III. — Il faut qu'il s'instruise à fond des ruses
(1) Correspondance de Mme Gourdan...,\)Aô, note. — Cette note 66 retrouve presque identique dans les Sérails de Paris.
(2) Voir aux appendices de la première partie deux rapports de Marais sur les exploits de Théveneau de Morande auprès des demoiselles galantes.
(3) Ici encore Théveneau parlait dexpérience. Il en reçut quelquefois des coups de bâtons. Il faut lire, dans Bachaumont, le récit des faits qui lui valurent d'avoir les côtes caressées par la canne du comte de Lauraguais, correction dont le comte
c força à signer une quittance 1
qu'on peut employer pour tromper un mari, une mère, une tante ou une surveillante.
IV. — Il ne sera jamais exact à partager avec les demoiselles, et les attrapera, tant qu'il pourra.
V. — 11 fera connaissance avec toutes les maquerelles de Paris, et jamais il ne les trompera (1).
VI. — Il tâchera de se faufiler avec les grands seigneurs et les étrangers ; cela n'est pas difficile avec de la souplesse et un peu de complaisance.
VII. — Il fera en sorte d'engager les demoiselles à faire beaucoup de dépense, pour qu'elles soient toujours endettées et aient besoin de faire des parties et despassades.
VIII. — Il détournera avec grand soin les personnes qui veulent entretenir une maîtresse, en leur vantant le plaisir qu'il y a de voltiger comme un papillon : les entreteneurs font grand tort au métier.
IX. — Il aura le nom des demoiselles élégantes, leur demeure, leur caractère, et fera en sorte d'avoir des liaisons avec leurs femmes de chambre, pour savoir les moments de détresse et en profiter.
(1) Il convient d'observer que Mme Gourdan est censé transmettre ses instructions à un monsieur B... qui l'en remercie en ces termes ; ''
« Paris, ce 17 juillet 1783.
« Madame,
«J'ai l'honneur de vous renvoyer l'instruction que vous aviez bien voulu me prêter. Je l'ai méditée et la sais par cœur, je ne manquerai pas d'en suivre les principes. Croyez aussi, madame, que la reconnaissance de vos bontés durera autant que je vivrai.
« J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, madame, votre très humble et très obéissant serviteur. »
X. — Gomme la police se mêle un peu de tout, il achètera la protection d'un des premiers commis. C'est des plus faciles : un rouleau de vingt-cinq louis fait l'affaire.
XI. — Il ne servira jamais les goûts anti-physiques d'homme à homme (1), mais d'homme à femme. Il aura à cet effet des demoiselles toutes prêtes. Faut aussi qu'il en ait qui sachent se prêter à la bizarrerie des hommes.
XII. — Il faut qu'il connaisse des usuriers et des faiseurs d'affaires, afin d'en pouvoir procurer aux jeunes gens de famille (ses pratiques) quand ils manquent d'espèces.
XIII. — S'il peut avoir un joli petit appartement commode, et auquel on puisse arriver par plusieurs endroits, il s'empressera de le louer ; c'est excellent pour faire faire des parties aux femmes qui ont des ménagements à garder.
XIV. — Il ne faut pas oublier qu'on a droit de cuissage ; cela retient souvent une femme quand on peut dire en avoir joui.
XV. — 11 fréquenterabeaucoup les endroits publics, afin de connaître toutes les demoiselles.
XVI. — Il ne faut jamais, entre confrères^ aller sur les brisées les uns des autres. C'est sujet à beaucoup de disputes et fort contraire au métier.