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dres, s'empressaient de lui fournir leurs contingents, dont il fixait l'effectif, et surtout des archers dont il allait avoir grand besoin. Il nourrissait bien ses troupes ; il armait et habillait tous ceux qui arrivaient dans son camp.
César ayant quitté les ruines d'Avaricum, passa tout au plus à deux lieues de là avec l'armée romaine la plus forte et la plus nombreuse, peutêtre, qu'on eût vue en Gaule : dix lésions, sans compter tous les corps auxiliaires et la cavalerie, comme on s'en souvient. Il n'osa pas s'arrêter pour combattre l'armée gauloise, comme il l'en avait menacée, se souvenant de la retraite qu'il avait opérée devant elle, pendant le siège, ce qui dut relever encore le courage des Gaulois. Il se rendit à Décise, pour apaiser une division survenue entre deux vergobrets éduens, élus à la fois par les deux fédérations qui partageaient inégalement cette cité. Il donna la préférence au candidat des druides qui étaient du parti romain, et parce que, d'après un usage immémorial, c'étaient les druides surtout qui avaient chez les Éduens la plus grande part à l'élection de ce magistrat annuel. Là, il annonça son intention de soumettre la Gaule entière, et pour s'assurer que les Éduens
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lui fourniraient des vivres, il leur promit les plus belles récompenses, après l'entier asservissement de leur patrie. Les druides avaient toujours à leur tête le vieux Divitiac qui avait ouvert à César les portes de la Gaule, et qui gouvernait sans rival à Bibracte, depuis que César avait fait mettre à mort son frère Dubnorix, qui avait été lui aussi vergobret des Éduens*
Cependant, le printemps était revenu, et ce réveil de la nature semblait engager les deux armées à recommencer la lutte avec plus d'énergie. Les prairies étaient belles et, dans ces fertiles contrées du Berry et de la Limagne, promettaient d'abondants pâturages. La saison favorable invitait à une nouvelle expédition. Le proconsul revint retrouver son armée aux environs de Saint-Pierrele-Moutier. Là, il la partagea en deux divisions. Il donna l'une à Labienus, son principal lieutenant, avec mission d'aller soumettre le nord de la Celtique, jusqu'aux Belges-Bellovakes, Puis, prenant l'autre division sous ses ordres, pour réduire le sud de cette même Celtique, il marcha droit sur la capitale des Arvernes, Gergo vie. Cette ville une fois soumise, il regardait comme assurée la soumission de toute la contrée. Il s'avançait en
remontant la rive droite de T Allier. Aussitôt Verci ngétorix sortit de ses retranchements de Sainte- Radegonde, où il avait dû rester plus de deux mois; il accourait à la défense de Gergovie. L'importance de cette place était extrême. La lutte suprême allait s'engager: c'était sous les murs de cette ville qu'allaient se décider les destinées de la Gaule.
Le brenn gaulois qui avait eu soin de rester toujours maître de la vallée de l'Allier, fit couper tous les ponts sur cette rivière, et suivit lui-même sur la rive gauche la marche des Romains. Les deux colonnes ennemies s'avançaient parallèlement sur les deux rives. Gergovie est bâtie sur la rive gauche de l'Allier; César était donc obligé de le passer; et Vercingétorix, avec tous ses archers observait tous les mouvements de son adversaire, pour tomber sur lui pendant cette opération toujours difficile, même avec un bon matériel. Ce passage était alors d'autant plus dangereux que l'Allier, à la fin de l'hiver, ressemble à un torrent largo et rapide, à cause de la fonte des neiges dans les montagnes d'Auvergne et dans les Céveijnes. César, tenu ainsi en respect par Vercingétorix, finissait par craindre de ne pouvoir
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effectuer le passage que sur l'arrière-saison, c'est-à-dire trop tard; et se voyant servi par la configuration du sol, il eut recours à un stratagème.
Il était près d'arriver à la hauteur de Vichy. Le pays, assez plat jusque-là, se relève tout à coup sur la rive droite, accidenté, tourmenté, couvert de forêts de sapins et de chênes, avec un torrent aux eaux très froides qui bouillonne et retombe en cascades au fond de la vallée, en même temps que toute cette région se hérisse en montagnes sinueuses et sombres, aux flancs déchirés, couvertes de rochers à pic, et dont plusieurs laissent voir encore les cratères d'anciens volcans éteints ; c'est le lieu nommé aujourd'hui la Glacière. Non loin de là était un des ponts coupés par Vercingétorix. César se cacha avec deux légions dans cette vallée boisée, et donna l'ordre aux autres légions de continuer leur route accoutumée, après avoir distribué les cohortes de manière à ce que le nombre des légions parût complet. A la chute du jour, il fit rétablir le pont sur les pilotis dont les extrémités inférieures n'avaient pas été détruites; il fit passer rapidement ses dix mille hommes sur, la rive gauche de l'Allier. Ce pont devait se trouver
un peu au-dessus de la prise d'eau qu'on a faite dernièrement dans le lit de TAUier, à Vichy. Rappelant ensuite ses autres légions, qui se dérobèrent par une marche de nuit, quand Vercingétorix ne pouvait guère éclairer que la rive gauche, le proconsul les fît également passer TAllier pendant la nuit, et se réunir aux deux autres dans le camp établi par celles-ci sur la rive opposée, A l'aube, toute l'armée romaine était maîtresse de la rive gauche*. En apprenant le succès de cette opéralion, Vercingétorix profita du jour d'avance qu'il avait pour se rendre à marches forcées à Gergovie, la mettre en état de défense, et pour ne pas avoir à livrer une bataille rangée en rase campagne, ce qu'il était résolu d'éviter à tout prix. Les Romains arrivèrent en cinq étapes en vue de Gergovie.