CAFÉ
an un million; mais les quartiers éloignés, quelques-uns même des plus magnifiques palais sont abandonnes et s'écroulent : ce cadavre de ville, comme dirait l'ami de Cicéron , est déjà froid aux extrémités, il n'a plus de chaleur et de vie qu'au cœur.
Le café Florian, sous les arcades des Procuratie Nuove, était, dans les anciennes mœurs de Venise, une espèce d'institution; il n'a point échappé à sa décadence. Ce café célèbre , comme les autres grands cafés de la place Saint-Marc, Quadri, Leoni, Suttil, etc., est cependant ouvert toute la nuit et en toutes saisons, et il ne ferme jamais. Florian était autrefois l'homme de confiance, l'agent universel de la noblesse de Venise. Le Vénitien qui descendait chez lui avait des nouvelles de ses amis et de ses connaissances; il savait l'époque de leur retour, et ce qu'en son absence ils étaient devenus; il y trouvait ses lettres, ses cartes (1), et probablement aussi ses mémoires, enfin, tout ce qui le concernait avait été fait par Florian, avec soin, intelligence et discrétion. Canova n'oublia jamais
leur a continuée, ^.roiivrajre de madame. TustincEenier-Michiel sur y Origine des Fêtes vénitiennes , Venise, 1817, cinq vol. in-8o, ouvrarre a^^yréable el savant, un des muilleurs livres publics sur IMiistoire de Venise. L'auleur, que j'avais renconlré, était une femme très-aimable malgfré la surdité qui aflligeait sa vieillesse. Elle mourut en 1832 à soixante et dix -huit ans. Madame Michiel avait encore traduit Sliakspcare, et défendu palriotiquement Venise contre M. de Ciiateaubriand.
(1) Les caries de visite en Italie étaient ordinau-ement ornées d'emblèmes et de monuments : je reçus à Vérone des cartes sur lesquelles l'amphilhéâtre était gravé; les Vénitiens se donnaient le pont du Rialto, la façade de Saint-Marc, les colonnes de la