CHAPITRE III
L'ARCHITECTURE
Venise eut le rare bonheur de ne pas connaître le fléau destructeur de la guerre et ne porte pas les stigmates de sa sacrilège empreinte ; elle put conserver intacts ses anciens monuments inspirés de Ravenne ou imités de l'Orient et qui séduisent particulièrement.
Toutes les époques sont représentées, mais l'harmonie générale n'est pas rompue, bien que chacune d'elles soit très sensiblement marquée ; le même air les unit. Ce ne sont qu'édifices romans et byzantins, gothiques et arabes aux élégantes façades toutes brochées d'or et de couleur : majestueux palais de la Renaissance aux hardies proportions ; superbes constructions du XVIIIe siècle, d'une prétentieuse tournure, dont le massif étalage, cependant, ne détonne pas dans cette Venise, qui, à toute période, se plut au goût excessif d'une pompeuse opulence.