‹ Vénus damnéesChapitre 38 sur 40 · LA PARIS · texte numérisé non relu

LA PARIS

Dii-ectrice de « l'Hôtel du Rouie »,

coadjutrice de M"' Govudan.

mis du patriotisme cruellement mutilés, traînés dans la fange, leurs coupables têtes portées au bout d'une lance, sembloient présager le juste sort qui nous étoit réservé, et auquel la fuite nous a dérobés.

« 0 mon Père ! l'indignation se peint sur votre visage, et maintenant elle règne dans tous les cœurs. Où fuir ? où aller cacher ma honte et mon affliction ? Quel sera le peuple assez insensé pour acueillir et protéger le crime, la trahison et la scélératesse ? Comment oser prétendre à un asyle, à un refuge ? ^lon nom seul ne sera-t-il pas le premier chef de ma condamnation ? Et ne sera-ce pas rendre un important service à l'humanité, que de plonger un poignard dans le sein de celui qui vouloit être lui-même le bourreau d'un Peuple entier, pour repaître ses yeux de ce sanglant spectacle, et faire jouir une femme barbare et impitoyable, des fruits de l'horreur qu'elle a conçue et conserve encore dans son sein pour les François quil'adoroient au moment où elle méditoit leur ruine ?

« Tonnez sur moi, grand Dieu ! que votre foudre écrase sans miséricorde la détestable furie, l'objet de mes lâches amours et de mes criminelles complaisances. Périssent de même les infâmes princes qui servirent nos perfides complots ; qu'un trépas ignominieux soit le salaire des traîtres dont la France est infectée, et qui jouissent en paix du fruit de leurs honteux larcins.

« Paris, cette superbe cité, reine du monde, en proie à la famine, n'offre plus qu'un tableau pitoyable,

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dont la face ne peut changer qu'en détruisant les monstres qu'elle récèle dans son sein.

« 0 maître suprême des humains, vous exaucez une partie de mes vœux ! Un Prévost des Marchands, le Gouverneur de la Bastille, un Foulon, un Berthier sont déjà les victimes que tu as abandonnées au ressentiment national, massacrés par un peuple secouant le joug de l'oppression et de la tyrannie. Leur trépas, loin d'exciter la compassion, fait naître la joie dans tous les cœurs, et les lambeaux sanglants de leurs corps déchirés, sont les holocaustes offerts à la liberté.

« Tremblez Condé, Gonti, Bourbon, d'Enghien, et vous, misérables artisans de la misère des Français ! Que le sort de vos semblables vous inspire un effroi continuel ! Et si vous échappez à la légitime veng'eance publique, puisse l'affreux serpent du remord déchirer perpétuellement votre sein!

« Tel est, ô mon Père, le détail des iniquités que l'orgueil et l'ambition m'ont fait commettre ! Je me résigne à la vengeance divine, et recevrai, sans murmurer, le coup qui ne tardera sûrement pas à trancher le fil des jours d'un infâme proscrit. »

N. B. Ou invite le public à ne point ajouter de foi an repentir tardif et forcé de S. A. S. On en doit distinguer toute la fausseté. Prions seulement l'arbitre des destinées que ses derniers vœux, tout imposteurs qu'ils sont, soient exaucés ; que le despotisme soit

anéanti, les traîtres massacres, et que nos enlants jouissent du précieux bonheur de posséder la liberté dont nous voyons commencer le règne.

PÉNITENCE DU COxMTE D'ARTOIS

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