L'rbani de Gheltof, ouvr. cité. p
miroirs, de petites dimensions et d'une pureté quelque peu problématique, n'étaient pas encore préférés aux glaces allemandes, et ce ne fut que vers 1680 qu'un verrier nommé Libérale Motta parvint à en faire de grande taille et d'un éclat qui les eût fait adopter partout si les procédés vénitiens n'avaient été bientôt connus à l'étranger. Dès 1670, Colbert, à l'affût de tout ce qui pouvait développer le commerce et l'industrie en France, avait fait venir des ouvriers de Murano, dont quelques-uns allèrent aussi en Angleterre se fixer dans une fabrique fondée par le duc de Buckingham.
Avec le xvie siècle, la fabrication de Murano se modifia, on pourrait dire se perfectionna, si l'on trouve que les nouveaux procédés mis alors en usage furent un véritable perfectionnement, ce qui me paraît douteux. Aux verres émaillés de la seconde moitié du xve siècle se substituèrent peu à peu des produits trop fragiles, obtenus par le soufflage, le travail à la pince, et décorés au moyen de cannes de verre de couleur. Ce procédé, qui avait l'avantage de fournir un genre de décoration purement mécanique, qui ne réclamait l'intervention ni d'un dessinateur, ni d'un peintre émailleur, ne fut pas employé seulement à Venise. En Espagne, nous trouvons des verres décorés par ce procédé, mais les verres espagnols n'ont jamais atteint la finesse et la complication de ceux de Venise, et quand on a vu une fois côte à côte un spécimen de chacune de ces fabrications, il est facile de reconnaître ce qui appartient à l'Italie ou à l'Espagne. Cependant, comme le procédé est curieux en lui-même et présente au point de vue technique une certaine complication, je crois utile de m'y arrêter un instant, bien que ce livre ne soit pas destiné à donner des détails techniques. Tous les verres de Venise du xvie siècle sont obtenus par le soufflage, le travail à la pince et le moulage : ce dernier procédé n'est du reste en général appliqué que pour donner plus facilement et plus rapidement une forme à des ornements de 'peu d'importance et de petite dimension, ajoutés après coup. Tout consiste donc dans l'habileté avec laquelle est conduite l'opération du soufflage, travail délicat ; tout l'art qu'on y pourrait mettre serait perdu si le verrier n'avait à sa disposition une matière bien préparée.
LA VERRERIE, LA MOSAÏQUE ET L'ÉM AILLE RIE 2o3
Je pourrais donner, d'après Bontemps1 et d'après Labarte-, la description complète des procédés employés par les Vénitiens pour fabri-