‹ Venise et ses environsChapitre 7 sur 37 · BASILIQUE · texte numérisé non relu

BASILIQUE

les services plus essenliels qu'il avait rerus de Florian au coramenccmcnl de sa carrière, lorsqu'il avait besoin d'èlre connu, et il resta son ami jusqu'à la fin de sa vie. Florian étant alors tourmenté de la goutte, qui se portait souvent aux pieds, Canova fit le modèle de sa jambe , afin que le cordonnier piJt prendre sa mesure sans le faire souffrir. Cette jambe de limonadier ne me parait pas faire moins d'honneur à Canova, que son Thésée; il est doux d'eslimerl'hommeaprèsavoir admiré l'artiste. A l'extrémité de la place sont trois })'di ou porteenseignes, mâts élevés sur lesquels flottait jadis l'étendard glorieux de Saint-Marc, et que remplace le drapeau autrichien. Les bases en bronze de ces pili, par Leopardo, ont l'élégance et le goût des ouvrages grecs. L'artiste a eu le soin, en outre, de les travailler, de les polir si parfaitement, que ses figures semblent encore aujourd'hui sortir de l'atelier, quoique exposées depuis plus de trois siècles aux injures de l'air, aux siroccos d'Afrique, et à cette poussière humide et salée lancée par les flots en courroux de l'Adriatique.

Basilique. — Baptistère. — Porte eu bronze. — Vierj^c de la Scarpa. — Pala d'oro, — Pierres historiques. — Chevaux. — Lion de Saint-Marc. — Clocher. — Loggietta. — Trésor.

La basilique Saint-Marc, fondée vers la fin du X* siècle , par le doge Orsolo , est d'une architec-

lure bigarrée , et h la fois grecque , romaine et surtout gothique. La description des mosaïques, des sculptures, des bas-reliets, des arabesques qui la décorent, serait infinie. Là brillent confondus l'élégance grecque, le luxe byzantin et le talent des maitres de l'école vénitienne. A la vue de ces brillants compartiments, de ces voûtes d'or, de ce pavé de jaspe et de porphyre, de ces cinq cents colonnes de marbre blanc, noir, veiné, de bronze, d'albâtre, de vert antique et de serpentine , on serait tenté de prendre ce temple chrétien, à la clarté près, car il est un peu sombre, pour un palais des Mille et une Nuits. La religion a conservé toutes ces richesses, qui peut-être eussent été dissipées dans les spéculations et les entreprises d'un peuple marchand et navigateur. Les débris de la magnificence de l'ancienne Rome décorent aujourd'hui les basiliques de la Rome nouvelle; Saint-Marc a recueilli les dépouilles opulentes deConstantinople. L'Italie rassemble ainsi les ruines de ces deux villes maîtresses.

Le bénitier de porphyre, ouvrage du xv° siècle, a pour base un autel antique de sculpture grecque, orné de dauphins et de tridents. Une des portes de bronze du baptistère, couverte de figures de saints et d'inscriptions grecques , paraît provenir de la basilique de Sainte-Sophie. La mosaïque, du xi^ ou du xiie siècle, contre le mur, représentant le Baptême de Jésus-Christ, est d'une composition singulièrement chaude et animée. Le Saint Jean-Baptiste, en bronze, mis sur le baptistère, de François Segala, est une des bonnes

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