VII-30. — VICES
Voyez le chapiteau xxvii *.
souvent recours pour faire marcher cette ombrageuse et cruelle république. — prvdentia iHstit ou. Jeune homme en habits longs et serrés, coiffure (M’étoffe, assis, tient à la main un compas avec lequel il mesure, avec lequel il marque des points sur le feuillage du chapiteau.
Cette Prudence est particulièrement remarquable. Il semble, aux Vénitiens, que ne pas bien prendre ses mesures et ses dimensions pour tracer les divisions d’un dessin, ce soit le comble de l’imprudence.
spem habe in dno. Jeune femme, aux cheveux abondants et bouclés, prie à mains jointes ; elle se tourne vers un soleil, petite figure imberbe, de laquelle partent de gros rayons. Le soleil est l’œil matériel de la Providence divine, qui veille sur ceux qui croient.
Cet ordre, Foi, Force, Tempérance, Humilité, Charité, Justice, Prudence, Espérance, est celui de tous les chapiteaux du palais ducal, celui que M. Burgesa trouvé, qu’il adopte et qu’il a constamment suivi. Les huit sujets de chaque chapiteau commencent face à la a Piazzetta » et au quai des Esclavons ; puis ils tournent à droite, pour revenir, par la gauche, à leur point de départ. En conséquence, la génération des Vertus est telle que je viens de la donner. La Foi ouvre la marche; elle est la mère des autres Vertus. C’est ainsi partout. Mais la Charité a le pas sur l’Espérance qui arrive la dernière. C’est plus logique sans doute : car l’Espérance, qui a surtout le ciel en vue, couronne la vie entière par la récompense du bonheur éternel. Mais cet ordre n’est pas celui qu’on observe habituellement i après la Foi, l’Espérance, et enfin la Charité, En outre, si la Force, la Tempérance et l'Humilité sortent de la Foi, pourquoi, je ne dirai pas la Justice, mais du moins la Prudence, serait-elle la fille de la Charité plutôt que de l’Espérance, et pourquoi l’Espérance seraitr-elle une vertu stérile, sans une seule fille sortant de ses entrailles? J’indique ces réflexions et j’en aurais bien d’autres à soumettre; mais il faut s’arrêter en engageant chacun à les résoudre et à en produire de nouvelles. ( Note de M . D . )
4 . Comme pour le précédent, je donnerai mes notes particulières, au risque de répéter ce qui a déjà été dit par M. Burges. D’ailleurs, les Vices et les Vertus sont multipliés avec une telle profusion au palais ducal, qu’en répéter soi-même la description c’est rentrer dans l’esprit des sculpteurs.
accidia me strIgit. Jeune fille assise dans la campagne, tenant de chaque main une branche d’arbrisseau sans feuille et comme mort. Ce Vice de la Paresse est ici, sur ce chapiteau et dans cette vie si active de Venise, la source de tous les autres : c’est celui qui fait mourir tout bien dans l’homme et qui appelle la légion de tous les défauts. — vanitas in me abvdat. Jeune fille assise, couronnée en reine ; elle tient, de la main gauche et horizontalement, un miroir rond où elle perd tout son temps, puisqu’elle est fille de la Paresse, à se regarder. — ividià me cobvrit. Jeune femme assise; coiffée de deux serpents, elle tient sur ses genoux un dragon auquel, de l’index de la main droite, elle montre un objet, sa voisine la Vanité, sans doute, à dévorer. L’Envie peut encore avoir la Paresse pour mère, tandis que le travailleur n’a peur de rien et ne porte envie à personne. D’ailleurs cette Envie n’a pas le courage d’exercer elle-même sa méchanceté ; cette paresseuse charge de cet office un dragon, un étranger, un « condottiere» animal. — lvxvria sv s te rc v’ inferi. Jeune femme assise, comme la Paresse sa mère, tête nue, cordelette au front. Elle tient de la main gauche un miroir circulaire. Cette Luxure est trop semblable à la Vanité; quand on n’a que huit places à donner sur un chapiteau, il ne faudrait pas en gratifier des variétés à peine sensibles, surtout en figures. Quoi qu’il en soit, selon les Vénitiens, l’enfer est jonché, est pavé de luxurieux. — gvla sine ordine svm. Jeune femme tenant à pleine main droite un gobelet de vin de Chypre probablement, et, de la main gauche, une cuisse d’oiseau qu’elle
PALUS DUCAL
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