‹ Vercingétorix et l'indépendance gauloise: religion et institutions celtiquesChapitre 25 sur 71 · César, de Bello galUco, vu · texte numérisé non relu

César, de Bello galUco, vu

10 YERCïNaÉTOïtIX.

Aveo d*autre8 machines et des nœuds coulants, ils enlevaient les faux de siège et les faisaient retomber à rintérieur. D'autres pratiquaient des galeries souterraines jusque dans le camp ennemi; ilsf. minaient la terrasse dès qu'elle s'avançait du oôté du mur, et éventaient les mines. Des pelotons de guerriers, par desserties continuelles, imprévues, et de jour et de nuit, tombaient sur les légionnaires occupés aux travaux, et mettaient lo feu à la terrasse; et s'ils voyaient les tours des Romains s'élever par les terrassements de chaque jour, aussitôt, ils exhaussaient leurs tours, à eux, dans les mêmes proportions, Tous ces travaux montrent, chez les Gaulois, la connaissance non seulement de la mécanique, mais encore de beau^' coup d'arts, « La race gauloise, dit même ici Ce* sar, est d'une adresse extrême; très habile à tout imiter et h reproduire ce qui lui est enseigné par autrui, » Comment, aveo ces dispositions, ne seraient-ils pas arrivés à une véritable culture d'esprit et de société, comme on en voit ici les preuves? Quant à leur courage, on saura jusqu'où Us le poussaient, par l'une des sorties qu'ils firent de nuit pour détruire l'immense terrasse qui les menaçait, quand ils la virent achevée,

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Une nuit, vers minuit, on vit tout à coup des nuages de fumée avec des flammes sortir de cette terrasse, faites de terres et de pièces de bois qui lui servaient de revêtements et de soutiens. Les Bituriges, mineurs exercés, parce que depuis des siècles ils avaient Texploitation des mines de fer qui sont une des richesses de leur pays, s'étaient avancés en dessous et y avaient mis le feu. En même temps de grands cris s'élevèrent sur toute la ligne des remparts, qui se couvrirent de soldats* Deux corps de troupes, s'élançant par deux portes différentes, marchèrent droit, avec des torches, sur les tours des Romains et y mirent le feu. Pour favoriser ce mouvement, les soldats des remparts lançaient, sur la terrasse, des torches enflammées, de la poix, de la résine et d'autres matières combustibles qui alimentaient de plus en plus la fureur de l'incendie. César ne savait de quel côté porter ses soldats. Les uns résistaient à la sortie, les autres s'efforçaient de retirer les tours, d'autres encore, armés de pioches et de haches, cherchaient à couper la terrasse tout en feu. La nuit se passa dans cette lutte acharnée. Les Celtes étaient pleins d'espoir de vaincre et relevaient sans cesse leurs compagnons d'armes fatigués*

« C'est de ce moment que dépend le salut de la Gaule, s'écriaient-ils en s'excitant les uns les autres. Et ils combattaient, et ils retournaient à la charge avec une ardeur, un élan qui faisait l'admiration même de César.

En avant de la principale porte de la ville, celle qui dominait cette longue chaussée montueuse et pierreuse par où la ville était accessible, il y avait une tour qui communiquait avec le rempart et qui devait s'élever sur l'emplacement de l'ancienne porte des Bourbonneux, où fut aussi la fameuse grosse tour de Bourges. Là un Gaulois lançait des boules de suif et de poix sur les ouvrages des Romains déjà en feu. D'autres Gaulois faisaient la chaîne derrière lui, et lui passaient ses boules de main en main. Frappé par un trait de scorpion, le Gaulois chancelle, tombe et meurt. Son camarade, placé derrière lui, enjambe son cadavre et lance à sa place les boules incandescentes. Il est tué par un nouveau trait de baliste ; un troisième le remplace, puis un quatrième, puis un cinquième, et toujours ainsi, avec la même ardeur héroïque, jusqu'au moment où les guerriers celtes qui avaient fait la sortie se replièrent sur la ville, heureux d'avoir, dans le combat de la nuit, brûlé cette ter-

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