‹ VeniseChapitre 17 sur 19 · N D US T R I E S I) " A \< T · texte numérisé non relu

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Quoique la corporation des verriers remonte à L'année [268, il reste peu

d'exemplaires anciens de verreries, trop fragiles pour résister à un usage journalier. Ce sont les XVIe et XVII6 siècles qui fournissent aux collections les plus belles pièces; il est à remarquer que les formes les plus anciennes ont un eachet arabe caractérw'- <-t datent du xv siècle II serait malaisé de traduire la légèreté, l'élégance et les harmonieu — couleurs

Verreries vénitiennes wr -iecle

des verreries de Murano, leurs mille reflets sont aussi capricieux que leurs formes, mais leur fragilité n'a d'égale que la fraieheur des neur>.

Le luxe effréné des patriciennes engendra une industrie qui est encore florissante et dont le produit est fort goûté : la dentelle.

Les femmes du XVIe siècle furent les premières qui portèrent le point dit de Venise; leur coquetterie et leur luxe furent tels et l'abus de la parure avait pris des proportions si exagérées que dès le XVe siècle des lois proscrivirent certains bijoux, les perles et plusieurs étoffes ; tout fut même prohibé, jusqu'aux dentelles. L'étalage de l'opulence ne fut toléré qu'à certains jours désignés d'avance, lui ces jours inoubliés, ('tait une débauche de mao-nificence. Alors les chevelures se blondissaient artiriciellement au soleil, et non contente d'être peinte, teinte et parce' ainsi qu'une châsse, la Vénitienne se haussait sur de hauts patins que cachai: la hauteur des jupes. La démarche était si pénible qu'une femme ne pouvait avancer sans l'aide d'une camériste.

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Quant aux dentelles, il s'en confectionnait de diverses sortes. Le véritable point se faisait à l'aiguille, ainsi que les reliefs, les fleurs et les brides, sans être soutenue par la toile ou reticcllo. Les noms donnés au XVIe siècle indiquent la façon du travail : pitnto a reticcllo, point à

filet: tagliato, coupé; ta-

iV/lvfl^^^HSPJRV gH&io a fogliami, coupé en

feuillages; amaglia quadra, à mailles carrées, etc. Au xvie et au xviic siècles, le pu nt o a fogliami fut le plus usité.

Le point de Venise fut imité à l'étranger , alors le vSénat promulgua des lois, interdisant à tout Vénitien de s'expatrier pour travailler au dehors. On rapporte que Richelieu fut mêlé à une histoire de dentelle.

Les artistes vénitiens composaient des broderies, ainsi Vecellio, La Pompe, 1557 ; Vinciolo, 1600; La Parasole, 1616. Les éventails de forme arabe sont de véritables œuvres d'art travaillés di\i point coupé. Ce sont encore les fraises vénitiennes faites au point bourré et le camail

du Primier de Saint-Marc exécuté au point à V aiguille ; des garnitures

de corsage furent aussi travaillées au point de rose.

Dentelle de Venise, par Elisabeth Catanea Parasole (1616).

Nous ne saurions terminer f étude même superficielle de Venise sans parler de la typographie vénitienne qui produisit des livres restés célèbres.

Le mouvement littéraire prodigieux de la Renaissance, qui eut lieu dans la Vénétie plus que partout ailleurs, produisit des résultats immédiats, car Venise aima les belles-lettres à l'égal des beaux-arts, jusqu'à montrer son parfait éclectisme en accueillant des littérateurs proscrits.

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