du Louvre, 1 une
salle italienne
des toiles peintes à la cour du sultan, la Réception d’un Ambassadeur, qm emprunte un réel intérêt à cette circonstance du voyage de l'artiste en Onent.
LA PEINTURE
Il faut ici ne point s’attarder aux subdivisions, étudier les chefs d’école, laisser dans l’ombre tout ce qui n’a pas une note très-personnelle et n’a pas fait faire un pas à l’art véniüen. On ne s’attendra donc pas à nous voir nous arrêter sur ces hommes d’un talent considérable qm ne sont que les élèves des initiateurs, mais dont les œuvres cependant remplissent les musées et frappent la foule, qui ne sait pas que le genre fut inventé par tel ou tel artiste,
est le lot d’un plus grand nombre. Nou^saiT 16 '" 6 ^ ^ arUS6S ^ génie ’ tandis que le ta très , de suivre r °ns, ans notre nomenclature rapide des p
gique, en disant IOANES’BAPTISTA'CONFC T A A lordrechron
cun d’eux a joué dans l’école. Les Vivarini et à 1 . le rôle <I ue ’
fondateurs ; Carlo Crivelli est du même te, sec onde période, Giovanni Bellini, son le Carpaccio, Cima da Conegliano et ^00^!^ ^ Viennent Marco Basaiti, Mor<
son calme et sa profondeur- mais il m ^ arC ° n1, Clma Procède de Bellini ; il a sa te
grave plus sûrement et peint d’un pinceau plus sec; il
L’ÉCOLE VÉNITIENNE
superbe dans le pli, il fait riche et grand, et il va plus loin que la plupart des Vénitiens dans la
La Madone et les six Saints. — Tableau de Giovanni Bellini (Académie de Venise).
puissance de l’expression. Ses fonds, qui la plupart du temps représentent sa ville natale, sont
LA PEINTURE
très-exprimés , très-colorés et d’une exactitude minutieuse qui rappelle les fonds de Van Eyck.
Le Carpaccio naît vers 1455; il est donc contemporain des Bellini, mais il leur survit; sa vie est absolument ignorée. Le grand biographe italien Vasari, celui auquel on doit toujours recourir lorsqu’il s’agit de produire des ‘témoignages sur les maîtres de l’Italie, ignorait même son vrai nom et l’appelait Scarpaccia. Ses œuvres très-écrites, souvent bien conservées, signées d’une façon apparente, permettent de le suivre depuis 1490 jusqu’en 1522. Les musées de l’Europe sont très-pauvres en tableaux de ce maître ; mais l’Académie de Venise contient de nombreux ouvrages de lui, et c’est là qu’il faut l’étudier. La réunion de ses compositions constitue la plus admirable et la plus authentique des sources de renseignements sur le côté extérieur du quinzième siècle à Venise. Il a peint
une suite de neuf grands tableaux qui représentent la vie de sainte Ursule; nous reproduisons ici l’un de ces épisodes, les Ambassadeurs du roi dAngleterre venant demander au roi Deonato, pere d’Ursule, la main de sa fille pour le fils de leur roi. C’est déjà un art avancé, et la naïveté qui inspire l’artiste n’exclut pas un grand goût dans la composition ; mais ce qui touche surtout dans le Carpaccio, c’est sa foi, son cœur, le don qu’il a d’être ému et d’émouvoir, la vérité et la profondeur de l’expression, la sincérité inouïe du peintre qui devait être une âme exquise de tendresse, un être plein de chaleur et de bonté.
Personne ne va plus loin que lui dans l’impression qu’il vous laisse ; seuls, quelques Florentins de son époque et Fra Beato Angelico dans 1 admirable couvent de Florence où il a peint ses meilleures œuvres^peuvent l’atteindre ou le
Vittore Carpaccio. (Venise, i455-i525.)
