‹ Vénus damnéesChapitre 14 sur 40 · LA DUCHESSE DE POLIGNAC · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE POLIGNAC

O mon aimable et tendre reine ! combien je suis pénétrée de vos sentiments pour moi. Je suis donc certaine que vous m'aimez ?

LA REINE

Seroit-il possible que tu en puisses douter ? N'aije pas tout sacrifié pour toi ? rang, grandeurs, devoir, amour conjugal, tendresse maternelle? Ne me suis-je pas rendue à tous tes désirs ? et lorsqu'un moment d'erreur me fit répondre aux caresses empressées de mon beau-frère, n'en ai-jepas gémi sur ton sein ? C'est dans tes bras que j'ai vu mon illusion se dissiper. Mais que veux-tu ? tu connois son caractère altier et tyrannique, la violence de ses passions le rend extrême. J'aurois tout à redouter de sa vengeance, s'il remarquoit mon changement. Ma faiblesse m'a rendue son égale, et je le connois capable d'abuser de son triomphe.

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