VÉNITIEN
tienne. C'est elle qui, avec la familiarité de ce dialecte, disait ses vérités à lord Byron en-
Diiifonnémcnt les saisons de la campag-ne., comme Thoînpson , Saini -Lambert etRouclier. Le docleiir Mazznla, par ses Cheveux de ISina [Cavci de Niiia)^ rivalise avec le poêle romain du xv<= siècle. Juste de Conli, imitateur de Pétrarque, qui a tant célél)ré la main de sa maîtresse, que le recueil de ses sonnets et canzoni \\o\\.c pour titre La belle Main [La bellaMano). Le Diliiyran)be du docteur Poslo, sur le vin de Frioul [vin Friulano ) a le feu du beau Dithyrambe du Bacchus en Toscane de Uedi. Les apolojjues de François Grilli, par leur moialité naïve et jjrofonde, lui ont mérité le surnom de La Fontaine vénitien ; la fable de la Bride d'or [Brifjlia d^oro) a (ont l'éclat du sujet. Les comédies de Goliioni, en dialecte vénitien , ne sont ni les moins vraies, ni les moins vives, ni les moins gaies; elles olFreiil, si on peut le dire, une correction qui manque à ses pièces italiennes; ses nombreuses poésies lyriques ne le cèdent point, pour la verve et l'enlrain, aux comédies.
Un poëte admirable de grâce, de force, d'originalité, Pierre Buralli, mort le 20 octobre 1832, âgé d'un peu moins de soixante ans, auteur de plus desoixanlc et dix mille vers et d'une traduction de la salii e de Juvénal contre les femnies en dialecte vénitien, fut le Béranger de Venise. Sa diction n'est pas toutefois très-pure; né à Uologne, il lui manquait la première éducation des lagunes. Cet ingénu passage d'une de ses lettres , rapporté par son biographe, M. I*aravia, explique le genre qu'il avait choisi : «'Etranger à ce qu'on appelle la belle société, « à cause de l'ennui mortel qui toujours raccom[)agne, je vite va s avec gens qui n'admettaient les vers que parmi les bou- « teilles, et les voulaient assaisonnés d'un sel proportionné à « leur palais usé. 11 fallait donc de toute nécessité renforcer la « dose pour être goûté. Voilà le vrai motif qui m'a fait préfète rer ce genre à un autre, plus en rapport avec la trempe de « mon esprit très-susceptible, par intervalles, des j)lus douces « émotions. Si vous me demandiez l'explication de ce pliéno- « mène, je ne saurais l'atlriliuer qu'à la faiblesse infinie de mon « caractère, qui , dans la jeunesse, j)renail les habitudes de ceux « dont j'étaisentouré.» L'efietde quelques pièces de Curaltis'accroil encore par la musique qu'y a mise .^I. Perucchini, élève de Mozart, et dont les airs si naturels, si exprcssifssi gracieux, accompagnent aussi plusieurs des charmantes chansons de Land>crti.