Quel régime avez-vous observé depuis que votre santé a commencé à se déranger? — Aucun. — Comment, aucun! Quoi! vous n'avez point fait de remèdes ? — Excusez-moi : tous les ans je prends une médecine*— Voilà tout? — Assurément. C'est encore beaucoup, et je n'ai pas peu de peine à m'y déterminer.
Je ne suis pas surpris de vous voir réduit à cet étal do langueur et de souffrance. Comment voules-
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vous qnc dos purgalions séparées l*iino de Tniilre par une année entière puissenl o[)ércr volrc gucrison ? Il fallait , des les commencements , faire une suite de remèdes, qui s*appuyant pour ainsi dire , l'un l'autre, et atlaquant de concert le principe du mal, aurait pu le détruire , et vous rendre la santé. Il fallait ensuite , pour prévenir les rechutes, vous faire une règle de vous purger de temps en temps dans le cours de l'année, et vous assujettir à un ccr tain régime. Faute de ces sages précautions , la maladie a fait des progrès continuels ; elle s'est , pour ainsi dire, enracinée dans votre corps, et votre état devient de jour en jour plus périlleux. Cependant il est peut-cire encore temps de recourir aux remèdes : mais il n'y en a point à perdre ; et dès aujourd'hui , dès ce moment , il faut faire venir le meilleur médecin de voire ville , et vous remettre entre ses mains. — Je sens que vous avez raison , mon ami ; cependant je ne suivrai pas votre conseil. Je prendrai à l'ordinaire, u:ie médecine chaque année tandis que je vivrai , et rien de plus. C'est mon usage ^ ccst ma coutume; je n'en chcmgerai pobit.
Mon fils , que pensez-rous de cet homme ? Trouvez-vous sa conduite bien sensée? Vous me répondrez sans doute qu'elle vous paraît, au contraire, fort déraisonnable. Vous en jugez bien. Cependant sachez que la plupart des chrétiens se comportent précisément de la même manière. Prenons-en un pour exemple.
Cet homme vit depuis nombre d'années dans Télyl le plus dangereux pour le salut : il est dominé
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par une passion qui chaque jour jette de plus pro. fondes racines dans son cœur , et qui le souille d'une multitude de pécKcs : il languit , il dépérit; toute la vigueur de son âmcs'anéanlil. Il aurait dii, dès le commencement de cette funeste passion , recourir au remède de la pénitence, se mellre entre les mains d'un directeur éclairé., et pratiquer exactement tout ce qu'il lui aurait prescrit pour arrêter les progrès du mal. Il aurait dû ensuite , et il devrait encore actuellement, pour ne pas s'exposer au danger des rechutes , faire un fréquent usage des sacrements de pénitence etd'eucharislie, préservatifs souverains contre le péché. Mais ce n'est pas là son système. Il se confesse une fois chaque an7iée pour faire sespâques, et il s*en tient là. En vain lui rcprésenterez-vous que des confessions aussi éloignées l'une de l'autre ne peuvent pas remédier eflicacement aux maux de son âme; que. tandis qu'il n*usera pas plus souvent des secours que l'Eglise lui offre dans ses sacrements , ses mauvaises habitudes ne feront que se fortifier, au lieu de s'affaiblir; et que l'état d'infirmité spirituelle oiî il languit deviendra de jour en jour plus désespéré : il vous répondra tranquillement que «a coutume est de 71 approcher des sacrements qu'à Pâques, qu*il ne changerapas. Quelle folie ! n'imitez pas cet insensé, et confessez-vous souvent si vous désirez persévérer dans la ▼crtu , et mourir dans la paix du Seigneur.
i^Paraholes du P, Glrmidcau,)
DK ;-\ co:u<^Ȕ:ssr()N.
TETTHE D UN UOI DR CONGO.
Le Icr septembre Ï817 , don Garcias V, roi de Congo, écrivit do sa propre main au supérieur des missionnaires de Saint-Paul de Loanda. Dans sa lettre, où se trouve l'empreinte d'unn vertu naïve, d'une piélé sincère et tendre, il manifeste la douleur causée par la piivation de? secours religieux. Les NOBLES , les puincls cl LUI spécialement , ydmissent de ne pouvoir se confesser et recevoir ks sacrements; en conséquence, il conjure le supérieur des missions d? venir ou de lui envoyer sans délai des spirituels; car il veut se confesser^ et procurer à son peuple les avantages du ministère pastoral. ^Histoire des Confesseurs des rois , p. 253.)