‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 94 sur 104 · Vasari, édit. Milanesi, t. I, p · texte numérisé non relu

Vasari, édit. Milanesi, t. I, p

LE PASSAGE DE LA MtK ROUGE.

Plat en cuivre damasquiné d'argent. Travail vénitien du ivi' liècle. —

(Muaée Correr.)

ont été couronnées de succès : c'est un nommé Paolo Rizzo, dont, vers 1570, la boutique, à l'enseigne de la Petite Colombe, — Alla Colombina, — était située dans la Ruga degli Orefici, à Venise. Leonardo Fioravanti, dans son Specchio di scientia nniversale{, lui consacre une mention, que ses œuvres, si Ton en juge par la cassette de la collection Trivulce, méritaient d'ailleurs pleinement. C'était un orfèvre plein de goût et doué d'une dextérité de main extraordinaire. 11 n'avait pas son pareil pour placer à propos un fleuron ou croiser un entrelacs. Quant au surnom ■cYAgemùiius, c'est simplement la traduction libre du mot italien désignant les ouvriers se livrant à ce genre de travail, et Paolo n'est pas le seul à s'en être paré : le graveur mantouan Giorgio Ghisi le prit aussi et le porta avec honneur2.

Je ne sais s'il faut attribuer encore à Paolo, comme le fait Lazari, une plaque de fer incrustée d'or et d'argent que conserve le Musée Correr3. On y a représenté une partie de la carte d'Europe et certes cette table géographique rappelle un peu la cassette de la collection Trivulce. Un coffret rectangulaire de la même collection 4, malheureusement très endommagé, nous montre encore un très bel échantillon de ces imitations de style oriental que les Vénitiens savaient si bien exécuter.

Jusqu'à quelle époque les artistes vénitiens pratiquèrent-ils la damasquine ? Il serait assurément difficile de le dire d'une façon absolument exacte, mais on peut assurer que cette pratique se conserva fort longtemps, puisque l'on trouve des tabatières décorées de la même manière 5. Si le style y est différent, si les rinceaux ou les enroulements de genre rocaille ont remplacé les arabesques, le procédé a subsisté et ces menus objets du xvnc et du xvinc siècle sont fabriqués suivant la même méthode que les coffrets ou les fermoirs de bourse de la Renaissance.

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