‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 68 sur 104 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

vinrent un certain Niccolo et son fils. L'art du verre progressait tous les jours à Murano : en 1370, les verriers eurent même une idée ingénieuse, qui eût pu conduire à la découverte de l'imprimerie : ils fondirent des caractères mobiles en verre, destinés à imprimer les initiales dans les manuscrits. Enfin l'art du verrier était déjà si considéré, que les nobles vénitiens n'envisageaient pas une alliance avec la fille d'un verrier comme de nature à faire déchoir les enfants qui naîtraient d'une semblable union Ce règlement de la République de Venise, qui remonte à i3jô, est très probablement le plus ancien titre que les verriers puissent invoquer en faveur d'une noblesse dont ils se sont toujours montrés très fiers sans qu'elle ait jamais été, sauf dans de rares exceptions, très explicitement reconnue.

Si, comme l'a pensé Labarte2, ce fut surtout à la contrefaçon des pierreries et des perles que s'appliquèrent les artistes de Murano, au xiv° siècle, parce qu'ils trouvaient en Asie et en Afrique des débouchés certains pour une pareille marchandise, il n'en est pas moins vrai qu'il faut certainement reconnaître de vrais verres de Murano, dans ces verreries apportées en Flandre en i3g4, par des « galées de Venise », au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi3. Je ne vois pas pourquoi nous supposerions que ce sont des produits byzantins dont les Vénitiens n'auraient été que les importateurs.

Les ouvriers de Murano étaient déjà singulièrement avancés au xive siècle, puisqu'ils cherchaient déjà à faire des miroirs de verre. Niccolo Cocco, Muzio de Murano et Francesco, tentèrent de copier les miroirs, dont les Allemands avaient alors le secret. Ils prirent à leur service un maître allemand, qui ne les instruisit que d'une façon incomplète, mais les mit cependant assez au courant de la fabrication pour que les ouvriers de Murano pussent voler de leurs propres ailes. Si bien qu'en 1327, les miroirs de verre étaient déjà au nombre des objets qu'exportaient les Vénitiens'1.

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