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du boîtier de la montre du doge Grimani.
1. Cette reliure 0,29 centimètres de haut sur 11 centimètres de large.
L'ORFÈVRERIE I2
italiens étaient dans le même cas, à Rome comme à Venise, à Florence comme à Naples. On verra, au chapitre consacré aux armes, que les Vénitiens du xvie siècle avaient cependant su exécuter des pièces d'armures de la plus complète beauté; que des orfèvres comme Vincenzo Levricro et Lodovico Caorlini poussèrent l'art de l'armurier aux dernières limites du luxe. Que sont devenus tous ces joyaux? Il ne nous en reste que la description; quelques lignes, consacrées par Sansovino aux orfèvres de la fin du xvic siècle, nous font connaître le nom d'Antonio Maria Fontana, qui avait fait une caisse de cristal montée en argent, si parfaite que les objets qu'on y mettait semblaient sculptés en dehors ; un passage de la relation de l'entrée du roi Henri III à Venise nous apprend que le roi de France visita la rue des Orfèvres et qu'on lui présenta entre autres choses un sceptre si somptueux qu'il ne put l'acquérir, bien qu'il en
MONTRE DU OOr.E GRIMAM, I N ABGEHT IINUIII,
eût offert 26,000 écus d'or ; enfin Conti Traviil it Bi.noJitc Bni/itfr
nous révèle qu'en 1587 un jurisconsulte
vénitien, Girolamo Crasso, (it exécuter un tabernacle d'argent ciselé et de cristal, du prix de 3o,000 écus. (le n'était pas, du reste, une œuvre complètement vénitienne : des artistes venus de tous les pays de l'Europe y travaillèrent pendant plusieurs années. Au xvill" siècle, l'objet acquis à grands frais par Crasso et donné par lui à la République était bien oublié : placé dans la salle du Conseil des Dix, noirci par le temps, il passait pour être d'ébène. Ce ne fut qu'en [763 qu'il fut enfin remis en état, pour bien peu de temps, puisqu'il devait prendre, en [797, le chemin de la Monnaie pour y disparaître dans le creuset du fondeur1.