Paradis », chants u, m et iv
d’y laisser de l’honneur et de la renommée. C’est là qu’est Justinien , auteur des Codes qui règlent les actions humaines elles transactions auxquelles Mercure a toujours présidé
VéNcs. — « Étoile dont le Soleil regarde avec plaisir tantôt les cils blonds, tantôt la chevelure flottante sur le dos 2 . Je ne me sentis pas monter dans cette sphère, mais je fus certain d’y être en voyant ma dame (Béatrice) devenir plus belle. Et, comme dans la flamme se remarque l’étincelle; et, comme dans la voix la voix se distingue, quand l’une soutient le même son et que l’autre va et vient s ; ainsi, je vis dans cette lumière d’autres lueurs se mouvoir en rond, plus ou moins agiles selon, je crois, qu’elles reflétaient l’éternelle clarté. » Dans cette Vénus céleste, dans cette Uranie, habitent, on le conçoit, les âmes saintement amoureuses et complètement dévouées : Charles Martel, roi de Hongrie, et sa fille Clémence ; le troubadour Foulques, de Marseille, et Raab, qui favorisa les premiers exploits de Josué 4 .
Le Soleil. — « Le plus grand ministre de la nature, qui imprime au monde la vertu du ciel, et mesure le temps avec sa lumière. Je vis plusieurs lumières vives et triomphantes faire de nous un centre et d’elles une couronne ; elles étaient plus douces par leur voix que brillantes par leur figure. » Dans le Soleil habitent les savants et les sages, ce qui est tout un à cette époque , comme c’est encore tout un dans le langage de nos paysans champenois. On y trouve Salomon, Denys Y Aréopagite, Gratien, Donat, Boèce, Isidore de Séville, Bède, Albert le Grand, saint Thomas-d’ Aquin 5 , Richard et Hugues de Saint-Victor, le professeur Séguier de la rue du Fou’arre, Pierre Comestor, Raban-Maur, saint Bonaventure, enfin les plus illustres savants des bénédictins, des dominicains et des franciscains 6 .
Mars. — « Au sourire enflammé de l’étoile, qui me. parut plus rouge que de coutume, je m’aperçus que j’étais plus élevé. » Des rayons constellés forment dans la profondeur de Mars le signe vénérable de ta croix où resplendit le Christ. D’un côté à l’autre de la croix, et entre la cime et la base, se mouvaient et scintillaient des lumières , comme des atomes qui volent en ligne
t . « Paradis », chants v et vi.
2. La Vénus du palais ducal semble en effet une blonde Allemande à longue chevelure, plutôt qu’une brune Italienne.
3. Voilà, au commencement du xiv* siècle, le contre-point fleuri parfaitement indiqué et admirablement défini.