Urbani de Gheltof, p
LE BOIS, L'IVOIRE, LE CUIR
tion de nombreux élèves1. Beaucoup d'autres artistes du même genre travaillaient du reste en môme temps que lui à Venise. Francesco et Marco di Gianpietro de Vicence exécutaient, de I 1455 à 1464, les stalles de San Zaccaria, dont les fins découpages se détachent sur un fond recouvert de parchemin peint en bleu; en 1468, Marco de Vicence terminait le chœur des Frari, œuvre encore à moitié gothique, décorée de sculptures de style tout à fait vénitien; en 1488, le même artiste travaillait au chœur de San Stefano, commencé en 1481, par Leonardo Scalamanzo; en i486, un Florentin, Tommaso A store, ornait de marqueteries des armoires de la sacristie de Saint -Marc, auxquelles, au commencement du xvic siècle, devaient encore travailler J Antonio et Paolo de 1 Mantoue ~ , puis plus
1. R. Erculci, Catalogo délie opère aiitiche d'intaglio c intartio in leguo csposle nel iSS? a Huma, p. 39.
». Urbani île Ghrltof, OUVI". cite, p. ||3.
tard Bernardino Ferrante de Bergame et enfin Fra Vicenzo de Vérone, dont le travail fut, en 1524, jugé insuffisant par les procurateurs de Saint-Marc, et Fra Pietro de Padoue Mais ce ne sont là que quelques noms : bien d'autres artistes, qui nous sont connus par des documents, ont élevé ou décoré de ces somptueux ouvrages de bois qui n'existent plus aujourd'hui ou qui , déplacés , sont méconnus. N'oublions pas toutefois de mentionner parmi ces décorateurs Jean d'Allemagne, Zuan tedesco intajador, auquel les procurateurs de Saint- Marc commandèrent deux chandeliers de bois, et qui, en 1485, désigna pour son exécuteur testamentaire un autre Allemand, un peintre, Jean d'Allemagne, dans lequel il faut peut-être reconnaître le collaborateur d'Antonio Vivarini de Murano 2.
On ne peut citer, pour la fin du xve siècle, ni même pour le xvie siècle , un grand nombre de meubles dont l'origine vénitienne soit incontestable. L'un des seuls qui existent est la chaire qui passe, au trésor de Saint -Marc, où elle est conservée, pour avoir servi aux doges. Si cette tradition n'est pas fort respectable , le meuble n'en est pas moins une œuvre de sculpture des plus délicates. Sur les côtés sont figurés des rinceaux et des vases de fleurs, et sur le haut dossier, flanqué de deux pilastres aux profils élégants, on aperçoit, de chaque côté d'un vase, deux anges musiciens. La sculpture est charmante de modelé et de finesse, et l'artiste a caressé le bois de noyer, au grain serré, dont est fait ce meuble, avec autant d'amour qu'un marbre. Un entablement et un fronton surbaissé, décoré du lion de Saint-Marc,