‹ VeniseChapitre 30 sur 69 · TULLIO ET ANTONIO LOMBARDO · texte numérisé non relu

TULLIO ET ANTONIO LOMBARDO

pelle celui de San Zaccaria et contre lequel est plaqué le lion chargé de rappeler encore que la scuola est dédiée à Saint-Marc. Encore qu’il soit à une bien petite échelle, le dessin que nous donnons ici est assez spirituellement exécuté pour qu’on devine ce qu il y a de grâce noble dans ce bel ensemble. L’intérieur est à la hauteur de ce que promet une telle entrée; les escaliers, les salles, leurs plafonds sont aussi bien conçus qu’exécutés; les frises courent sveltes, légères, pleines de finesse; les combinaisons géométriques, qui ont fourni tant de ressources aux Lombardi, sont agencées avec une souplesse et une rare fécondité. Ce n est plus la sobriété de Fra Giocondo à la maison des seigneurs de Vérone; mais, après ce monument et les Miracoh, de tout le territoire de Venise c’est peut-être le plus exquis et le plus rare.

San Zaccaria, où repose l’illustre Alessandro Vittoria, une des plus belles églises de Venise, est attribué par Temanza à Martino, et Selvatico fait observer qu’il ne peut pas souscrire à cette assertion en raison des dates; mais, si on visite cette église, on comprend vite que la différence de style évidente entre l’intérieur et la façade prouve que cette dernière est postérieure. Si l’arc plein cintre de la Renaissance est adopté pour l’architecture du premier ordre à l’intérieur, les voûtes reposent sur des arcs en ogive, et cette forme coïncide avec la date de la construction, 1456, tandis que le parti pris de la façade accuse hautement la façon des Lombardi et porte la date de la première moitié du seizième siècle. Il n’y a pas à douter, selon nous, que celui qui a donné le dessin de la scuola di San Marco soit 1 auteur de la belle façade de San Zaccaria. Ces frontons en arcs, riches de relief et de moulures, ces surfaces plates, sans jours, décorées de panneaux d’une belle proportion, la sobriété elegante de l’ornementation, la fantaisie dans les chapiteaux et les combinaisons des formes géométriques précieusement agencées, tout accuse la main des Lombardi, et parmi les Lombardi celle de Martino.

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