VÉNITIEN
comtesseBenzoni, morte en 1839, qui fut l'héroïne de la jolie barcarolle La Biondina in gondolella ,
Chypre, où les Assises avaient été maintenues après Tabrlicalion forcée (le la reine Curnaro, et imprimée en li53îS par Aiirélio Pincio, édition très-rare, ignorée niènic de Mnratori. Alors parurent en vénitien plusieurs chants de rAriostc. La Guerre des Nicolotti et des Castellani ( fa Giterra de' Nicolotti e de'Castellani)^ del'année 1321, est reuiarqnablccomme peinture des vieilles et Irès-cui ieuses mœurs vénitiennes. A la fin de co siècle, André Calme dut sa renommée à des é,<i;logues maritimes, dans le g^oùt de celles de Sannnzar. Le peuple joyeux et naïf de Venise et de Kaples, n'a point partagé les préventions du « PJorniand Fonleneriiî, au milieu de Paiis, n qui hlàme ce nouveau choix de personnages comme inférieurs aux anciens bergers « en possession de l'églogue. « ( F. le Discours sur la nature Je l^Eglogue.) L'archevêque de Corfou, îlalFeo Veniero, l'auteur delà tragédie d'Idalha, citée par Tirahoschi comme une des meilleures pièces du théâtre italien du xvi' siècle, et d'une belle cavzone en l'honneur de saint François, eût encore mérité la palme du dialecte vénitien, par sa populaire S^rflsjoza (la Déguenillée), s'il eùl vécu davantage. Celte célèbre chanson décrit avec poésie et seiitim-nl la maison d'une auianlc pauvre et les félicités qu'elle y trouve. Elle se compose fie flix strophes et d'une conclusion à la manière de Pétrarque. Voici une de ces strophes :
« Qui est chez moi est tout à la fois dans la chambre, dans « la salle et dans le magasin ; nous avons au-dessous de l'esca- « lier un lit où, dans les bras de mr.a unique bien, je passe « des nuits pleines de doueeur, quoique la pluie et le vent « viennent parfois rafraîchir notre amour. 0 nuits sereine.s et « chéries! cher lieu amoureux! beauté céleste sous une pauvre a robe! Que l'amant d'une noire Africaine la mette dans un lit <( pompeux, où son visage d'ogresse aura le même effet qu'une a pie malpropre dans une belle cage. »
In casa chi xe in caméra, xe in sala,
Chi é in sala è in magazen.
Ghè nome un leto in t'una solo scala
Dove in brazzo al mio ben,
Passa le note de dolcesza piene;
6ft . DIALECTE
femme d'un esprit à la fois si gai, si naïf, si piquant, et que l'on pourrait surnommer la dernière Yéni-
Sebcn la piova e el vento
Ne viea talvolta drento
A rinfrescar Vainor su per le rené.
Note care e serene!
Caro lioqo amoroso!
Beltà céleste in povera schiavina !
Tofja un leto pomposo
Clii a drento uva Gabrina Chc fa in lu quelefelo un visa d'orca Che VI belache ba una fjazolla sporca.
Les leUres de Vincent Belamlo. dit Cataldo [Lcttere facete e chiribizzose. in-]2 >, parurent à Paris, en loOC, chez l'Anfrclier. Elles furent dcfliccs au fameux traitant ilalien, Sébastien Zamet , créature de Callierine de Médicis, sur les {yains duquel , celle même année, Henri III assignait à son niijjnon d'Eper-' non la somme de 300.000 écus. Celle j)ul)licatioii fort pcti honorable, puisque loliscénilé n'y est point raclieti'e par l'esprit, annonce toujours «ne certaine extension du dialccle vénitien.
Au xvii^ siècle il produit le curieux traité dialectique du peinlie, poëte cl gravetu", Marc Boscliiiii, intitulé la Carte de la navigation pittoresque ( la Carta del navigar jiilloresco, Venise, l6ao, in-4o;. Ce traité en quatrains rimes a la forme du dialogue. Les interlocuteurs sont un sénateur dilettante, et un peintre de profession . où Tauleur annonce, en style fijjuré, que le vaisseau de Venise est conduit dans la haute mer de la peinture, à la honte de ceux qui n'entendent rien à la boussole, juste allég^orie au déclin de l'école vénitienne pendant le xvne siècle. Le genre satirique inspire alors plus heureusement les poêles : les noms de Tavocat Jean-François Businello el surtout du père Caccia, sont restés. La salire de ce dernier sur l'Hypocrisie démasquée (L' Ipocrisia smascherata)^S(id\slingae par la vigueur du |)inceau.
Le dialecte vénitien fut très-perfeclionné dans lcxvm« siècle et de nos jours. On distingue les gracieuses chansons d'Antoine Lainberli, TAnaeréon de Venise, et ses piquants apologues. Son poërae des Saisons (Stagioni campestri e cittadine) traite aussi des saisons à la ville, au lieu de décrire uniquement et