‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 32 sur 104 · Vasari, ibid · texte numérisé non relu

Vasari, ibid

Il est évident, du reste, que pour mener à bien, et en si peu de temps, des travaux aussi considérables que ceux que Sansovino entreprit à Venise, il fallait s'entourer d'une quantité d'élèves : Vasari nous en nomme un assez grand nombre ; mais, de tous ceux qu'il cite, un seul

MARGELLE DE PUITS EN PIERRE. IXe SIECLE (?). (Musée Correr.)

est véritablement un grand artiste, malgré les nombreux défauts que l'on rencontre à chaque pas dans ses œuvres : c'est Alessandro Vittoria, pour le talent duquel je ne saurais partager le mépris et les préventions de beaucoup d'amateurs. Le style est sans doute toujours ronflant, mais non sans grandeur, et, pour ma part, je ne puis oublier ses bustes si nombreux et si importants. En dépit de toutes les objections , je n'hésite pas à déclarer que des morceaux tels

que les bustes de Tommaso Rangone ou de Sébastien Venier, le

vainqueur de Lépante, qui se trouvent au [Musée Correr , sont véritablement l'œuvre d'un grand artiste ; j'en dirai autant de la plupart des bustes de Vittoria qui, à mes yeux, ont le mérite de rendre très bien le caractère des personnages de son époque.

A la suite de l'incendie de la chapelle du Rosaire, à San Giovanni e Paolo, en 1867, chapelle qui avait été construite en mémoire de la victoire de Lépante, le Musée Correr s'est enrichi de plusieurs bronzes de Vittoria. En rassemblant les débris des candélabres de bronze on est parvenu à en recomposer un en entier ; il est gravé cicontre et peut donner une idée de toutes les pièces du même genre que l'on rencontre dans beaucoup d'églises de Venise,

notamment à San Giorgio Maggiore : assemblage bizarre de personnages et de motifs d'architecture qui en somme font bon ménage ensemble. Pendant tout le xvii0 siècle, et même au siècle suivant, ce genre a été imité à Venise ; les bronzes de la dernière période n'offrent pas, à tout prendre, avec ceux qui sont sortis de l'atelier de Vittoria ou de ses élèves, des différences bien marquées. D'autres épaves de la chapelle du Rosaire, ce sont les quatre plaques ovales représentant des Sibylles (autrefois sur l'autel).

Ces figures paraissent bien un peu lourdes et un peu emphatiques, surtout

CANDÉLABRE EN BRONZE DE LA CHAPELLE DU ROSAIRE par Alessandro Vittoria.

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