‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 91 sur 104 · LE FER, LES ARMES, LA DAMASQUINE · texte numérisé non relu

LE FER, LES ARMES, LA DAMASQUINE

du xvc et du xvic siècle, puis des armes dont le Musée Correr possède une belle suite, des ronconi, sorte de fauchards à lames très larges, décorés à leur base et sur leurs talons de figures de chevaux ou de lions

CUIRASSE EN FER GRAVÉ ET DOUÉ. XVIe SItCLt. (Musée Correr.)

découpés et dorés. Les lames de ces pièces, qui paraissent avoir été plutôt des objets de parade que des armes bien sérieuses, sont souvent gravées et dorées : celles du Musée Correr portent les blasons de nombreuses familles vénitiennes.

Si les pièces d'armures ont souvent été damasquinées, ce genre de

décoration s'est encore appliqué à un très grand nombre d'objets très

divers en bronze ou en fer. A Venise, ces incrustations, par leur style, leur dessin, leur technique, procèdent complètement de l'art oriental : coffrets, écritoires, flambeaux, plateaux ou aiguières sont recouverts d'ornements dessinés suivant les procédés employés par les ouvriers arabes ou persans.

Le genre d'incrustation que l'on désigne sous le terme général de damasquine se pratique de plusieurs manières, assez semblables quant à l'effet produit, très différentes dans leur mode d'emploi. Benvenuto Cellini, dans ses Mémoires, décrit sommairement ces procédés et énumère les différentes villes d'Italie où on les mettait en pratique, mais il est muet sur Venise, omission d'autant plus incompréhensible qu'il n'était pas sans avoir vu des ouvrages vénitiens décorés de la sorte. Les procédés d'incrustation d'or ou d'argent sur fer ou sur cuivre ou bronze employés par les Vénitiens peuvent se ramener à deux, qui chacun répondent à la façon spéciale dont ce genre de travail est pratiqué dans une contrée d'Orient. Tantôt l'artiste grave profondément au burin le dessin et forme ainsi un sillon où à l'aide du marteau il fait entrer un fil d'or ou d'argent ; tantôt la surface du métal à décorer subit un travail préparatoire de guillochage très fin, analogue à celui qui recouvre la surface d'une lime,

l'ERTUISANE EN FER CISELE ET GRAVÉ. 1

(Musée correr.) et sur cette surface l'artiste fait adhérer

au moyen du marteau les fils d'or ou d'argent en les disposant sui-

Page 1