Floras, EpHome de Tito Livio, i
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lions. D'un coup de main ils enlevèrent une des villes de leur cité Qenahim (Orléans) * où dominait le parti romain, grâce à un certain nombre de négociants de cette nation, qui avaient des entrepôts sur la Loire, Des Romains furent tués dans le combat. Le même jour Vercingétorix apprit ce succès à Gergovie, où il était retourné pour soulever la Celtique dans le midi pendant que les Carnu tes la soulevaient dans le nord* Toutes ces petites républiques avaient, pour communiquer entre elles, ^n système de crieurs placés de distance en disljgince, et qui transmettaient les nouvelles d'une cité à l'autre. Genabum avait été enlevé au lever du soleil, Vercingétorix l'apprit vers la fin de la première veille, c'est-à-dire, vers neuf heures du soir. Il y avait cinquante neuf lieues de Genabum à Gergovie. Les chefs chartrains Cotuat et Conetodun firent aussi connaître leur victoire, comme un signal général, à tous les peuples delà Gaule.
1. Genabum était Orléans, et non pas Gîen. C*est ce que montre Tinscription trouvée à Orléans et expliquée par M. Léon Renier. (Bevuc archéologique, t. XI. 1865.)
Voyez aussi la dissertation intitulée Carte de la Gaule, par le général Creuly, p. 68. Encore aujourd'hui les habitants d'Orléans se nomment vulgairement les Guébains, Genabenses,
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Aussitôt, Vercingétorix agit avec toute la rapidité qu'exigeaient les circonstances. Habitants des campagnes ou des villes, il souleva tous les Arvernes en leur parlant « de la liberté commune » ; et il enflamma sans peine ses vassaux ou clients qui avaient été ceux de Keltil. Il reprit Gergovie, dont il chassa le parti romain, et envoya son ami Luctère le cadurke pour soulever Ja Narbonnaise; car il voulait que la Gaule entière fût libre. Il lança messagers sur messagers, pour dire à toutes les cités celtiques de s'armer; et celles-ci, toutes prêtes, d'après ce qui était convenu, s'empressèrent de lui envoyer leur contingent de troupes à Gergovie, avec le titre de brenn, chef ou commandant, déféré par chacune d'elles, ce qui le mettait régulièrement à la tête de toute l'armée gauloise. ïl commença par établir une sévère discipline parmi ses troupes venues de tous les côtéSj et habituées à obéir à leurs chefs de clans ou seigneurs^ cherchante les fondre ensemble pour en faire, ce qui était si difficile^ une armée bien unie sous sa main : c'était de cette discipline de fer que venait la supériorité des légions romaines* Il s'applique à former une bonne et nombreuse cavalerie; on va voir pourquoi il s'at^
tachait particulièrement à cette arme. Enfin, il partit avec ses troupes pour Avaricum afin d'y faire triompher le parti national, là, comme à Gergovie et dans toutes les cités. Il songeait aussi à couper la route que devrait suivre César, quand il voudrait venir se mettre à la tète de ses légions. A ces nouvelles inattendues, César qui était à Ravenne où il faisait des recrues, quitta cette ville en toute hâte, pour se rendre en Gaule. Pour cela, il ne travflfsa pas, comme on l'a dit, les Alpes par le Mont-Cenis, sa route ordinaire. Prenant aussitôt la route du nord-ouest, dans la direction des villes actuelles de Parme et de Gênes, toujours en continuant ses levées d'hommes sur sa route, même dans la Provence, même dans la Narbonnaise, il réunit sous sa main, à Marseille, un corps d'armée d'environ 10,000 hommes. César n'avait dans l'esprit qu'une seule pensée : arriver à tout prix dans son quartier général à Langres, y réunir toutes ses légions, afin de tomber de tout leur poids sur la masse de l'armée gauloise. Pour cela, il fallait forcer Vercingétorix à quitter sa position dans la Gaule centrale, à redescendre vers le sud, pour n'avoir pas à craindre de le voir venir se placer entre les légions et lui, et l'envelopper au milieu
des efforts qu'il allait faire pour les rejoindre. La route qu'il allait suivre était déjà hérissée de bien assez de dangers : mais César n'hésita pas.
Il donna l'ordre aux soldats, qu'il avait réunis à Marseille, de se porter chez les Helviens, voisins des Arvernes. Lui-même, avec une troupe peu considérable, se dirigea sur le même point, suivant la route actuelle de Nîmes, d'Alais, tournant au pied des montagnes Noires et des monts de l'Espinousse, remontant ensuite la vallée du Rhône vers Saint-Paul-trois-Châteaux, marchant toujours dans la direction du sud au nord. Les Helviens habitaient le Vivarais, nom qui vient de Viviers, leur principale ville au moyen âge. Ils avaient pour capitale Alba, auparavant Helva, dont le nom s'était étendu à toute la cité des Helviens, et qui n'esl plus que le village d'Aps (Ardèche), aujourd'hui en ruines.
Là ils se trouvèrent au pied des cimes les plus hautes et les plus dangereuses des Cévennes.
Cette chaîne court, on le sait, sous différents noms, immense épine dorsale de la France, des Pyrénées aux Vosges. En face d'Aps, la contrée se hérisse de hautes montagnes abruptes et sombres, tourmentées plus qu'ailleurs, par l'action des an-
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ciens volcans, qui, avant l'apparition de Thomme dans cette contrée, l'ont soulevée avec une violence extrême, déchirée sur seâ flancs par d'affreux précipices et d'énormes rochers basaltiques, et sillonnée de grandes coulées de lave : c'est la partie la plus horrible des Cévennes, les montagnes du Gévaudan. C'est là pourtant que César voulut franchir ces montagnes, et cela, pour deux raisons. La première était qu'il menaçait ainsi Gergovie, et forçait Vercingétorîx à venir la défendre*; la seconde, qu'il y avait en effet un sentier, le plus souvent suivi par les voyageurs, et qui, passant par le col de Saint-Cirgues, conduisait directement sur le versant occidental des montagnes dans la vallée de l'Allier.
A Aps, César avait opéré sa jonction avec les petits corps d'armée venus directement de Marseille. Les légions romaines s'avançaient dans les défilés des montagnes, et lés gravissaient avec beaucoup de peine. La neige tombait toujours en abondance. A partir de la rive droite de l'Ardèche, où commence l'escaladcj les pentes s'élèvent tout à coup raides et difficiles, se dressant