Paradis », chants vin et ix
5. Ne serait-ce pas pour cela que tous les peintres, Fra Angel ico et les autres, lui mettent un petit soleil sur la poitrine en guise d’agrafe de manteau, pour ainsi dire?
6» « Paradis », chants x et xii.
droite oii courbe, agiles ou lents, changeant sans cesse d’aspect. Ce sont les clartés des esprits bienheureux qui, avant de venir au ciel, furent d’un grand renom et que nous appelons les preux. On voit donc passer sur la croix les grandes lumières de Josué, de Judas Machabée, de Charlemagne, de Roland, de Guillaume, de Richard, de Godefroi, de Robert Guiscard. La planète de Mars, ce païen victorieux, est donc habitée par les grands triomphateurs du monde auxquels commande Jésus-Christ, le vainqueur de la mort L
Jupiter. — Jupiter est occupé par les grands justiciers qui se groupent en lettres, en syllabes et en mots pour former cette phrase resplendissante et composée comme avec des pierres précieuses :
r>l LICITE JUST1TIAM QUI Jl’DlGVTIS TERRAM.
Ces lumières vivantes restaient disposées dans la dernière lettre M, de manière que Jupiter paraissait d’argent mêlé d’or. Puis , comme du choc des tisons ardents surgissent d’innombrables étincelles, plus de mille lueurs parurent s’élever à des hauteurs diverses et former la figure d’un aigle gigantesque, aux ailes étendues, symbole de la justice souveraine. Le roi David composait la prunelle de l’aigle, dont le sourcil était formé par Trajan, Ezcchias, Constantin, Guillaume et Riphée 1 2 3 .
Saturne. — « Nous sommes parvenus à la septième splendeur qui, sous la poitrine du lion brûlant, rayonne maintenant avec lui vers la terre, en tempérant son ardeur. » Une immense échelle se dresse dans cette planète, sur les échelons de laquelle montent et descendent les contemplatifs saint Benoît, saint Macaire, saint Romuald, saint Pierre Damien *.
De là, à travers' les apôtres, les anges et la sainte Vierge, on arrive à la Divinité qui rayonne au centre de l’Empyrée.
En reprenant le chapiteau du palais ducal , nous retrouvons les mômes planètes et dans le même ordre; mais si Dante est plus complet par les développements que la sculpture repousse et que la poésie au contraire permet de
1 . « Paradis », chants xiv-xvih. — Les neuf preux sont : Josué, David, Judas Machabée; Hector, Alexandre, César; Arthur, Charlemagne et Godefroid de Bouillon. Dante, le païen, le virgilien, n’admet cependant parmi les preux ni Hector, ni Alexandre, ni César, ni Grecs, ni Romains. En outre, esprit indépendant, il crée des preux de sa propre autorité, Roland d'abord, mais surtout Guillaume le Conquérant, Richard Cœur-de-Lion et Robert Guiscard, que notre moyen âge ne reconnaît pas comme tels. Enfin, au lieu de neuf, il n’en reçoit que huit, en supprimant David. Toutefois le neuvième est peut être Jésus-Christ, le preux par excellence, comme on le voit (singulière concordance! ) sur la lettre F que M. Sauvageot a donné au Musée du Louvre, et que M. Darcel a décrite et publiée dans les « Annales Archéologiques », vol. xvi, p. 234.