César, de Bello gallico^ i
De sorte que César y restait, d'une part, avec une partie de la plèbe, gagnée par l'or pris aux Gaulois, démoralisée, découragée et amoindrie de plus en plus par la politique étroite et tout aristocratique des patriciens depuis la mort de Tiberius Gracchus ; et, d'autre part, en présence du Sénat qu'il avait irrité et qui se méfiait de lui. Vercingétorix pensa que le moment était favorable pour l'exécution de son dessein. Il était jeune, puissant et riche. Il pouvait vivre heureux au milieu de ses vassaux dans ses domaines; mais sa patrie était malheureuse, asservie, et, comme la suite le fera voir, comme il le dit plusieurs fois lui-même*, il aimait mieux mourir que de la voir soumise à une domination étrangère. C'est dans ces dispositions d'esprit qu'il commença rapidement, en plein hiver et après de longs préparatifs, sa campagne contre César, alors éloigné et tout occupé à relever et à fortifier son parti en Italie. « Tout se réunissait, dit Plutarque, pour faire de cette guerre la plus importante et la plus terrible de toutes. Une jeunesse nombreuse et brillante, des armes rassemblées de toutes parts, des fonds énormes réunis en