L’ÉCOLE VÉNITIENNE
surpasser. Son action, comme peintre, ne s’exerce point toujours dans le domaine religieux, mais c’est là justement son caractère; il est pieux, même dans la représentation d’une scène banale ou d’un caractère indifférent; il est naïf et vrai, tout entier à ce qu’il peint, et, par la profondeur et la vérité de l’expression, il arrive à une telle intensité qu’il reste, — même quand on a été ébloui par ces magiciens qui vont lui succéder, — la grande impression du voyageur qui étudie l’école vénitienne et en compare pour la première fois les éléments variés. Carpaccio peint d’une façon sèche; c’est une âme, ce n’est pas une main; il est bien de son temps; il ignore encore les ressources de la perspective, et les temples de ses fonds
Hérodiade. — Tableau du Giorgione.
avancent sur les premiers plans. Malgré l’exactitude des lignes au point de vue du dessin, il n’a ni beaucoup d’air ni beaucoup de profondeur, mais personne à Venise n’a mieux incarné en soi l’époque dans laquelle il a vécu. Nous connaissons quelques œuvres de Carpaccio dans des galeries particulières de Venise; les églises en possèdent aussi un certain nombre; une entre autres figure aux Greci, très-curieuse au point de vue d’un intérieur du quinzième siècle. Une toile fort bizarre, mais intéressante comme un document, se voit au musée Correr de Venise, représentant des courtisanes vénitiennes sur leur terrasse. Le chef-d œuvre du maître, la Présentation de Jésus au Temple, est aussi à l’Académie, et 1 artiste est repr senté au Louvre par la Prédication de saint Étienne à Jérusalem, œuvre assez faible et qui ne donne pas une idée juste d’un aussi admirable peintre.
LA PEINTURE
Un homme va venir après les Bellini et le Carpaccio, qui dégagera encore plus hardiment l’école des influences voisines, lui révélera sa voie véritable, affirmera ses tendances nationales, et saura les résumer dans une forme chaude et voluptueuse, pleine de liberté et de fantaisie. Cet homme qui va rompre à tout jamais avec les règles imposées par le moyen âge, c’est le Giorgione, Giorgio Barbarelli, né en 1478 et mort, hélas! à l’âge de trentedeux ans. C’est une figure poétique et cavalière que celle de ce peintre de génie qui secoue le joug de ses maîtres, mène de front le travail et les plaisirs, fait de la vie un décaméron, parcourt Venise le luth à la main, la dague au côté, toujours en quête d’aventures amoureuses et d’émotions, prompt à la bataille comme à la sérénade, adoré des
femmes et redouté des violent, jaloux, aimaporté mais réfléchi :nadépensant sa vie sans nés mains le trésor de ché dans la fleur de veilles, et vaincu par trouve enfin l’immorpresque à son aurore, le mouvement, la counations, les ardeurs des ciels empourprés, les tes ; le premier, sur un gné dans une lumière palpitations de la chair, jeu des ombres et l’éclat On dit que Giorpeindre à la fresque son; bientôt ce fut une monde épris des arts
Giorgio Barbarelli, dit le Giorgione. (Castelfranco, I478-i5ii).
hommes, généreux et ble et fanfaron, emture mobile, ardente, compter, jetant à pleises jours, et qui, fauses ans, épuisé par les l’amour et les plaisirs, talité dans la mort, Le premier, il a aimé leur, les chaudes carsoleils couchants, les campagnes verdoyanbeau corps d’ivoire baidorée, il a cherché les les ardeurs du sang, le des vives lumières, gione fut le premier à l’extérieur de sa maimode à Venise; tout ce venait se porter devant
la casa Soranza, sur la place Saint-Paul, et devant la propre maison de l’artiste pour admirer
les chaudes allégories de Barbarelli. Le sénat consacra l’usaue de ces d - \ ,
o-^ant 1 a rirtrmnno +. i *t“. • i, usage ae ces décorations en chargeant le Giorgione et le Titien d orner les murs du Fondak dp ? Ali n ,. .
incendie l’année 1504, et reconstruit vers t 5 o8. L’œil s’irrite de f
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vents salins de l’Adriatique et l’humidité de la lagune. P ’ S P 3 "
Cest le portrait qui révéla le Giorgione à lui-même - en fW a Barbarigo a, 1, Loréd.n, il ,, passion» pour ,, ” ” df d “ f ‘“ i ’ qud la nature, ordonna ses comportions sans pi,,, 1, - “ “ F 1 ” *“ 'aspirations
ses premiers maîtres. L, Concert chmfU,,, l'admirable”* à pmllil " d «
liberté de o. charmant esprit, s, préoccupation du relief, de ittn^™^”" !‘
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