Gravemhroch, recueil cité, t. I, f° 40, n
D'HONNEUR ENVOYÉE PAR LE PÀPK ALEXANDRE VIII AU DOGE FRANCESCO MOROSINl.
(Trésor de Saint-Marc, ù Venise.)
i24 CHAPITRE II
de nombreux reliquaires du trésor de Saint-Marc; c'est aussi la disposition que nous offrent certaines œuvres conservées dans le trésor de l'église de Pordenone. Je les ai placés ici sous les yeux du lecteur, afin qu'il puisse saisir d'un coup d'œil les transformations opérées dans le style de l'orfèvrerie vénitienne à la fin du xvc siècle. J'aurai du reste occasion de parler de pièces analogues en traitant de l'émaillerie.
Il serait intéressant à coup sûr de s'arrêter un moment aux bijoux, aux joyaux dont les dames vénitiennes se montrent surchargées dans les tableaux du xvc siècle. Mais, à vrai dire, on ne possède que des éléments bien insuffisants pour faire l'histoire de ces accessoires obligés de la toilette féminine, et je ne sais trop s'il faut faire remonter jusqu'à cette époque la faveur qui s'est attachée depuis aux chaînes d'or, si fines et si déliées, fabriquées à Venise. Au surplus, on n'aurait là à signaler rien de particulièrement vénitien, et les textes seraient impuissants à suppléer à l'absence à peu près complète des monuments. Des noms tels que ceux de Vincenzo Levriero et de Lodovico Caorlini, de Jacopo Rancato, d'Anton Maria Fontana, que cite Sansovino, ne peuvent suffire à combler la lacune à peu près complète qui existe clans l'histoire de l'orfèvrerie vénitienne à partir de la Renaissance, dans l'orfèvrerie civile bien entendu, car pour l'orfèvrerie religieuse on est encore extrêmement riche. Chose curieuse, les formes du xvne siècle diffèrent à peine de celles du xvi°, et Gravembroch nous a conservé le dessin d'une lampe d'argent émaillé, datée de 1654 ', qui ne diffère nullement comme galbe des objets de même nature exécutés vers i56o ou 1570. Les formes paraissent s'être littéralement figées chez les orfèvres vénitiens. 11 faut sans doute attribuer ce défaut à un excès clans la production : beaucoup de ces objets exécutés à la fois en bronze et en orfèvrerie étaient destinés à être exportés et des milliers de pièces semblables sont sorties des ateliers de Venise ; peut-être ce fait n'est-il pas étranger à une semblable anomalie.
Avant de quitter l'orfèvrerie vénitienne, il nous faut dire un mut d'un objet célèbre à plus d'un titre, qui nous montre un sculpteur vénitien dont il a été déjà question, exerçant avec la plus grande