DIALECTE
italienne devait y naître ou plutôt y renaître (Machiavel et l'Arioste sont encore les premiers dramatistes italiens); car l'esprit de société s'y défend au milieu de la décadence de tout le reste.
J'ai souvent eu le plaisir d'entendre parler le dialecte vénitien (1) à la vieille et très-aimable
(]) Le dialecte vénilien est le plus doux, le plus gracieux de l'Italie. S'il ne se pique pas, comme le napolitain, de icinon- Icr à lantiquilé, sil n'est empreint que fiu grec et dcsirliomes de l'Orient moderne, s'il est moins cclalani , moins fécond, il ne laisse pas d'avoir obtenu d'illusli es suffrages, puisqu'il fut loué jtar Aposl(do-Z;'no, Bellineili et Ccsarotli. On ne |)t ut citer comme monument de langage riiymned'iiymen de l'Adriatique, lors de son mariage avec les nouveaux doges, vieille chanson qui avait fini par n'être plus entendue du personne, mais doni les sons bizarres étaient religieusement conservés.' La [iremière trace de ce dialecte est l'inscription du xii* siècle, donnée aussi comme la plus ancienne en langue vulgaire de rilalie, qui se lit encore au bas de la faç.ide de l église Sainl- Marc, vis-à-vis du palais ducal. Elle conlieiit celle utile sentence de morale pratique que Ton ue pouvait trop exposer aux regards des passants :
a L'homme, avant de faire et de dire, doit songer à ce qui peut lui en arriver. »
'Lom po far e die in pensar
E lega quelo che li po inchontrar.
L'opinion des critiques veut que Marc Paul ait dicté en vénitien , le fameux Milion, relation de ses lointains voyages, que les découvertes modernes rendent chaque join- plus véridique. Bien qu'au x\i^ siècle, ce dialecte com|)le déjà divcr.ses productions en prose et en vers, Alexandre Caravia oblint seul quelque célébrité par son singulier poëme du Dévidoir bizarre {il ISaspo bizzarro). On remarque à la même époque la traduction des .assises, us et coutumes du royaume de Jérusalem, faite par ordre de la seigneurie, pour les sujets vénitiens de l'île d»-