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ronna la cime des montagnes, et Ton se trouva entre les sources de la Loire et de l'Allier. On franchit le col, et on vit s'ouvrir devant soi, à droite, la chaîne des monts du Vivarais, à gauche celle de la Margeride, et, devant soi, toute la vallée de l'Allier, vers laquelle on descendit aussitôt. Les soldats romains faisaient sept lieues par étape. En cinq journées, ils pouvaient être sous les murs de Gergovie. Les Arvernes effrayés rappelèrent avec instance Vercingétorix, qui abandonna, bien malgré lui, les environs d'Avaricum.
Alors César vit qu'il pouvait exécuter la seconde partie de son dessein qui était de gagner son quartier général sans que personne le soupçonnât, ami ou ennemi. Il avait établi son camp dans les environs de Brioude, où l'on vient de retrouver les traces d'un camp romain. Il en confia le commandement au jeune Brutus, l'un de ses lieutenants, avec l'ordre d'envoyer la cavalerie battre le pays et de le ravager dans tous les sens. « Je ne serai pas absent plus de trois jours, » dit-il en s'éloignant et ne s'ouvrant de son dessein, pas même à son lieutenant; «je vais chercher le corps de cavalerie qui est à Vienne. » Il savait pourtant bien qu'il ne reviendrait jamais à ce camp de Brioude. Il se
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dirigeait à franc étrier du côté de l'est, avec une escorte peu considérable, pour ne pas donner réveil aux éclaireurs de Vercingétorix; il importait, pour le succès de son dessein, qu'on le crût toujours au camp de Brioude.
Il marchait dans la direction de Vienne, franchissant au galop les défilés des montagnes du Velay, vers la Chaise-Dieu et les montagnes du Forez et du Vivarais, par la route actuelle de Chambez, de Terre-Noire et de Condrieu. Il arriva enfin dans la capitale des AUobroges. A Vienne, il trouva un corps de cavalerie qu'il y avait mis en dépôt. Puis, reprenant sa course comme auparavant, et marchant jour et nuit vers le nord, il traversa, toujours en déguisant sa marche, les pays des Ségusiaves, des Insubres, des Ambarres, et entra enfin, dans celui des Éduens. Les Gaulois s'étonnaient en voyant passer ce groupe de cavaliers, et ne se doutaient guère qu'ils avaient au milieu d'eux, entre leurs mains, leur mortel ennemi. Fait singulier, ce fut chez les Éduens qu'il se crut le plus en danger ; sans doute à cause des anciens partisans de Dubnorix, le chef du parti national, qu'il avait fait mettre à mort. « Mais s'ils trament contre moi quelque dessein hostile, se
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dîsaiWl, je les préviendrai par ma rapidité*. » Alors, remontant toujours la rive droite de l'Arar (Saône), ayant à sa droite, de l'autre côté de la rivière, les Séquanais, et à sa gauche les Éduens avec leurs principales villes, Cabillonum (Ghâlon-sur-Saône), Bibracte (Autun), puis Alésia (Alise-Sainte-Reine), qui devait devenir si célèbre, il arriva enfin, avec sa petite escorte, car il précédait sa cavalerie, à Andomatunum (Langrès), où deux légions étaient en quartier d'hi-. ver. Il se mit à leur tête et les conduisit à Agien^ dincum (Sens). Là concentrant les diverses divi^ sions de son armée, il les réunit aux quatre légions qui y étaient sous les ordres de Labienus. Il se trouvait enfin, de nouveau, à la tête de toute son armée, composée des deuxième, troisième, quatrième, septième, huitième, neuvième, dixième, onzième, douzième et quatorzième légions. Cette marche étonnante, au milieu de tant de popula-* tiens irritées, fit une grande impression sur les esprits. « César, écrit Florus, se trouva au cœur de la Gaule avant qu'on ne redoutât son arrivée sur la frontière. »