‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 69 sur 104 · Histoire des Arts industriels, 20 édit., t. III, p · texte numérisé non relu

Histoire des Arts industriels, 20 édit., t. III, p

3. Et non Philippe le Bon, comme le dit Labarte; ibid., p. 379,380.

4. Urbani de Gheltof, ouvr. cité, p. 209, 210. — M. de Gheltof dit que le véritable inventeur des miroirs vénitiens fut un certain Vincenzo Rador, mais sans donner la date exacte à laquelle vivait ce verrier. Lazari (Guida, p. 94) appelle le même artiste Vincenzo Roder.

Malgré toutes ces tentatives, malgré toutes ces découvertes, ce n'est réellement qu'avec le xv° siècle que Venise se créa, dans l'art de la verrerie, un véritable monopole. A quoi cela tient-il ? Il est assez difficile de le dire, car si nous nous fions aux documents, le procédé qui valut aux ouvriers de Murano une renommée universelle était connu depuis longtemps en Orient et à Gonstantinople. En effet, il est absurde de dire que ce fut un Vénitien qui trouva au xvc siècle le procédé pour colorer le verre de diverses teintes, car ce procédé était universellement connu. D'après une note insérée par Cicogna dans ses Iscri\ioni Venete1, et dont M. Urbani de Gheltof s'est fait récemment l'écho 2, Paolo Godi, curé de l'église San Giovanni du Rialto au commencement du xv° siècle, serait arrivé, après de nombreuses expériences, à colorer le verre en plusieurs teintes, et aurait exposé publiquement sa découverte devant de nombreux auditeurs , savants et artistes ; parmi ces derniers se serait trouvé Angelo Beroviero , verrier de Murano , qui aurait immédiatement mis en pratique les procédés découverts par Paolo Godi. Que Beroviero se soit acquis de son vivant une grande réputation, rien de mieux3; mais sa réputation ne pouvait provenir de la mise en pratique d'un procédé qui depuis de longs siècles n'était plus un secret. Affirmer une pareille chose, c'est ignorer le premier mot de la fabrication des vitraux du Moyen-Age, qui sont tous faits avec des verres teints, et non peints, de diverses couleurs.

Quel fut donc le mérite des verriers du xv° siècle et de Beroviero, que tout nous autorise à considérer comme l'un des plus habiles artisans de cette époque ? A mon avis, ce qui fit sa réputation, ce fut l'application au verre d'une peinture composée de couleurs vitrifîables,

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